25/10/2025
Depuis que "Kermit the Frog, Even" la grenouille trône place Vendôme, on a entendu tout et n’importe quoi. Certains polémistes se sont enflammés.
« Plutôt que de mettre de l’argent dans ces conneries, on ferait mieux de sécuriser le Louvre. »
Alors bon, je me suis quand même posé la question : qui paie quoi dans ces histoires ?
Et voilà le fruit de mes recherches, résumé simplement.
Ce qu’il faut retenir :
Kermit the Frog, Even est une œuvre d’Alex Da Corte, installée place Vendôme dans le cadre du Public Program 2025 d’Art Basel Paris.
Elle est financée par le privé : la marque Miu Miu (partenaire officiel), la galerie Sadie Coles HQ (qui représente l’artiste) et le producteur KBB.
Aucune preuve d’un financement public, ni par la Ville de Paris ni par l’État.
Art Basel Paris, c’est une foire d’art privée, mais soutenue symboliquement par la Ville de Paris (qui met à disposition certains lieux publics) et par l’État via la Réunion des musées nationaux – Grand Palais.
En 2022, l’État a signé avec le groupe suisse MCH Group (propriétaire d’Art Basel) un contrat de 7 ans pour 10,6 millions d’euros : une redevance payée par Art Basel.
La Ville de Paris a, elle, signé des conventions de partenariat sans versement d’argent, pour accompagner la foire et montrer ses collections publiques.
Depuis 2022, plusieurs artistes ont été exposés place Vendôme dans le cadre d’Art Basel Paris :
Alicja Kwade (2022),
Urs Fischer (2023),
Carsten Höller (2024),
et Alex Da Corte (2025).
Donc, non, ce n’est pas votre argent qui finance Kermit.
C’est un projet privé, issu du monde du luxe et du marché de l’art, mais qui s’installe dans un espace public emblématique.
Et c’est peut-être là que le vrai débat commence : où s’arrête la promotion culturelle ? où commence la privatisation symbolique ?