30/04/2026
Hier soir, il sâest passĂ© quelque chose qui mâa profondĂ©ment marquĂ©.
Il Ă©tait environ 18h. JâĂ©tais dans une pizzeria bien connue de ma ville, en train dâattendre ma pizza Ă emporter, quand une vieille dame est entrĂ©e. Elle sâest dirigĂ©e vers la caissiĂšre et a commencĂ© Ă demander timidement les prix des pizzas. Ă un moment, presque en murmurant, elle a demandĂ© : « Celle qui coĂ»te le moins cher, combien coĂ»te-t-elle ? ».
Jâai tout de suite compris. Cette scĂšne mâa bouleversĂ©. Alors, discrĂštement, je me suis approchĂ©. Je voyais bien quâelle Ă©tait gĂȘnĂ©e, mais jâai pris mon courage Ă deux mains et lui ai proposĂ© de payer sa pizza. Elle mâa regardĂ©, surprise, et mâa rĂ©pondu : « Nous avons travaillĂ© toute notre vie, et maintenant, Ă la fin du mois, on ne sâen sort plus⊠On ne peut plus rien sâoffrir. »
Elle mâa ensuite expliquĂ© que la pizza nâĂ©tait mĂȘme pas pour elle, mais pour son mari, qui nâallait pas bien. La veille, en discutant, il lui avait confiĂ© quâil rĂȘvait de manger une pizza. Elle avait donc prĂ©textĂ© un passage Ă la pharmacie pour lui faire cette surprise.
Je savais quâelle refuserait mon aide par fiertĂ©. Alors, jâai improvisĂ©. Je lui ai dit que câĂ©tait mon anniversaire, et que dans ma famille, on avait lâhabitude de faire un geste de gĂ©nĂ©rositĂ© ce jour-lĂ , comme un souvenir de ma mĂšre. Cette petite excuse a suffi. Elle a fini par accepter, et jâai ajoutĂ© une biĂšre pour son mari.
Ma pizza Ă©tait prĂȘte. Je mâapprĂȘtais Ă partir, mais avant que je ne sorte, elle mâa arrĂȘtĂ©. Elle mâa regardĂ© droit dans les yeux et mâa dit : « Dis-moi la vĂ©ritĂ©, ce nâest pas ton anniversaire, nâest-ce pas ? »
Ă ce moment-lĂ , je nâai rien pu dire. Je lâai simplement prise dans mes bras, puis je suis parti, sans un mot de plus.
Cette soirĂ©e mâa rappelĂ© Ă quel point des gestes simples peuvent illuminer la journĂ©e de quelquâun. Et, peut-ĂȘtre, un peu la nĂŽtre aussi.