L'Autel des Artistes de Paname

L'Autel des Artistes de Paname L'autel des Artistes de Paname
Diffusion / Communication / Promotion / Échanges artistiques / Partage de contenus audiovisuels. Web-Média international

L'autel des Artistes de Panam est une initiative de la Compagnie Issac et Jade. Comme son nom l'indique L'autel est prêt à recevoir tous les artistes quelque soit leurs univers dans l'universalité, la diversité et amicalement. L'autel des Artistes de Panam est une maison commune ouverte à tous. Un espace libre, d'expression et d'échanges culturels. Venez parler de votre travail artistique, de ce d

ont vous avez envie de partager artistiquement et amicalement. N'hésitez pas à poster ici vos besoins, vos demandes, vos questions,vos créations, vos envies, vos suggestions, vos annonces de casting,vos annonces de spectacles, vos affiches, vos messages, vos teasers, vos bandes demos et tout ce que vous pouvez faire découvrir au groupe. L'autel des Artistes de Panam est aussi un espace de mise en relation des artistes qui ne font que se croiser dans le circuit de la culture et de l'art.

L'autel des artistes de Paname (Officiel) et des arts d’influences intercontinentales. Média web / Diffusion / Communica...
31/12/2025

L'autel des artistes de Paname (Officiel) et des arts d’influences intercontinentales. Média web / Diffusion / Communication pour toutes formes d’expressions artistiques, pour tous les évenements culturels et pour toutes les musiques.
💫 [L’interview]

Le ségazz de Philippe Thomas & Brothers
Le 9 janvier 2024, L'Autel des Artistes de Paname rencontrait le trompettiste Philippe Thomas à domicile, dans le sud-ouest de l'Île Maurice. Portrait.

Ce jour-là, Philippe Thomas nous reçoit « at home » à Case Noyale, au bord de l'Océan indien. Non loin, on entend le chant du coq ou les aboiements de chiens errants. En face, se dresse la montagne du Morne, là où les esclaves marrons se réfugiaient aux XVIIIème et XIXème siècle. Elle a servi de lieu de tournage au film Ni chaîne ni maîtres de Simon Moutaïrou. https://memoire-esclavage.org/le-morne-brabant
À Case Noyale, chez Philippe Thomas, l'ambiance est « roots » et décontractée. L'artiste, au visage cerné par des dreadlocks, arbore un large sourire en toute occasion. Il y a toujours du jus de fruit ou de la Phoénix, la bière locale, au frais pour les invités. Dans un coin de sa maison, Philippe s'est aménagé un « mini-studio, avec des percussions et des claviers. Au passage, il nous montre des disques vinyles de jazz glanés à la FNAC à Paris dès les années 1980 mais aussi sa collection de 45 tours de séga, la musique emblématique de l'Ile Maurice. Parmi ceux-ci, l'oeil se pose sur une galette des Features of life, excellent groupe mauricien au style psychédélique des années 1970-1980.

Ti Rosalie
Mais revenons à Philippe Thomas. Il est né le 28 février 1965 à Petite rosalie, près de Pamplemousse, au nord de l'île, dans une famille de musiciens, cinq frères et quatre soeurs. Deux d'entre elles sont respectivement chanteuse et bassiste. Une des compositions de Philippe s'intitule « Ti Rosalie » en hommage à ce petit village de son enfance. https://www.youtube.com/watch?v=gk7ziJPaXlg
Dans la maison familiale, (« la caz », en créole mauricien), il y a de l'ambiance en permanence même si les fins de mois sont difficiles. La maman Gisèle est mère au foyer et le papa Gabriel « Gaby » Thomas travaille dans une propriété sucrière, comme chauffeur de van. En parallèle, il est chef d'un orchestre familial les Blue valiants. « Notre père avait un parc à cochons, canards, poules. Pour se payer un ampli guitare il vendait un animal, puis un deuxième pour un autre ampli. Petit à petit il y a eu beaucoup d'amplis!» Les Blue valiants se taillent une réputation à l'île Maurice en jouant pendant les mariages, les bals et les fancy-fair, ces événements typiquement mauriciens pendant lesquels on peut se restaurer, faire des jeux et assister à des concerts. Dès neuf ans, Philippe chante, joue la guitare dans « l'orchestre B » des Blue Valiants. En 1979, il a quatorze ans. « Ma voix a mué, je n'arrivais plus à chanter certains morceaux. » Il tombe alors sur une vieille trompette Lark de son père à l'étage de la maison. « Il y avait des trous dedans que j'ai bouchés pour sortir des sons. », s'amuse t-il. Comme il se débrouille bien, son père lui en procure une neuve. Gaby Thomas lui présente aussi Claudio Cassimally, trompettiste phare à l'île Maurice, longtemps membre de l'Orchestre de la Police, le premier Mauricien à jouer de la flûte de pan. « Je prenais le bus pour aller voir Claudio chez lui à Tranquebar. Je revenais avec des devoirs, des gammes à reprendre, il m'enregistrait des morceaux sur K7. Il m'a appris à jouer à l'oreille. C'était quelqu'un de cool,, il aimait faire des gag. » Claudio Cassimally est décédé en 2021.
https://www.lemauricien.com/le-mauricien/hommage-adieu-au-legendaire-trompettiste-claudio-cassimally/461533/

https://www.youtube.com/watch?v=tJ47jZTM3kk
Philippe se forme aussi à l'harmonie jazz et à l'improvisation avec le saxophoniste Ernest Wiehe, ancien enseignant au Berklee college de Boston, figure tutélaire, avec Jocelyn Pitchen et Claude Armandine, du jazz à l'Île Maurice.

Segazz, sega+jazz
Philippe se prend de passion pour le jazz qu'il découvre sur la chaîne nationale la Mauritius broadcasting corportation (MBC) à travers les concerts de Louis Armstrong ou Dizzy Gillespie. En 1983, il a dix-huit ans et quitte l'île du dodo pour suivre ses deux frères Lindsay (claviers) et Roger (basse) au club Med. L'aventure des clubs Med permettra au jeune Philippe d'aller au Maroc, en Tunisie, à Marbella, en Espagne, en Martinique, au Japon... « On jouait de la musique de dancefloor le soir, et la journée je pratiquais la trompette, parfois six à huit heures par jour. » Sa persévérance paye puisque Philippe obtient une bourse pour étudier avec le Berklee college, d'abord avec l'Umbria jazz festival clinic à Pérouge, en Italie, puis à Boston en 1993. Aux États-Unis, il côtoie des musiciens connus et d'autres moins: «Les inconnus jouaient aussi bien que les têtes d'affiche parce qu'il y a tellement de musiciens là-bas! L'école terminait à 18 heures et on faisait des jam sessions jusqu'à minuit. Ça m'a fait progresser rapidement.» Un soir à New York, Philippe s'amuse à jouer des standards de jazz adaptés en séga mauricien, le style qu'il appelle le « segazz » (sega+ jazz) « Wynton Marsalis était dans la salle et il est monté sur scène jouer un solo sur A night in Tunisia. C'est quelqu'un de très relax. » Une autre fois au Wally's café jazz club à Boston, ¨Philippe jamme avec Roy Hargrove et le saxophoniste Kenny Garrett. Mais au fait, quel est le secret du segazz? Ces deux musiques sega et jazz puisent dans des racines africaines et sont issues de l'esclavage. « Pour les mélanger, il suffit de changer la rythmique, le séga ça se joue avec une mesure en 12/8, tout en gardant les harmonies du jazz. », raconte le trompettiste avec un léger sourire. Durant l'interview qu'il nous accorde ce 9 janvier chez lui, Philippe Thomas nous fredonne à titre d'exemple le standard de Benny Golson I remember Clifford avec un rythme sega.

https://www.youtube.com/watch?v=8K-JJZYG5U4


Pendant sa période états-unienne Philippe Thomas a enregistré comme sideman sur l'album de son camarade d'école, le bassiste canadien Mark Zubek Horse with a broken leg ( Fresh sound new, 2000) avec entre autres les saxophonistes Mark Turner et Seamus Blake. En France, le trompettiste mauricien côtoie les jazzmen François Jeanneau, Manuel Rocheman, Olivier Ker Ourio mais aussi la chanteuse ivoirienne Monique Séka. En 2001, Philippe Thomas, qui a le blues de son « paradis dans l'Océan Indien», se réinstalle définitivement à l'Île Maurice. Quatre ans plus t**d, sort la première version de Segazz, album des Thomas Brothers (Philippe, Lindsay et Roger). Le groupe part en freestyle, au rythme des bruits de bouteilles, sur le titre d'ouverture, dans la grande tradition du jazz: « A nou al zoué, pas koné ki pou zoué » (Allons jouer, on ne sait pas ce qu'on va jouer. »)
Sur Segazz, on retrouve des pointures comme le batteur Paco Séry, le bassiste mauricien Linley Marthe, le bluesman Éric Triton, le mythique Menwar et le réunionnais Frédéric Piot aux percussions et des chanteurs comme Jean-Alain Clency, fils de la vocaliste de séga Marie-Josée Clency. Cette excellente galette a été rééditée le 30 avril 2024 par le label mauricien Babani records. Elle est passée par le Midilive studio à Villetaneuse, a été remastérisée par l'ingénieur du son Neil Combstock, avec une nouvelle pochette signée par l'artiste-peintre Chloé P.

https://babani.bandcamp.com/album/segazz
La maison Mo'zar.
Sur son île, Philippe Thomas investit aussi le champ social. En 1996, est créé l'atelierMo'zar, dont la vocation est d'aider des jeunes de quartiers populaires de l'ïle Maurice, comme cité Roche-Bois ou Batterie cassée. Ils peuvent ainsi accéder à une éducation musicale et jouer dans des festivals internationaux à Cuba ou au Brésil. Le premier directeur artistique de Mo'zar le saxophoniste José Thérèse décède en 2014. Philippe Thomas reprend aussitôt le flambeau: « Cette initiative a permis de structurer des petits qui auraient pu faire des bêtises. Pour moi, c'est un devoir d'aider ces jeunes, car personne ne le ferait à notre place. On a des professeurs de guitare, de piano qui leur apprennent l'harmonie, l'improvisation. Pour moi, Mo'zar ce n'est pas une école, c'est une maison! » En 2019, deux de ces jeunes élèves issus de milieux populaires, Axel Hon Fat et Jazzy Christophe ont décroché une bourse pour étudier au prestigieux Berklee college de Boston. Pour Philippe Thomas, c'est une source de fierté, même si ce n'est pas son genre de pavoiser. En 2020, il a fait l'objet d'un remarquable documentaire de Gopalen P. Chellapermal Le jazz du bout des lèvres qui raconte cet incroyable parcours.
https://www.youtube.com/watch?v=BH0Llk6Pp6k

Les deux aînés de Philippe, Roger et Lindsay vivent en Europe, où ils accompagnent la Compagnie créole ou la tournée Stars 80. De son côté, le trompettiste, tout en ayant sa base à l'île Maurice, va jouer l'été à la Réunion, Madagascar, l'Afrique du Sud... « Je suis freelance. On m'appelle régulièrement pour enregistrer en studio sur des productions de sega, seggae, reggae, rap et bien sûr du jazz. » On peut ainsi l'entendre aux côtés d'artistes mauriciens comme Damien Élisa, Otentik street brothers, Berty Fleury, Zulu, Monaster ou encore Lionkklash. « Les autres musiques c'est facile à jouer pour moi, mais le jazz il faut vraiment apprendre en permanence! »
À l'occasion de l'anniversaire du musicien le 28 février 2025, les Thomas Brothers, se sont reformés au Caudan arts centre, à Port-Louis, la capitale. Et l'histoire continue, les Thomas Brothers ont un autre album « sega jazz » en préparation. Philippe mise plus que jamais sur le développement du jazz sur son île. « Il y a des événéments comme le Mama jazz mais on pourrait aller plus loin. On a changé de gouvernement. Le Premier ministre actuel Navin Ramgoolam est batteur. On espère que dans le futur les initiatives culturelles vont se multiplier. » Wait and see!
https://www.youtube.com/watch?v=uZdpyjoBR9k



Question bonus Thé ou café

Si vous n'étiez pas musicien que feriez-vous?
Je pense que j'aurai été chauffeur de taxi, et pourquoi pas à New York parce que c'est la Mecque du jazz!

Pour aller plus loin:
https://babani.bandcamp.com/

https://www.facebook.com/thomasbrothers.mu/?locale=fr_FR

https://www.actogether.mu/fr/trouver-une-ong/mozar-espace-artistic
Un entretien réalisé par Julien Le Gros

Pou 10e Zourne Internasional Jazz, lekip Babani partaz ar zot an exklizivite enn konser Segazz avek Thomas Brothers an Livestream. Enn konser ki’nn anrezistr...

31/12/2025
31/12/2025

L'autel des artistes de Paname (Officiel) et des arts d’influences intercontinentales. Média web / Diffusion / Communication pour toutes formes d’expressions artistiques, pour tous les évenements culturels et pour toutes les musiques.
💫 [Le rire peut guérir]
Kody, le premier humoriste sur L'Autel des Artistes de Paname et des arts d’influences intercontinentales. “L'autel des artistes de Paname a rencontré l'humoriste belge Kody au Théâtre Grand Point Virgule à Paris le 14 novembre 2024. Ce dernier y présentait son spectacle "Evolué". L'interview réalisée par Julien Le Gros est à suivre sur notre site.Info😍
📸©️ D/R Team Kody et Fondateur Isaac Jade
Captation- réalisation : Kadic Producer

Troisième épisode et l’article de Julien Le Gros
À lire et à retrouver très bientôt sur notre site officiel :

Article 25, l'humoriste Kody

Un ambassadeur de l'humour belge nommé Kody

Il s'appelle Kody Seti Kimbulu dit Kody Kim ou tout simplement Kody. Cet humoriste belge cartonne dans l'émission « Le grand cactus », sur la RTBF, avec ses personnages haut en couleur, le médecin légiste Philippe Boxho, l'infectiologue Yves Van Laethem, Maitre Gims ou encore Charles Aznavour. L'autel des artistes de Paname l'a interviewé au Grand Point virgule à Paris où Kody rode son spectacle « Évolué ». C'est un show caustique où l'on croise pêle-mêles la rumba congolaise et la trap, François Hollande et Éric Zemmour, Jean-Paul Belmondo, la corruption et l'histoire de la colonisation belge au Congo. Rencontre.


Julien Le Gros: Cher Kody, vous êtes né le 23 janvier 1978 à Schaerbeeck à Bruxelles.
Kody: Oui, en Belgique on a des dénominations à l'ancienne. On a des bourgmestres, des échevins, et on parle non pas d'arrondissements comme à Paris mais de communes. Je suis Bruxellois et je pense avoir vécu dans toutes les communes de Bruxelles. J'ai un attachement particulier pour cette ville et à chacune de ses communes, j'ai vécu dans les plus riches mais aussi les plus pauvres.

JLG: Vous êtes le fils du dernier ambassadeur du Zaïre en Belgique (1989-1997), sous l'ère Mobutu, Jean-Pierre Kimbulu. Auriez-vous pu suivre cette voie tout tracée et être diplomate?
K: Sauf que j'ai glissé à un moment! Quelque part je fais un peu le même métier que lui, excepté le fait que je ne représente pas un gouvernement. Je représente les deux drapeaux belge et congolais mais c'est comme un ambassadeur de l'humour, on va dire. C'est souvent ce qu'on me dit et ça me va très bien. J'aime bien propager la bonne humeur!

JLG: Votre père vous a t-il servi de modèle, en quelque sorte?
K: Probablement. Il avait énormément d'humour, il avait toujours des bons mots, des anecdotes. J'ai donc grandi avec un père volubile. Je me souviens qu'autour de la table tout le monde était très attentif aux histoires qu'il racontait, à son storytelling, son « delivery », c'est-à-dire sa manière de narrer. Peut-être que ça m'a un peu façonné. Mais je n'avais pas du tout envie d'aller dans la même voie professionnelle que lui. Comme j'étais très timide quand j'étais enfant il fallait que je développe quelque chose pour me rassurer, pour avoir confiance en moi, séduire les gens. Et c'est l'humour que j'ai développé.

JLG: Est-ce au collège que vous avez cultivé ce don comique?
K: Mon passage au collège Cardinal-Mercier à Braine-L'Alleud a été très formateur pour moi. Il n'y a pas que de la vanne, il y a de la cervelle aussi. Le collège, c'est ce qui m'a révélé, provoqué cette petite étincelle en moi. J'ai suivi des cours de théâtre et je me suis dit: « C'est ça que je veux faire. Il faut que j'y arrive » J'ai commencé à m'intéresser au cinéma parce qu'on avait des cours d'expression scénique et de cinéma. Je me souviens qu'on pouvait décortiquer une scène de Lawrence d'Arabie, avec Omar Sharif, par exemple. Je suis tombé amoureux des métiers du cinéma, des comédiens. J'ai étudié pour faire plaisir à mes parents, sciences politiques à l'université catholique de Louvain et ensuite une école de commerce. Plus t**d, j'étais invité au mariage d'un de mes amis, au Mexique. J'ai prononcé un discours et c'était quasiment un numéro de stand-up. Tout le monde m'a dit: « Maintenant il faut arrêter tes conneries et te lancer dans le stand up. » Je me suis rendu compte qu'il y avait quelque chose à faire. Et j'ai tenté le coup. J'ai été très inspiré par l'artiste de stand up comedy Richard Pryor, puis par Eddie Murphy. Mon père m'avait ramené des Etats-Unis une cassette de son spectacle Raw (1987). Je l'ai visionné en noir et blanc sur ce format de codage vidéo états-unien qu'on appelle le NTSC. Ça m'a mis une claque. J'ai cherché à traduire toutes les vannes en anglais pour bien les saisir. J'ai compris que je voulais être comme ce mec-là.

https://www.youtube.com/watch?v=kNJORsv4URc

JLG: Comment se sont déroulés vos débuts sur les planches?
K: A l'époque, trois producteurs se sont associés pour fonder Kings of comedy. Les Kings of comedy des États-Unis qui ont inspiré ce nom sont Cedric the entertainer, Bernie Mac, Steve Harvey et DL Hughley A l'origine, le Kings of comedy belge est un petit collectif, presque une association sans but lucratif (ASBL) Je suis le deuxième artistes à avoir travaillé avec eux. Il y avait Alexis Papageorgiou, puis AlexVizorek est arrivé, Pablo Andres, James Deano, Bertrand Wautlet aliasWalter.... Plus t**d, Kings of comedy c'est devenu une boîte de production, laquelle a donné son nom à un Comedy Club à d'Ixelles en 2012, fondé par le même trio d'associés. C'était une formation accélérée pour nous parce qu'on pouvait s'entraider, apprendre, débarquer ensemble à Paris pour jouer dans des petits cabarets, participer à des petites scènes « open mic » (micro ouvert). On a grandi ensemble, autant sur la partie scénique que sur la production, nous avons appris notre métier.

https://www.youtube.com/watch?v=Y6huZnbtCDc

Pouvez-vous évoquer votre collaboration avec votre confrère humoriste Jérôme de Warzée? Son émission Le Grand Cactus, sur la RTBF, vous a propulsé à partir de 2015.
J'ai commencé à travailler avec Jérôme quatre ou cinq ans après le stand up. Nous avons eu un premier essai en télévision avec les humoristes que j'ai cités plus haut mais nous n'étions pas prêts. On était encore trop frais, on avait besoin de rouler un peu notre bosse. J'ai commencé avec Jérôme par la radio Vivacité dans l'émission « Les enfants de choeur » et j'ai aussi eu des interventions sur scène, parce qu'on a formé une petite troupe. Un jour, Jérôme de Warzée m'a dit: « Je suis en train de réfléchir à une émission télévisée. Est-ce que ça te dit de réitérer ce que tu fais dans tes chroniques? » C'est-à-dire que j'imitais des personnalités dont personne ne connaît la voix. J'ai commencé par personnifier la reine d'Angleterre Elisabeth II. Savez-vous comment elle parle en français? Non? Eh bien moi non plus! Je pouvais prendre n'importe quel accent british avec des intonations de type: «Oh dear! » Le plus fort c'est qu'on m'a dit que je l'imitais vachement bien! J'ai incarné comme ça toute une série de personnages cocasses. Et Jérôme m'a donc proposé de continuer sur cette lancée à la télévision. Ça m'a permis de travailler mon « Bébel » (Jean-Paul Belmondo) et mon JCVD (Jean-Claude Vandamne)

https://www.youtube.com/watch?v=dohBIuFeXZ8


JLG: Dans les commentaires des vidéos du Grand Cactus des internautes français louent une liberté de ton qui serait plus grande pour les humoristes en Belgique qu'en France. Qu'en pensez-vous?
K: Nous autres Belges avons toujours été les cousins éloignés un peu complexés des Français. Ces derniers ont l'assurance, le poids de leur Histoire, le bagout et un territoire plus vaste que le nôtre. En Belgique il y a ce complexe, avec la Wallonie, qui est cette partie du pays qui parle la même langue. Nous nous sentons un peu rattachés à la France. Du coup, on a développé une autodérision qui est celle d'un petit frère. Comme nous sommes habitués à ce que les Français se moquent de nous nous avons grandi comme ça en nous moquant de nous-mêmes. C'est un trait qui est vraiment particulier à la Belgique, ce sens de l'autodérision. Autrement, je pense qu'on a le même humour. On n'a pas toujours la même humeur mais on a le même humour. L'humour que l'on retrouve dans le Grand Cactus, avec Damien Gillard, Isabelle Hauben, Martin Charlier... est un héritage de tout ce que l'on a connu sur ce registre en télévision en France (Le petit rapporteur, Coluche, Les Inconnus...)

JLG: Diriez-vous que votre comique est basé sur l'observation?
K: Bien sûr, j'observe mes contemporains et notre émission se base aussi sur l'idée suivante: comme on a pas beaucoup de moyens financiers on va quand même créer avec nos petits moyens! À l'antenne on débarque avec des perruques mises un peu maladroitement. On se meut dans des décors et des accessoires réduits, mais c'est fait avec le coeur et avec sincérité, avec irrévérence et impertinence. Ce n'est jamais méchant mais ça pique. Et ça on adore! Il y a toujours trois volets dans l'émission, un volet local, avec la politique locale belge, un volet culturel et un volet international. Ça m'a permis d'incarner des politiciens français comme Emmanuel Macron, qui a aussi été imité par Antoine Donneaux. On a pu aussi me voir en Napoléon, Bernard-Henri Lévy. Il n'y a pas longtemps, actualité oblige, j'ai joué le rôle de Donald Trump. J'espère qu'il va le retweeter s'il le voit (Rires) On ne se fixe pas de limites. Quand on a commencé cette émission on pensait n'être regardés que par 400000 télespectateurs belges et on a donc décidé d'y aller à fond! Mais ironiquement, avec les partages sur les réseaux sociaux on s'est aperçu que nous sommes regardés par plus de Français que de Belges. Le nombre de vues sur Youtube pour le Grand Cactus est plus important en France qu'en Belgique.

JLG: Quelle a été la genèse de votre stand up intitulé « Évolué? »
K: C'est mon troisième spectacle après « Kody, my way » et «À vendre! » Après ce dernier spectacle en 2018, je n'avais plus tellement envie de me retrouver seul en tournée, de jouer dans des petites villes. Cette perspective ne m'enthousiasmait pas, surtout avec l'expérience du Grand Cactus qui est un phénomène de bande. Et puis j'ai retrouvé l'envie. La scène c'est génial et galvanisant. J'avais des bribes d'idées que j'ai soumises à des camarades coauteurs Jérôme Daran, qui fait ma première partie sur scène, Jérôme de Warzée et Étienne de Balasy. On a commencé à reconstruire à partir de mon matériau de base et à le faire évoluer. Cette évolution, on peut la retrouver dans tout, dans ce que j'ai envie de raconter sur mes origines Belge et Congolaise, sur mon rapport entre ces deux pays, sur la manière dont j'ai évolué en tant que comédien, en tant que père de famille-j'ai une fille-en tant que citoyen. J'évoque aussi notre société qui évolue mais qui régresse à certains endroits. Le titre de ce spectacle s'est imposé parce qu'il y avait une évolution permanente autour de moi. C'est aussi un clin d'oeil aux « évolués », ce terme utilisé par l'administration coloniale belge à partir de la fin de la Seconde Guerre mondiale pour désigner ces Congolais désignés comme tel parce qu'ils étaient instruits, universitaires. Ce sont ces « évolués », nom présomptueux, qui ont été jugés habilités pour négocier l'indépendance du Congo belge à la république du Congo par Joseph Kasa-Vubu et Patrice Lumumba le 30 juin 1960.

JLG: Par ailleurs, on doit vous voir bientôt dans les salles obscures pour Celui qui soigne, Muganga de Marie-Hélène Roux, sur la vie du chirurgien congolais, prix Nobel de la Paix 2018, Denis Mukwege.
K: C'est un superbe projet, tourné principalement à Lambaréné, au Gabon parce qu'il n'a hélas pas été possible de le faire en République démocratique du Congo (RDC). Isaach de Bankolé va camper le docteur Mukwege et Vincent Macaigne son confrère le docteur Guy-Bernard Cadière, professeur de chirurgie à l'Université libre de Bruxelles. Ils se sont rencontrés en 2011 à Bruxelles et Cadière l'a rejoint ensuite à l'hôpital de Panzi, dans la région du Kivu, à l'Est de la RDC. Malgré leurs différences, malgré des points de vue parfois opposés ils se sont retrouvés autour d'une mission: secourir, sauver, réparer des femmes qui ont subi des violences, viols, mutilations extrêmes à l'Est de la RDC. Marie-Hélène Roux est tombée amoureuse du bouquin de Denis Mukwege et Guy-Bernard Cadière Réparer les femmes, paru l'an dernier aux éditions Mardaga. Elle a décidé de l'adapter. Pour le coup, on n'est pas du tout dans le registre de la comédie. Mais comme j'aime travailler sur des projets variés j'avais envie de participer à ce film. Je joue le rôle d'un assistant du docteur Mukwege, proche de sa famille, son chauffeur, son homme à tout faire. Je me sens d'autant plus concerné par le sujet de ce film que je suis Congolais. Je sais ce que c'est que cette malédiction que l'on porte depuis une trentaine d'années dans ce pays, avec plusieurs millions de morts avérés à partir des années 1990 et des milliers de femmes violées. Il fallait saluer le courage de ces femmes et le travail de ces deux hommes et de toutes celles et ceux, anonymes qui militent, qui soignent, qui aident sur place.

JLG: Justement, quel est votre lien avec la RDC?
K: En tant que fils de diplomate, j'ai toujours été baigné dans l'actualité brûlante entre la Belgique et son ancienne colonie. Je parle lingala. Je me rends régulièrement en RDC pour animer des ateliers avec des humoristes locaux, échanger, faire des spectacles sur place. Je suis toujours très lié à ce pays. Et en même temps, comme ça a été dit plus haut, je suis né en Belgique. J'aime quand il y a des possibilités de fédérer autour de l'histoire entre les deux pays. C'est une histoire douloureuse avec le colonialisme mais il y a aussi eu de belles histoires, avec le métissage. Mon père est arrivé en Belgique au début des années 1960. Il avait dix ans. Il avait un grand frère marié à une Belge, blanche. C'était assez rare à l'époque. Il tenait un bar à Bruxelles et était l'un des piliers fondateurs du quartier d'Ixelles Matonge, dont le nom est lui-même tiré d'un quartier éponyme de Kinshasa. (Le Matonge bruxellois trouve son origine à la fin des années 1950 en raison de sa proximité avec la Maison africaine, résidence universitaire des étudiants congolais NDLR) Je trouve fabuleux de me replonger dans cette histoire et de la partager avec tout le monde.

JLG: Nous allons maintenant aborder la rubrique « Au fil du vinyle ». Je vais vous présenter trois pochettes de disque et vous me direz ce qu'elles vous évoquent.

-Ennio Morricone, Le professionnel, bande originale du film de Georges Lautner, 1981, General music France

K: Je me souviens de l'affiche du film avec Jean-Paul Belmondo. Mon père avait toutes les cassettes VHS de ses films, des cassettes de Guy Bedos, Charles Bronson... J'ai regardé les films de Belmondo. C'était notre héros. Je l'ai rencontré. J'ai eu la chance de partager des moments de vie formidables avec lui et son copain Charles Gérard en 2018. Passer des moments avec une légende c'est inoubliable.Un de ses assistants m'a appelé parce qu'il était tombé sur une de mes imitations dans le Grand Cactus. J'ai eu la chance de dîner avec lui dans le sud de la France. Si demain tout s'arrête je pourrais dire que je le fais.

https://www.youtube.com/watch?v=5Y1CHaBM6Ec

-Franco et Sam Mangwana avec le TP OK Jazz, 1982, Edipop production
Ça, c'est la rumba congolaise, c'est un genre musical magnifique! Franco, Sam Mangwana et le Tout-puissant OK Jazz c'est vraiment la base de la musique congolaise. Ils ont mis sur la carte le Congo et inspiré toute la culture musicale afro de la fin des années 1960 à aujourd'hui. Si vous entendez des musiques comme l'afrotrap ce sont des héritiers de ces aînés qui ont porté haut les couleurs de l'ex-Zaïre.

https://www.youtube.com/watch?v=Sv4WWjgP9sc


-Viva la musica de Papa Wemba « Dans Biloko ya moto », 1990, JP Tshamala/Moonwalker
Mon père était du même quartier de Kinshasa Matonge que Papa Wemba. Ils étaient copains, ils se sont amusés ensemble. Ils ont fait de la musique. Il y en a un des deux qui a pris les choses plus au sérieux, je vous laisse deviner lequel. Mon père a choisi une autre voie, la voie diplomatique. Chaque fois qu'ils se sont recroisés, c'était avec beaucoup d'émotion. Et j'éprouvais la même émotion quand je voyais Papa Wemba. Par amitié il ont appelé leurs deux filles Doris, ma soeur aînée et l'une des filles de Papa Wemba. Sur cette pochette de disque, on voit bien dans les outfits l'influence du hip hop et puis de la tradition des sapeurs congolais, de la sapologie. Papa Wemba c'était le roi de la sape. Il a travaillé avec des couturiers comme Issey Miyaké, Jean-Paul Gaultier, Yohji Yamamoto... On voit bien sur cette « cover » à la façon dont les musiciens sont habillés ils pourraient très bien être à un défilé de la fashion week 2025. Ils ne dénoteraient pas dans le décor.

JLG: Pour finir, quels sont vos projets?
K: Je vais tourner avec mon spectacle « Évolué » en province. J'ai tourné dans une comédie. Je suis aussi en train de préparer un projet de film. Je pense que j'aurai bientôt plus de visibilité dans les médias en France...

Question bonus Thé ou café:
JLG: Kody, si vous n'aviez pas été humoriste qu'auriez-vous fait?
K: J'aurai certainement travaillé dans la communication, d'une manière ou d'une autre. J'aurai peut-être fait comme L'autel des artistes de Paname en lançant un média web. J'aime l'idée d''aller à la rencontre des gens et de raconter leurs histoires. Ce qui me plaît ce sont les récits de vie, je peux les écouter pendant des heures.

Plus d'informations sur l'artiste:
https://www.kody-officiel.com/
https://www.instagram.com/kody_kim/

30/12/2025

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💫 [Le rire peut guérir]dj , le premier humoriste sur L’Autel des Artistes de Paname et des arts d’influences intercontinentales. “L’autel des artistes de Paname a rencontré l’humoriste belge Kody au Théâtre Grand Point Virgule à Paris le 14 novembre 2024. Ce dernier y présentait son spectacle « Evolué ». L’interview réalisée par Julien Le Gros & est à suivre sur notre site.Info😍 📸©️ D/R Team Kody et Fondateur Isaac Jade
Captation - réalisation :

30/12/2025

L'autel des artistes de Paname (Officiel) et des arts d’influences intercontinentales. Média web / Diffusion / Communication pour toutes formes d’expressions artistiques, pour tous les évenements culturels et pour toutes les musiques.
💫 [Le rire peut guérir]
Kody, le premier humoriste sur L'Autel des Artistes de Paname et des arts d’influences intercontinentales. “L'autel des artistes de Paname a rencontré l'humoriste belge Kody au Théâtre Grand Point Virgule à Paris le 14 novembre 2024. Ce dernier y présentait son spectacle "Evolué". L'interview réalisée par Julien Le Gros est à suivre sur notre site.Info😍
📸©️ D/R Team Kody et Fondateur Isaac Jade
Captation- réalisation : Kadic Producer

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36 Rue Terre Neuve
Paris
75020

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