13/03/2026
ââ Sexe et genre : retour au bon sens?â
Joseph Facal, 1er mars 2026, Le Journal de Montréal
Les sociĂ©tĂ©s finissent habituellement par sortir des Ă©garements idĂ©ologiques dans lesquels elles sâenfoncent, qui laissent cependant derriĂšre eux des dĂ©gĂąts considĂ©rables.
Le vent tourne sur la question du genre et du sexe.
Plusieurs mineurs ont subi des chirurgies pour transitionner.
La plus fréquente de ces chirurgies est la double mastectomie.
Combien de cas selon le pays? Quels sont les taux de satisfaction et de regret?
Câest une furieuse bataille de chiffres dans laquelle une ch**te ne retrouverait pas ses petits.
Retenue
Jusquâici, la position dominante dans le monde mĂ©dical Ă©tait dâengager vite la transition, dâabord par des bloqueurs de pubertĂ©.
Lâargument principal Ă©tait la dĂ©tresse et les risques de tentatives de su***de.
Cette approche Ă©tait surtout promue par lâorganisme considĂ©rĂ© comme lâautoritĂ© mondiale en cette matiĂšre : la World Professional Association for Transgender Health (WPATH).
Médecins, gouvernements, assureurs et tribunaux suivaient globalement ses lignes directrices.
Plaider la retenue en invoquant la prudence était difficile, voire professionnellement risqué.
Or, le 3 fĂ©vrier, lâAmerican Society of Plastic Surgeons a Ă©mis la recommandation de reporter toutes les chirurgies de transition chez les adolescents aprĂšs lâatteinte de la majoritĂ©.
LâĂtat de la Floride poursuit prĂ©sentement la WPATH devant la justice, lâaccusant notamment dâavoir dĂ©libĂ©rĂ©ment minimisĂ© les risques et dissimulĂ© les rĂ©sultats dĂ©favorables Ă ses vues.
Ă New York, Fox Varian, une jeune femme aujourdâhui ĂągĂ©e de 22 ans qui avait subi une double mastectomie Ă lâĂąge de 16 ans, vient se faire accorder 2 millions de dollars de dĂ©dommagement dans le cadre dâune poursuite pour faute mĂ©dicale.
Plus largement, en Grande-Bretagne, le plus haut tribunal du pays a rĂ©cemment statuĂ© que les droits des femmes doivent ĂȘtre liĂ©s non pas Ă leur identitĂ© de genre (comment on se sent), mais Ă leur sexe biologique, quâil ne faut pas amalgamer les deux, et quâil faut conserver des espaces strictement fĂ©minins.
Le ComitĂ© international olympique prĂ©pare de nouvelles rĂšgles pour assurer lâĂ©quitĂ© et la sĂ©curitĂ© des sports fĂ©minins.
Imane Khelif, qui remporta une controversĂ©e mĂ©daille dâor aux JO de Paris, nâa participĂ© Ă aucune compĂ©tition internationale de boxe depuis lâintroduction des tests obligatoires de vĂ©rification du sexe.
Re**rd
Le Canada tarde à se joindre à ce mouvement de réconciliation avec la réalité scientifique.
Certes, au Québec, le rapport du Comité des sages de 2025 différenciait sexe et genre, affirmait que le sexe biologique était binaire, et concluait que les anomalies ne constituent pas un troisiÚme sexe (section 1.1.1, page 18).
Cependant, tant Ottawa que Québec permettent à une personne de changer la mention de son sexe sur ses documents officiels sans évaluation professionnelle, sans traitement médical, sans chirurgie.
Une dĂ©claration sur lâhonneur suffit.
Par définition, si le sexe est biologique, il est immuable. Changer de sexe est donc une impossibilité.
Ensuite, libre Ă chacun de se percevoir et de mener sa vie comme il le veut.
Le respect, oui, le congédiement de la science, non.
Le Canada se pensait Ă lâavant-garde sur ces questions.
Il se trompait lourdement.