17/09/2026
Grand Kasaï Kananga : les avocats manifestent pacifiquement pour dénoncer les violences présumées de certains éléments de la PNC
Kananga, jeudi 17 septembre 2026 Les avocats et avocates de la ville de Kananga, dans la province du Kasaï-Central, ont organisé ce jeudi une marche pacifique à travers la ville. Cette mobilisation avait pour principal objectif de rencontrer le commissaire provincial de la Police nationale congolaise (PNC) afin de dénoncer ce qu’ils qualifient de traitement indigne et de violences à l’égard de certains membres du barreau dans l’exercice de leurs fonctions.
À l’origine de cette démarche, les avocats évoquent notamment un incident au cours duquel trois de leurs confrères auraient été agressés et tabassés par des éléments de la PNC, alors qu’ils intervenaient dans le cadre de dossiers concernant leurs clients.
Les trois avocats auraient été conduits à l’hôpital pour recevoir des soins médicaux. Le général de brigade Mike Magnan aurait amené les victimes à l’hôpital, afin qu’elles puissent bénéficier d’une prise en charge médicale immédiate.
Une marche dans le calme jusqu’au commissariat provincial
Partis pour faire entendre leurs préoccupations, les avocats ont rejoint le commissariat provincial de la PNC du Kasaï-Central dans une atmosphère décrite comme calme et pacifique.
Sur place, le bâtonnier François Ntumba a pris la parole devant le commissaire provincial, le général de brigade Mike Magnan . Dans son intervention, le représentant du barreau a exposé les préoccupations de la corporation et dénoncé les comportements qu’il estime incompatibles avec le respect dû aux avocats dans l’exercice de leur profession.
L’objectif de cette démarche était notamment d’obtenir des explications de la hiérarchie policière et de favoriser un dialogue entre les deux institutions, afin d’éviter que de tels incidents ne se reproduisent.
À l’issue de son intervention, le bâtonnier François Ntumba a officiellement remis un mémorandum au général de brigade Mike Magnan.
Ce document reprend les principales revendications et préoccupations exprimées par les avocats, notamment celles liées à la sécurité et au respect de leurs droits dans l’exercice de leur profession.
Prenant à son tour la parole, le commissaire provincial de la PNC a donné sa version des faits et apporté des éléments d’explication concernant les événements dénoncés par les avocats.
Après les explications fournies par le commissaire provincial, les avocats présents se seraient déclarés convaincus par les éclaircissements apportés. Les échanges entre les deux parties ont ainsi permis de renouer le dialogue et de favoriser le rétablissement des relations entre les avocats et la police provinciale.
Cette rencontre s’est donc achevée dans un climat d’apaisement, les deux parties ayant privilégié le dialogue afin de préserver leurs relations professionnelles et institutionnelles.
Cependant, l’apaisement intervenu au niveau institutionnel ne met pas nécessairement fin aux démarches judiciaires engagées.
Les avocats avaient déjà saisi l’Auditorat militaire d’une plainte concernant les faits dénoncés. La procédure judiciaire pourrait donc se poursuivre parallèlement au dialogue engagé entre le barreau et la hiérarchie de la PNC.
À ce stade, les responsabilités individuelles et les circonstances précises des incidents devront être établies dans le cadre des procédures compétentes.
Cette marche pacifique aura ainsi permis aux avocats de Kananga de faire entendre leurs revendications directement auprès de la hiérarchie policière provinciale. Si le dialogue semble avoir permis un retour au calme entre les deux parties, la procédure engagée devant l’Auditorat militaire reste, elle, à suivre.
Les conclusions des éventuelles enquêtes ainsi que les suites judiciaires de la plainte permettront de mieux établir les faits et les responsabilités.
La rédaction suivra l’évolution de cette affaire et communiquera les prochaines informations dès qu’elles seront disponibles.