01/02/2025
Étoile fuyante 💫
Si Top chef était jusqu’ici la meilleure presse du guide Michelin pour toucher les français, il est désormais question d’un partenariat entre studio 89 (société de production de l’émission) et du guide rouge.
Rien d’étonnant de la part d’un programme vieillissant et d’un guide cherchant à devenir plus populaire. Cela ne vous a certainement pas échappé, puisque la Food sphère ne parle que de ça : il est question de décerner une étoile « éphémère » au prochain gagnant de Top chef.
Alors oui, mais non. M6 peut se frotter les mains en créant le buzz autour de cet enjeu, mais Bibendum lui, semble avoir les pneus qui se dégonflent. Regrettable erreur de positionnement.
D’abord, auprès des chefs : la première étoile d’un cuisinier est souvent la plus délicate, la plus émouvante parce que la première, justement. La plupart d’entre vous ont connu des années de travail, de doutes et de remise en question pour l’obtenir. Parfois même, c’est l’étoile de toute une vie. Et voilà que désormais en quelques épisodes de tv réalité, on peut remporter le mago. Cela pose non seulement la question du sens, du mérite, mais aussi de la régularité.
Erreur d’aiguillage vis à vis du public également : comment est-ce que un téléspectateur peu aguerri à la gastronomie étoilée peut-il mesurer tout le travail en amont s’il devient si simple d’obtenir une étoile, même éphémère ?
Pour finir, le guide, qui a toujours prétendu protéger et aider les maisons exerce une pression terrible sur ces jeunes qui vont l’acquérir avant même de l’avoir rêvée et ne pas forcément disposer de l’équipe nécessaire et du lieu pour la conserver.
Cette étoile filante, c’est la promesse de la précarisation de la gastronomie. Le plus prestigieux de tous les guides aurait pu imaginé créer une nouvelle distinction afin de valoriser et accompagner les chefs du petit écran. Indépendamment de l’étoile -son symbole le plus précieux- ou du bib gourmand. Il n’est jamais trop t**d pour bien faire ?