25/08/2026
ENTRETIEN DE LA VOIRIE
Quand la forêt prend la route, la route prend cher !
La circulation des camions chargés de bois, sur la route du cul du loup et route du château, pose de sérieux problèmes à la commune de Ménestreau qui cherche des solutions
Lors de la réunion du conseil du 28 avril, une question posée par la conseillère Véronique Dupuy s'est révélée être un véritable casse-tête pour l'équipe municipale.
Les camions chargés de bois (grumiers) qui sortent par la route du cul du loup peuvent-ils passer ailleurs ? A ce jour, quinze grumiers sont déjà passés.
Des dégâts bien réels !
La route pourtant interdite aux poids lourds est endommagée par leur passage. Des travaux pour renforcer les accotements et réparer les affaissements localisés seront à terme nécessaires. Pour certaines maisons situées en bord de route, le risque de fissures causées par le poids des véhicules peut devenir un véritable problème.
Enfin, les fils d’Internet et de téléphonie sont régulièrement arrachés par les engins.
Qui paie les dégâts ?
Si l’intervenant, exploitant forestier, est responsable de toutes les dégradations anormales résultant d’un usage abusif des routes et chemins privés forestiers, faut-il encore qu’il accepte d'en porter la responsabilité ? En l'absence d'accord amiable, les contributions sont fixées annuellement, à la demande des communes, par les tribunaux administratifs, après expertise, et recouvrées comme en matière d'impôts directs. Mais les règles de bonne entente et l’aspect exceptionnel sont souvent appliqués.
Une autorisation de circuler aurait été accordée de façon exceptionnelle afin de permettre l’extraction de trois chargements. Les « nids de poule », seront à la charge de la commune.
Comme le faisait remarquer M. Gillonnier lors de la réunion, des constats en amont et en aval peuvent être réalisés à l'occasion de la déclaration de travaux, à la demande des exploitants ou des communes. C'est ce qui avait été fait par la commune lors de la construction du parc solaire.
Des alternatives difficiles à trouver !
Si le conseil départemental est dans l’obligation d’élaborer un schéma d’accès à la ressource forestière, il est difficile d’aller jusque dans le détail pour une petite commune comme la nôtre. Pour un entrepreneur privé, investir dans l’établissement de chemins de débardage, puis de chargement pour trois lots n’est pas financièrement intéressant, le coût moyen de la coupe et du débardage se situant déjà entre 15 et 20 euros le mètre cube.
Une partie de l’équipe municipale se rendra sur place pour voir s’il est possible de faire sortir les camions par un autre point, d’autant que d’autres coupes sont prévues dans ce secteur.
Le réseau de desserte des secteurs forestiers est un facteur souvent négligé qui peut limiter l’exploitation et accroître la dégradation écologique de la forêt. Comment concilier l’intérêt des entrepreneurs, la protection écologique, les nuisances pour les particuliers et le coût d’entretien de la voirie généré par de telles opérations ?
Voilà un nouveau défi pour la nouvelle équipe en place.