30/12/2025
2026 sous le signe de la gratitude indocile
L’art de la gratitude dans le brouillard
Il serait facile de se contenter de vœux polis, de ces promesses de bonheur qui s'évaporent dès les premiers frimas de janvier. Mais cette année, je nous souhaite autre chose : une gratitude indocile.
Je nous souhaite d'avoir le regard assez aiguisé pour remercier l'adversité lorsqu'elle nous force à grandir. Le brouillard est épais, certes, mais n'est-ce pas dans l'obscurité que l'on vérifie la puissance de ses phares ? Les tensions que nous traversons ne sont pas des impasses, elles sont selon moi les craquements d'un vieux monde qui se cherche un nouveau cap.
« Ce qui vient au monde pour ne rien troubler ne mérite ni égards ni patience. » Accueillons ce trouble si possible comme une promesse.
Le souffle de l’entreprise entre krachs et renaissances
Regarder le monde économique aujourd'hui, c'est accepter de naviguer en eaux troubles. La France, ma terre d'activité, semble parfois retenir son souffle face aux secousses financières qui dictent un tempo brutal. Pourtant, l'histoire ne bégaye pas, elle rime.
Souvenons-nous de ces marques de légende qui, au lendemain de la Grande Dépression ou des chocs pétroliers, ont su transformer la pénurie en audace. La réussite n'est pas le fruit de la force brute, mais d'une foi presque mystique en sa vision. C’est la leçon que nous laisse Michael Jordan : « J'ai raté plus de 9 000 tirs dans ma carrière... C'est à cause de cela que j'ai réussi. »
Entreprendre en 2026, c'est accepter l'aléa comme un partenaire de jeu, avec cette résilience qui refuse de céder au cynisme ambiant.
Le sanctuaire du foyer l'héritage du silence
Que vaut le succès d’un consultant s’il s’achète au prix du silence de ses propres enfants ? Le foyer est notre dernier bastion d'authenticité.
Dans une ère où nos attentions sont fragmentées par les algorithmes et la tyrannie des écrans, mon combat de père est celui de la présence. Nos enfants sont des éponges de lumière, mais ils absorbent aussi nos incohérences. Ils nous regardent quand nous pensons qu'ils jouent. Ils voient nos visages éclairés par les reflets bleutés de nos smartphones alors que nous leur parlons de vie. Comment leur transmettre des valeurs saines quand le monde, au-delà de nos fenêtres, s'embrase dans des conflits où l'enfance est la première sacrifiée ?
La psychologie moderne nous rappelle que l'ancrage d'un enfant ne dépend pas de ce qu'il possède, mais de la solidité du regard que ses parents portent sur lui. ( si il a encore des parents )
La croisée des mondes l'homme pluriel
Je regarde la France et j'y vois un kaléidoscope de solitudes qui cherchent une bannière. Nationalisme, patriotisme, clivages partisans...
Nous sommes tous le produit de plusieurs mondes, souvent en conflit en nous-mêmes. Est-on moins Français parce qu’on regarde ailleurs ? Est-on moins humain parce qu’on refuse de choisir un camp ? Il existe une beauté tragique à être cet "homme au milieu", cherchant la cohérence dans une mondialisation qui semble vouloir nous dissoudre.
Cette quête de sens me rappelle la parabole de la maison bâtie sur le roc : peu importe la violence de la tempête ou l'origine du vent, c'est la profondeur de nos racines qui décide de notre survie. En ce début d'année, nous sommes au pied du mur, à l'endroit exact où l'on choisit ses fondations.
Le miroir des paradoxes
Avant de nous lancer dans cette nouvelle année, j'aimerais vous laisser avec ces interrogations mes interrogations, non pas pour obtenir des réponses, mais pour habiter les questions :
Votre quête de succès est-elle une construction de vous-même ou une fuite de votre propre vide ?
Si vos enfants devaient ne retenir qu'un seul de vos comportements quotidiens, lequel souhaiteriez-vous que ce soit ?
Dans cette France morcelée, préférez-vous construire des murs plus hauts ou des tables plus longues ?
Votre confort actuel est-il le fruit de votre talent ou le résultat d'une asymétrie mondiale que vous refusez de voir ?
Si tout ce que vous possédez devait disparaître demain, que resterait-il de l'homme que vous êtes vraiment ?
Êtes-vous l'architecte de votre destin ou simplement le spectateur de vos propres renoncements ?
Je nous souhaite, malgré tout, une année de courage, de clarté et de paix.