09/05/2026
Hier, j’ai eu le plaisir de participer au live Les Langues de Chez Nous autour d’un sujet qui me tiens à coeur :
« Les langues africaines et le sacré : pourquoi certains mots ne se traduisent pas ? »
Lien vers la retransmission : https://www.facebook.com/share/v/192CHvzs6C/
Au fil de mes recherches au Bénin et en Casamance au Sénégal, mais aussi à travers les rencontres humaines vécues sur le terrain, j’ai compris une chose essentielle : une langue n’est jamais seulement un ensemble de mots.
Dans beaucoup de sociétés africaines, parler, c’est aussi transmettre une mémoire, une présence, une manière d’être au monde. Certaines paroles accompagnent les soins. D’autres ouvrent les cérémonies. Certaines ne peuvent être dites qu’à certains moments, dans certains lieux, ou par certaines personnes.
Et parfois, ce qui m’a appris sur le terrain… ce sont les silences.
Je me souviens d’un ancien en Casamance qui, après une longue discussion, m’a simplement dit :
« Certaines choses ne se racontent pas hors du cercle. »
Cette phrase ne parlait pas seulement du secret. Elle parlait du respect, de la confiance et de la responsabilité liée à la transmission.
Pendant cet échange, nous avons parlé des mots qui résistent à la traduction, des langues qui portent des visions du monde entières, mais aussi des jeunes de la diaspora qui cherchent aujourd’hui à se reconnecter à des langues entendues dans l’enfance sans toujours les comprendre.
Je crois profondément que revenir vers sa langue, même lentement, peut rouvrir quelque chose de très intime : une mémoire, une sensibilité, parfois même une manière différente de se relier aux autres et au monde.
Merci aux organisateurs pour cette invitation et merci à toutes les personnes qui ont suivi cette discussion avec autant d’écoute et de générosité.
Nos langues africaines ne sont pas seulement des héritages du passé.
Elles sont des bibliothèques vivantes, des façons de penser, de rêver et de transmettre.
Et certaines choses ne demandent pas seulement à être traduites. Elles demandent à être vécues.
Merci encore pour l'invitation et au plaisir de suivre la suite des interventions des lives autour de nos langues africaines.