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Riz en Guinée : Que faire face au paradoxe de l’impuissance ?Le lundi 17 juin 2024, Félix Lamah, alors ministre de l’Agr...
30/08/2025

Riz en Guinée : Que faire face au paradoxe de l’impuissance ?

Le lundi 17 juin 2024, Félix Lamah, alors ministre de l’Agriculture et de l’Élevage (aujourd’hui ministre de l’Élevage), s’exprimait à la RTG à l’issue de sa tournée dans la région forestière dans le cadre de l’Aguitour. Avec gravité, il révélait que la Guinée avait importé plus de 800 000 tonnes de riz l’année d’avant, un chiffre choquant au regard des 13 millions d’hectares de terres arables et de six mois de pluies abondantes que possède le pays.

Ce jour-là, le ministre ajoutait :
« Nous avons du mal à comprendre pourquoi nous importons autant de riz alors que nous disposons de telles ressources. Pourquoi nos terres ne sont-elles pas aménagées ? Comment les aménager ? Que faire pour maîtriser l’eau ? Comment connecter les zones agricoles aux marchés ? »

Le constat étant fait, on pouvait logiquement s’attendre à ce que la Primature de la République de Guinée passe à l’action. Hélas, un an plus t**d, ces questions résonnent encore, et je ne peux m’empêcher de demander : qu’ont réellement fait le ministre et son gouvernement pour y répondre et changer la donne ?

Si véritablement l’ambition était de résoudre ces problèmes et de garantir à la Guinée sa souveraineté alimentaire, la voie à suivre est claire : il faut agir à grande échelle.

Agir à grande échelle ne signifie pas se limiter à distribuer des subventions, qui n’ont jusqu’ici produit aucun résultat escompté, ni organiser de courtes formations pour quelques individus seulement, un processus qui reste par définition peu durable.

La priorité devrait être de créer une Compagnie Nationale d’Agriculture, qui, en plus de structurer, planifier et moderniser la production, serait capable de produire la quantité maximale de riz dont le pays aura besoin, de développer d’autres filières agricoles, de soutenir les producteurs locaux, et d’assurer une distribution efficace. Car, l'achat à l'étranger de 800 000 tonnes de riz, entraîne une sortie de l’équivalent d'environ 300 millions d’euros de notre pays.

Il faut également investir dans la formation, en construisant des Lycées Agricoles dans toutes les villes et plusieurs autres Universités Agronomiques, capables de former des ouvriers agricoles, des techniciens, des ingénieurs et des chercheurs, afin d’assurer la pérennité et la modernisation du secteur.

Il n’y a que par ces actions ambitieuses que l’agriculture pourrait devenir un véritable pôle stratégique pour la Guinée, lui permettant de garantir son indépendance alimentaire, de maîtriser le prix des denrées, de créer des emplois et de stimuler durablement l’économie nationale.

Par Sekouba Toure

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