14/01/2026
🇺🇬 : Internet coupé à partir du 13 janvier à 18h, à la veille des élections
À quelques heures du scrutin général en Ouganda, les autorités ont ordonné une coupure quasi totale des communications numériques dans le pays. Dans une note officielle datée du 13 janvier 2026 (réf. ECO/436), la Commission ougandaise des communications (UCC) a instruit tous les opérateurs de téléphonie mobile et fournisseurs d’accès Internet de suspendre plusieurs services dès 18 heures, et ce jusqu’à nouvel ordre.
Les mesures imposées sont claires :
•Suspension de l’accès public à Internet ;
•Arrêt de la vente et de l’enregistrement de nouvelles cartes SIM ;
•Coupure des services de données en itinérance vers les pays de la zone One Network Area.
L’UCC exige le blocage de « tout trafic Internet non essentiel », incluant explicitement :
•les réseaux sociaux,
•la navigation web,
•le streaming vidéo,
•les courriels personnels,
•les applications de messagerie.
La directive s’applique à tous les moyens d’accès : réseau mobile, fibre optique, lignes louées, accès sans fil fixe, liaisons micro-ondes et Internet par satellite.
Seuls quelques services techniques jugés « essentiels » sont autorisés à fonctionner, notamment pour la surveillance et la gestion des réseaux. Leur accès doit être limité à du personnel habilité, via des adresses IP dédiées, des VPN ou des circuits privés. Tout usage jugé abusif devra entraîner une coupure immédiate.
Cette décision, prise sur recommandation du Comité inter-agences de sécurité, intervient dans un contexte électoral sensible. Elle prive les citoyens d’outils essentiels pour s’informer, communiquer, signaler des incidents et suivre le déroulement du vote.
Concrètement, à partir de 18 heures ce 13 janvier :
•les Ougandais n’ont plus accès à Facebook, WhatsApp, X, YouTube ou aux sites d’information ;
•les journalistes perdront leurs principaux canaux de diffusion en temps réel ;
•les observateurs électoraux verront leur capacité de remontée d’informations fortement réduite ;
•aucune nouvelle carte SIM ne pourra être activée.
Officiellement, le gouvernement invoque la « sécurité nationale » et la prévention des troubles. Mais pour de nombreux acteurs civiques, cette coupure fragilise la transparence du processus électoral et limite le droit du public à l’information.
En verrouillant l’espace numérique au moment décisif du vote, Kampala fait le choix du contrôle technologique dans une élection où la crédibilité du processus dépend aussi de la liberté de communiquer.