19/08/2026
La vie ressemble parfois à un train lancé à pleine vitesse.
On travaille pour vivre.
Mais parfois, sans s’en rendre compte, on finit par monter dans un train où l’on vit pour travailler.
On regarde le paysage défiler derrière la vitre, en se disant qu’on profitera à la prochaine gare.
On repousse les petits bonheurs à plus t**d.
On attend le week-end. Les vacances. La retraite.
On se persuade qu’un jour, on descendra enfin pour respirer.
Mais le train, lui, ne ralentit pas.
Et il y a une vérité silencieuse que l’on oublie trop souvent :
Un emploi peut être remplacé.
Un salaire peut être retrouvé.
Une carrière peut être reconstruite sur une autre voie.
Mais les années passées à rester assis sans regarder le paysage ne reviennent jamais.
Et quand le corps commence à frapper à la vitre, à demander de l’air, de la pause, du sens… il devient difficile de continuer à faire semblant de ne pas l’entendre.
Alors peut-être qu’il faut parfois avoir le courage de descendre à une gare imprévue, de changer de wagon, de prendre un autre train.
Pas parce qu’on abandonne.
Mais parce qu’on choisit enfin de ne plus traverser sa propre vie en simple passager.
La vie ne se résume pas aux heures passées dans ce train lancé à toute vitesse.
Elle se trouve sur les quais, dans les embrassades, les repas partagés, les rires qui éclatent sans raison, les projets qui font vibrer, les instants simples où le temps semble s’arrêter.
Dans tout ce qui donne un sens au voyage.
On n’a qu’une seule traversée.
Et peut-être que le plus grand risque n’est pas de changer de train.
C’est de rester trop longtemps dans celui qui nous éloigne de la vie qu’on aurait vraiment voulu vivre.