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28/08/2026
COMPLÉMENT D'ENQUÊTE SUR LE FREXIT : L'union impossible ?Arras, 12 septembre 2026. Sur l'affiche des Assises de la Souve...
23/08/2026

COMPLÉMENT D'ENQUÊTE SUR LE FREXIT :
L'union impossible ?
Arras, 12 septembre 2026. Sur l'affiche des Assises de la Souveraineté, on lit "S'unir ou mourir !". Presque tous les Frexiteurs ont répondu présent. Presque. Il en manque trois, et ce sont eux qui expliquent pourquoi cette union n'arrive pas.

On a beaucoup parlé de Florian Philippot et de François Asselineau. Mais le vrai clivage de 2027 ne se joue plus entre eux. Il se joue entre ceux qui veulent sortir de l'Union européenne, et ceux qui veulent s'en servir.

Acte 1 : Zemmour et Knafo, les faux absents
Éric Zemmour et Sarah Knafo ne seront pas à Arras. Et ce n'est pas un oubli.
Depuis un an, le couple de Reconquête! a clarifié sa doctrine. Sur CNews, sur RMC, Knafo ne parle plus de Frexit. Elle parle de "folies européennes". La nuance est tout.
Leur diagnostic est souverainiste : Bruxelles impose le pacte migratoire, le wokisme, la norme verte. Mais leur remède n'est pas l'article 50.
Knafo, 33 ans, énarque, est libérale. Son programme pour Paris en dit long : privatiser l'audiovisuel public, généraliser la capitalisation pour les retraites, supprimer les droits de succession. Pour une libérale, le Frexit, c'est la fermeture des marchés, des droits de douane, l'incertitude pour les entreprises. C'est l'inverse de ce qu'elle veut.

Zemmour, lui, veut une Europe de la civilisation. Une Europe où Viktor Orban, Giorgia Meloni et la France feraient bloc pour imposer une autre politique migratoire, mais en gardant l'euro et le marché unique.
Pourquoi boudent-ils Arras ? Parce qu'ils préparent autre chose : la primaire de la droite. En mars dernier, Knafo l'a assumé : "Ce n'est pas une alliance, c'est une primaire pour trancher, de Darmanin à Zemmour".

En clair : Arras propose l'union des Frexiteurs. Knafo propose l'union des droites. Deux projets incompatibles. Asselineau ne s'y trompe pas : il qualifie Reconquête! de parti anti-Frexit, car sans sortir de Schengen, leur programme sur l'immigration est juridiquement inapplicable.

Acte 2 : David Lisnard, le souverainiste qui ne veut pas sortir
C'est l'homme qui monte et qui inquiète à la fois Philippot et Knafo. David Lisnard, maire de Cannes, réélu avec 81% en 2026, président des maires de France, candidat déclaré à la présidentielle.
Il tient le même discours que les Frexiteurs : "restaurer la souveraineté juridique", "reprendre le contrôle", "en finir avec la bureaucratie". À Bayeux, il a même convoqué l'esprit de la Résistance.
Mais écoutez bien son ennemi : ce n'est pas Bruxelles. C'est Paris. C'est l'État français.
Son geste symbole, c'est la tronçonneuse. Comme Milei en Argentine, il propose de broyer le Code du travail et de passer de 450 000 fonctionnaires de bureaux à des fonctionnaires de terrain. Son chiffrage : 200 milliards d'économies.
Sur l'Europe, il est d'une prudence de diplomate : l'Europe est un problème, mais pas au point de la quitter. Il veut une Europe intergouvernementale, où la France reprend ses pouvoirs sans claquer la porte. Il a quitté Les Républicains en mars 2026 pour cette raison : il veut rassembler les droites libérales et conservatrices, pas les Frexiteurs.
Lisnard, c'est le souverainisme de l'intérieur. Le Frexit, c'est le souverainisme de l'extérieur.

Acte 3 : Poisson et De Villiers, les ponts
Et c'est là qu'on retrouve les deux hommes que l'affiche a oublié de légender.
Jean-Frédéric Poisson, VIA - La Voie du Peuple. C'est le plus cohérent de tous sur le Frexit. En juin 2024, c'est le seul élu de droite à avoir osé déposer une liste commune avec Philippot : "L'Europe, ça suffit !", une liste 100% Frexit et sortie de l'OTAN.
Ancien député UMP, maire de Rambouillet, catholique assumé, il porte le souverainisme chrétien et social. Pour lui, l'UE est une démocrature : elle garde les élections mais impose ses normes par la morale.
Poisson est essentiel : il est le pont entre Arras et Reconquête!. Il a soutenu Zemmour en 2022, il est ami avec Philippot, et il est sur la liste officielle des intervenants d'Arras 2026.

Philippe de Villiers. Lui n'a jamais prononcé le mot Frexit. Le fondateur du Puy du Fou parle d'un autre mot : le "détricotage". Détricoter les traités, revenir à une Europe des nations souveraines qui coopèrent sans se fédérer. Philippot le présente comme "le plus fédérateur" justement parce qu'il parle à une France qui a peur du mot Frexit, mais qui veut moins d'Europe.

Conclusion : Pourquoi cette affiche dit tout
Regardez bien l'affiche de départ : "Presque tous les Souverainistes Frexiteurs ont répondu présent". Le mot important, c'est "presque".
En 2026, il n'y a plus un souverainisme, il y en a trois :
1. Celui qui veut sortir de l'UE pour retrouver la souveraineté populaire (Philippot, Asselineau, Poisson).
2. Celui qui veut garder l'UE pour la transformer en Europe des droites conservatrices (Zemmour, Knafo).
3. Celui qui veut garder l'UE mais vider l'État français de sa bureaucratie (Lisnard).

L'union "S'unir ou mourir" ne pourra se faire que dans le premier cercle. Et encore, à condition que ce cercle accepte de répondre à la seule question qui compte pour les Français : pas "faut-il sortir ?", mais "que fait-on le lendemain matin à 8h pour mon salaire, mon usine et mon épargne ?"

Tant que cette réponse ne sera pas écrite noir sur blanc, avec Gave et Sapir à la table, les absents de l'affiche auront raison de ne pas venir. Et les présents auront raison de continuer à s'unir. C'est tout le paradoxe français : tout le monde veut reprendre le contrôle, mais personne ne veut le reprendre au même endroit.

Assises de la Souveraineté 2026 à Arras : le Frexit peut-il s'unir et est-il viable ?Samedi 12 septembre 2026, Artois Ex...
23/08/2026

Assises de la Souveraineté 2026 à Arras : le Frexit peut-il s'unir et est-il viable ?

Samedi 12 septembre 2026, Artois Expo. 3500 personnes attendues, une affiche qui fait parler : "S'unir ou mourir !". L'affiche de Florian Philippot annonce que "presque tous les Souverainistes Frexiteurs ont répondu présent", avec un seul encadré en rouge "PAS LUI ?" pour François Asselineau.

Derrière l'anecdote, il y a une vraie question : le camp du Frexit est-il capable de s'unir autour d'un projet commun ? Et surtout, ce projet est-il viable ?

I. Trois visages, trois doctrines du Frexit

1. François Asselineau (UPR) - La rigueur juridique
C'est le doyen. Depuis 2007, il défend une sortie totale : UE, euro, OTAN, via l'article 50. Pas de renégociation.
Pour lui, le Frexit n'est ni de gauche ni de droite, c'est un préalable démocratique. C'est pourquoi il refuse toute "union des droites" qu'il juge suicidaire électoralement. Le Frexit doit rassembler les deux rives du Non de 2005, de la gauche sociale à la droite gaulliste.
Son modèle d'union : une alliance provisoire et technique, le temps d'organiser le référendum et de sortir, pas un parti unique.
2. Florian Philippot (Les Patriotes) - Le mouvement populaire
Ancien numéro 2 du FN, Philippot a fait du Frexit un combat de terrain : manifestations hebdomadaires, présence dans les médias alternatifs, lien direct avec le pouvoir d'achat.
Il ne parle pas seulement de traités, il parle du marché européen de l'électricité qui fait flamber les factures, des normes agricoles, des accords Mercosur. Le Frexit est pour lui l'outil pour arrêter l'austérité imposée par Bruxelles.
Son modèle d'union : une primaire ouverte de tous les souverainistes pour désigner un candidat unique en 2027. Il a proposé Philippe de Villiers comme figure la plus fédératrice, capable de parler à la fois aux gilets jaunes et à la France conservatrice.
3. Le pôle gaulliste : Dupont-Aignan et Philippe de Villiers
Nicolas Dupont-Aignan propose un Frexit conditionnel : un référendum pour exiger le retour des compétences, et si Bruxelles refuse, on sort. Philippe de Villiers, lui, n'a jamais prononcé le mot Frexit par l'article 50. Il défend une Europe des nations, un détricotage des traités.
Leur apport est essentiel : ils amènent un électorat conservateur, rural et âgé qui ne se reconnait pas dans Philippot.

II. Le socle économique : Charles Gave et Jacques Sapir
C'est le coeur du dossier. Deux économistes que tout oppose politiquement arrivent à la même conclusion.
Charles Gave, libéral, Institut des Libertés :
"L'euro est un régime de change fixe imposé à des économies divergentes. C'est un Frankenstein financier."
Son explication est simple : quand l'Allemagne est plus productive que la France, sa monnaie devrait monter et la nôtre baisser pour rééquilibrer le commerce. Avec l'euro, cet amortisseur disparaît. Le pays le moins productif se désindustrialise mécaniquement. Ce sont les "flux destructeurs". Pour Gave, rester dans l'euro condamne la France à s'appauvrir.
Jacques Sapir, hétérodoxe de gauche, EHESS :
Auteur de Faut-il sortir de l'euro ?, il démontre que la zone euro ne respecte aucune règle d'une zone monétaire optimale. L'euro est surévalué de 20% pour l'économie française, ce qui tue nos exportations.
Sa formule est célèbre : "Même dans le pire scénario, où la France serait la dernière à sortir, notre situation serait meilleure qu'aujourd'hui. Mais la sortie est une condition nécessaire, pas suffisante."
Sans réindustrialisation, sans réforme de la formation et sans baisse des normes, sortir ne sert à rien.

III. Viable ou pas ? Les vrais pour et contre
Si le Frexit est viable, pourquoi ? Les 4 points positifs :

1. Juridique : Fin de la primauté du droit européen. La France reprend le contrôle de ses lois, de son budget et de ses frontières.
2. Monétaire : Avec un franc retrouvé, on peut dévaluer pour rendre notre industrie compétitive et la Banque de France peut financer une partie de la dette, comme le font les USA ou le Japon.
3. Économique : On sort du marché européen de l'électricité, on peut protéger notre agriculture, refuser le CETA et le Mercosur, et récupérer notre contribution nette de 10 à 12 milliards par an.
4. Politique : On corrige un vice de construction qui, selon Gave et Sapir, nous appauvrit depuis 20 ans.

Si le Frexit n'est pas viable, pourquoi ? Les 4 points négatifs :

1. Le choc commercial : 55% de notre commerce se fait avec l'UE. Une sortie brutale imposerait des droits de douane et mettrait en danger 700 000 entreprises exportatrices.
2. La dette : Notre dette de 115% du PIB est en euros. Si on la convertit en francs dévalués, son remboursement explose. Les taux d'intérêt s'envoleraient.
3. L'isolement : Seule, la France pèse 2,8% du PIB mondial, contre 18% à 27. Elle perdrait tout levier dans les négociations mondiales face aux USA et à la Chine.
4. Le précédent Brexit : 5 ans après, le Royaume-Uni a perdu 4% de PIB potentiel, avec plus d'inflation et moins de croissance, sans avoir réglé la question migratoire.

Conclusion : ce qui rend le sujet porteur aujourd'hui
Le Frexit ne sera crédible que s'il cesse d'être un slogan pour devenir un plan.
L'intérêt des Assises d'Arras 2026 n'est pas de savoir qui sera sur la photo, mais si ce rassemblement est capable de produire ce qui manque depuis 2007 : un Livre Blanc commun, chiffré sur 100 jours.
Que fait-on de la dette le jour J ? Comment gère-t-on l'épargne des Français ? Quel taux de conversion pour le franc ? Que dit-on aux agriculteurs qui touchent la PAC ?
Si les souverainistes répondent ensemble à ces questions avec Gave et Sapir, l'union "S'unir ou mourir" aura un sens. Sans cela, elle restera une belle affiche.

@à tous #2027

Mireille Bleivas prend position - claire, tranchée, sans détour. Deux objections fréquentes sont exposées et confrontées...
18/08/2026

Mireille Bleivas prend position - claire, tranchée, sans détour. Deux objections fréquentes sont exposées et confrontées aux faits. Résultat : un débat exigeant, citoyen et utile pour comprendre les enjeux. Lire l’analyse complète et rejoignez la discussion : https://wix.to/c2wjbPV 🔍🗣️

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