22/04/2026
Je ne force plus. Et pourtant, je n'ai jamais autant travaillé.
Longtemps, j'ai cru qu'il fallait "tenir". Compter les heures quand la semaine est chargée, attendre le week-end pour récupérer. C'est ce qu'on nous apprend : serrer les dents, et avancer.
Il y a une dizaine d'années, une fatigue s'est installée. Pas celle du corps, celle qui te fait te demander si tu as choisi la bonne manière d'avancer.
J'ai cherché longtemps. Puis un jour, pendant le confinement, j'ai découvert la méditation. Pas pour le travail. Pour autre chose.
Dans la philosophie bouddhiste, il y a une notion que j'ai mis du temps à comprendre : "l'effort joyeux". Ce n'est pas être joyeux en faisant un effort. C'est trouver, dans ce qu'on fait, une raison qui rend l'effort naturel. Une motivation qui ne se commande pas. Elle naît de ce qu'on rend utile.
Sans m'en rendre compte, ça a changé mon rapport au travail.
Aujourd'hui, ce qui me fait ouvrir mon ordinateur le week-end ou en rentrant le soir, ce n'est pas la peur du ret**d. C'est le souvenir de l'étudiant qui a compris un truc la semaine dernière. Le client qui m'a écrit "c'est exactement ça". Le stagiaire qui est reparti avec un process qu'il utilisera lundi.
Je ne force plus. Je cherche l'énergie dans ce qui a servi.
Le soir, je me pose une seule question : qu'est-ce que j'ai transmis aujourd'hui qui va servir à quelqu'un demain ?
S'il y a une réponse, même petite, la journée a tenu. Et demain tiendra aussi.
C'est ça, pour moi, l'effort joyeux au quotidien. Pas une posture spirituelle. Un point d'appui.