27/02/2026
La résistance aux radios pirates et le maintien du monopole d’Etat sur la radio en France, par le gouvernement Giscard, a certainement été influencé par les événements de Bologne en 1977.
A cette époque, l’Italie, suite à l’exploitation d’une faille juridique dans la législation, compte des centaines de radios libres.
Mais elle est aussi dans une période de forte agitation politique et sociale. Et lorsque des manifestations étudiantes éclatent à Bologne, le maire communiste de la ville opte pour la répression dure. Un étudiant, Francesco Lorusso, est tué par un carabinier.
L’information est aussitôt diffusée par Radio Alice, radio libre à grande audience qui sert aussi de relais d’information pour tous les manifestants, y compris pour y organiser leurs actions sur les barricades, tout comme dénoncer les crimes des franges violentes du mouvement.
Le lendemain, alors que Rome est aussi sous les cocktails mototov, la police investit les studios de Radio Alice et ferme l’antenne, tandis que les blindés entrent dans la ville.
L’Italie entière, déjà chauffée à blanc depuis des mois, est embrasée par un mouvement largement porté par des jeunes, victimes du chômage et soudés par une contre-culture que les radios libres sont à même de diffuser.
Le directeur de Radio Alice, Franco Berardi dit Bifo, était un philosophe et militant politique du mouvement autonome (lutte pour l’autonomie par rapport au capitalisme, à l’Etat et aux syndicats) qui croyait plus en la coexistence de micro-pouvoirs sur lesquels influer que dans la prise d’un pouvoir central.
Les relations entre les technologies de l’information et les mouvements sociaux étaient au centre de sa pensée, et de son action avec Radio Alice.
Il y accueillait la parole de tous, ceux qui partageaient ses idées, comme ceux qui le critiquaient.