04/06/2026
Chroniques des rues de La Rochelle...🤓 (Bruno Baverel)
Rue Théroigne de Méricourt, dans le quartier de Villeneuve-les-Salines, en hommage à Anne Josèphe Théroigne, dite de Méricourt, née en 1762 à Marcourt en principauté de Liège en Belgique, une femme révolutionnaire qui aura eu pour le moins une vie assez tumultueuse...
Au décès de sa mère alors qu’elle n’a que cinq ans, elle est confiée à différentes tantes puis à un couvent. Âgée de douze ans elle retrouve son père marié à une marâtre, s’enfuit, devient vachère, femme de ménage jusqu’à sa rencontre avec madame Colbert, femme du monde d’origine anglaise qui fait son éducation.
Elle vit ensuite à Paris, devient chanteuse à Londres, séduite par un officier anglais qui lui donne une fille, Françoise-Louise, emportée par la variole, elle part en Italie où elle multiplie les conquêtes, menant une vie aventureuse jusqu’à ce qu’entendant parler de la Révolution en France, elle décide de revenir à Paris pour y participer de façon très active.
Surnommée "la belle Liégeoise", vêtue en amazone, elle se fait connaître en soutenant la création de clubs patriotiques mixtes et féminins aux côtés d’Olympe de Gouges et du marquis de Condorcet, crée la Société des amis de la loi, avant d'être arrêtée pour ses idées révolutionnaires.
Ensuite les choses se compliquent pour la jeune femme.
Après s’être enfuie à Liège, elle revient à Paris au sein des Jacobins, participe le 10 août 1792 à l’invasion du palais des Tuileries, mais victime des "tricoteuses", puis des suites d'une maladie vénérienne contractée dans sa jeunesse, elle bascule insensiblement dans la folie, finissant par être internée à l’hôpital de la Salpêtrière.
Elle y meurt le 8 juin 1817 âgée de cinquante-cinq ans, après y avoir passé les vingt-trois dernières années de sa vie. Cette figure féminine majeure de la Révolution française inspirera de nombreux écrivains, documentalistes, historiens et autres metteurs en scène...