14/11/2025
Cérémonie au cimetière de Loyasse au monument aux morts de la police nationale
Jeudi 13 novembre 2025 – 11h 30
Allocution Président du Comité du Souvenir de la police nationale Lyonnaise
Mme. La Préfète de la Région Auvergne Rhône-Alpes, préfète du Rhône
Monsieur le Préfet délégué pour la défense et la sécurité à Lyon
M. l’adjoint au Maire de Lyon représentant M. le Maire de Lyon
Mme. la Députée de la 4ème circonscription du Rhône
Mme la Vice-présidente représentant M. le Président du conseil de la métropole
Madame la Maire du 5° arrdt de Lyon
Monsieur le procureur de la République près le TGI de Lyon.
M. le général, commandant la région de gendarmerie d’Auvergne Rhône-Alpes et la gendarmerie pour la zone de défense et de sécurité sud-est
Mme. la Commissaire Générale représentant Madame L’inspectrice générale directrice zonale de la police nationale,
M. l’inspecteur général directeur interdépartemental de la police nationale du Rhône,
Monsieur le commissaire Directeur Zonal des CRS
Mesdames et Messieurs les Chefs de services des administrations de l’état et des territoires, en vos grades et qualités
Messieurs les représentants locaux, régionaux et nationaux des associations patriotiques et de mémoire,
Chers collègues, chers amis,
Ce jour 13 novembre marque les dix ans des tueries fanatiques qui ont frappé la capitale au Bataclan, sur les terrasses et au stade de France. Policiers Lyonnais nous témoignons notre solidarité et notre compassion à toutes les victimes, et nous les associons à nos instants de recueillement qui clôturerons notre cérémonie.
Le 3 novembre dernier nous avons rendu hommage au Brigadier Guy Hubert frappé en 1981, à Lyon 6ème par d’autres assassins fanatiques du groupe Action Directe.
Le monument devant lequel nous nous rassemblons ce jour, au moment de son élévation, rendait hommage aux policiers morts victimes du devoir et aux policiers morts pour la France durant le premier conflit mondial.
Le 2 novembre 1939 était choisi pour l’inauguration du monument, sous la présidence du Maire de Lyon : Edouard Herriot.
Sur la colonne du monument sont inscrits les noms des policiers lyonnais victimes du devoir. Des noms manquent et le comité du souvenir travaille avec l’aide essentielle de la société lyonnaise d’histoire de la police pour retrouver traces de ceux qui ont fait sacrifice de leur vie pour la sauvegarde de nos concitoyens.
Depuis 1968 :
DIX Policiers des services du Rhône sont tombés victimes du devoir.
SEPT Policiers des services de la zone sont tombés victimes du devoir
Ne figurent pas dans cette liste funèbre les CRS morts lors de sauvetages en montagne, ni les policiers en service victimes d’accidents de la circulation
Faisant honneur à la devise « Discipline-Courage-Dévouement » ils témoignent pour toujours de l’engagement sans faille des policiers qui ont choisi de « servir ».
Cette devise inscrite sur la base de notre monument guide l’action de chaque policier, femme et homme de tous grades.
Le courage qui n’est pas la témérité, mais l’action résolue d’un acteur de la sécurité publique qui met son engagement auprès des citoyens au-dessus de sa propre sauvegarde. Le courage c’est avoir peur mais dominer ce sentiment pour accomplir sa mission.
La discipline c’est ce qui éclaire et soutien le courage. Chaque policier dès sa formation, et tout au long de sa carrière doit acquérir les connaissances, les techniques nécessaires. Le respect absolu des lois et règlements, la conduite des missions dans le cadre des instructions reçues de sa hiérarchie. La discipline c’est la force du groupe, mais ce n’est pas l’application aveugle de protocoles.
La formation et la maîtrise des techniques ne doivent pas occulter la nécessaire adaptation de nos missions aux situations et aux personnes. Le policier le sait et agit en conscience.
Comme ont agi en conscience les policiers dont les noms sont inscrits sur une plaque dévoilée en juillet dernier au fort Montluc pour honorer les policiers de la zone déclarés « justes devant les nations ». Cette plaque apposée est le résultat d’une démarche résolue de Mme. la directrice zonale de la police nationale avec le concours précieux de Michel Salager, président de la société lyonnaise d’histoire de la police.
Le dévouement c’est cette attitude bienveillante que nous devons à ceux qui ont été victimes, c’est aider et protéger. C’est parfois aller au-delà du service règlementairement prescrit et donner un peu de réconfort au travers d’une parole, d’un geste, d’un regard.
L'usage de la force par les policiers est strictement encadré par le principe de légitime défense et de proportionnalité.
Je veux ici témoigner du destin de Patrick Casassus, il était mon ami, et nous courrions ensemble deux fois par semaine au parc de la tête d’or.
Le 16 juillet 1991, alerté qu'un homme menaçait les riverains et commerçants du quartier Puvis-de-Chavannes avec un couteau, Patrick s'élança vers les lieux. L'individu, ancien légionnaire en rupture de traitement psychiatrique, était en proie à une démence violente. Lors de la confrontation survenue avenue Garibaldi, l'homme porta un coup de couteau commando de 20 centimètres dans la poitrine de notre collègue. Patrick riposta, l'atteignit au genou, et tenta encore de le menotter avant de s'effondrer. Transporté à l'hôpital Édouard-Herriot, il expirait à 19h02. Marié, père de trois enfants, cité à l'ordre de la Nation, nommé Chevalier de la Légion d'Honneur et promu Commissaire de police à titre posthume. Nous ne l'oublions pas. Nous le pleurons toujours.
Le Comité du souvenir, rendra hommage en 2026 à plusieurs policiers tués en service : le Capitaine Franck Labois, le Lieutenant Patrick Fillon, le Commissaire Lacroix.
Si dans cette année écoulée nous n’avons pas déploré sur Lyon de décès en service, nombreux de nos collègues policiers et gendarmes ont été meurtris, blessés dans l’accomplissement de leur mission. Sur le territoire national le ministère de l’intérieur a dénombré plus de 15 000 policiers blessés en 2023. Les gendarmes signalent pour 2024 le chiffre de 10000 militaires blessés.
Nous leur avons rendu hommage lors de la cérémonie du 7 juillet dernier sur la place d’arme du fort Montluc. Ce sont à eux, à leurs familles, à leurs frères d’armes que vont nos pensées émues et respectueuses.
L'évolution des menaces auxquelles font face nos gardiens et gardiennes de la paix exige que nous restions vigilants et mobilisés, notamment face au défi du narcobanditisme. La société toute entière doit prendre conscience de la réalité de leur engagement quotidien et des dangers qu'ils affrontent pour notre sécurité collective. Honorer la mémoire de ceux qui sont tombés, c'est aussi veiller à ce que ceux qui servent aujourd'hui puissent accomplir leur mission dans les meilleures conditions. Afin que des noms ne s’ajoutent pas à notre trop longue liste des victimes du devoir !
Pour honorer leurs mémoires nous allons procéder, dans un instant, à une cérémonie de dépôt de gerbes.
Au nom du comité du souvenir de la police nationale lyonnaise, nous vous remercions pour votre présence fidèle à cette cérémonie annuelle.