29/05/2026
La Mamaya est une danse traditionnelle emblématique de Kankan (Haute-Guinée), introduite depuis Bamako dans les années 1930 et devenue un symbole de cohésion sociale et culturelle. Elle est aujourd’hui célébrée chaque année après la Tabaski et reconnue comme patrimoine culturel national depuis 2018.
Origines de la Mamaya
- Importation depuis Bamako : La danse est apparue vers 1936, ramenée par des commerçants guinéens qui voyageaient entre Bamako et Kankan.
- Nom initial : Elle s’appelait “Bondon” ou “Gbon-Don” avant de prendre le nom Mamaya.
- Opposition religieuse : À Kankan, ville réputée religieuse, les notables s’opposaient à cette danse jugée trop festive. Elle fut finalement acceptée vers 1940, grâce à l’intervention de sages qui imposèrent des règles (respect des prières, protection des femmes).
Évolution et popularisation
- Vulgarisation en 1945 : Après la Seconde Guerre mondiale, des familles artistiques comme celle de Sididou (Oumou Diabaté, Djanka Diabaté, Missiasaran) ont contribué à sa diffusion.
- Origine du nom : Une anecdote raconte qu’en 1945, une femme nommée Mama regrettait de ne pas entendre son nom dans les chants. Un participant cria en maninka : “Mama fanan yéyan” (“Mama aussi est là”), expression qui devint “Mamaya”.
Signification culturelle
- Patrimoine national : La Mamaya est déclarée patrimoine culturel de Guinée en 2018.
- Cohésion sociale : Elle rassemble les habitants de Kankan et la diaspora pour célébrer, discuter des enjeux sociaux et renforcer les liens communautaires.
- Lien avec Tabaski : La fête se déroule chaque année après l’Aïd el-Kébir, durant trois jours.
- Impact économique : Elle attire des visiteurs et stimule l’économie locale par les échanges et projets de développement.
Caractéristiques de la danse
- Style masculin : Les hommes dansent avec une canne, exécutant des mouvements circulaires exprimant joie et fierté.
- Instruments : Elle intègre des percussions comme le tam-tam et des instruments traditionnels maliens (ex. Bada).
- Organisation : Les groupes sociaux appelés sèrè ou sèdè coordonnent les festivités.
En résumé
La Mamaya est bien plus qu’une danse : c’est une identité culturelle de Kankan, un moment de retrouvailles et un moteur de cohésion sociale et économique. Elle illustre la richesse du patrimoine mandingue et continue de mobiliser chaque année des milliers de personnes en Guinée et au-delà.