06/08/2026
🚨 𝗗𝗘𝗥𝗡𝗜𝗘𝗥𝗘𝗦 𝗠𝗜𝗡𝗨𝗧𝗘𝗦 : Consommation 🇬🇦
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C'est ce qui ressort du communiqué de presse publié ce jeudi 7 août 2026, par Monsieur Christian Richard Abiaghe Ngomo, Président de SOS Consommateurs.
Selon l'ONG de lutte pour les droits des consommateurs, depuis plusieurs années, la lutte contre la vie chère demeure une priorité pour les consommateurs gabonais.
La création de la Centrale d'Achat du Gabon (CEAG) avait suscité un véritable espoir, en promettant une meilleure régulation de l'approvisionnement en produits de première nécessité et une baisse durable des prix au bénéfice des ménages.
À son lancement, cette initiative avait été saluée par les organisations de défense des consommateurs, qui y voyaient un instrument capable de renforcer le pouvoir d'achat des populations et de mieux organiser le marché national.
Plusieurs mois après le début de ses activités, le constat appelle toutefois à une réflexion approfondie sur les résultats obtenus et sur la cohérence du dispositif mis en place.
UNE AMBITION QUI PEINE À PRODUIRE LES EFFETS ATTENDUS
Les opérations commerciales organisées par la CEAG dans plusieurs communes du Grand Libreville ont permis à certains consommateurs d'accéder temporairement à des produits à des prix avantageux. Cependant, leur caractère ponctuel soulève des interrogations quant à leur capacité à répondre durablement aux besoins quotidiens des ménages.
Les habitudes de consommation des Gabonais reposent essentiellement sur des achats réguliers, souvent effectués au jour le jour, en fonction des revenus disponibles. Dans ce contexte, des marchés itinérants organisés une fois par mois apparaissent insuffisants pour répondre efficacement aux réalités économiques des familles.
Par ailleurs, les difficultés persistantes liées à l'approvisionnement en électricité limitent les possibilités de stockage des denrées alimentaires, rendant peu réaliste une stratégie reposant sur la constitution de réserves importantes.
UNE ÉVOLUTION QUI INTERROGE SUR LA MISSION DE LA CEAG
Selon ses missions initiales, la CEAG avait vocation à structurer les importations, centraliser les commandes de produits essentiels, faciliter l'approvisionnement du marché national et contribuer à une meilleure régulation des prix.
Aujourd'hui, les orientations annoncées semblent conduire progressivement la structure vers une activité de distribution commerciale directe. Cette évolution suscite des interrogations sur sa conformité avec sa mission d'origine ainsi que sur les moyens logistiques et opérationnels nécessaires à une telle activité.
Cette situation appelle davantage de clarté sur la gouvernance du dispositif, les critères de sélection des partenaires, les modalités d'approvisionnement ainsi que les mécanismes permettant d'offrir des prix inférieurs à ceux pratiqués sur le marché.
UNE CONCURRENCE QUI MÉRITE D'ÊTRE ÉVALUÉE
La présence de certains opérateurs économiques dans les marchés organisés par la CEAG soulève également des questions relatives à l'équité de la concurrence.
Les petits commerçants, qui ne bénéficient pas des mêmes facilités, peuvent rencontrer des difficultés à faire face à une concurrence bénéficiant de conditions particulières. À terme, cette situation pourrait fragiliser le commerce de proximité et créer des déséquilibres sur le marché.
Il apparaît donc essentiel de garantir une concurrence transparente, équilibrée et respectueuse des règles applicables à tous les acteurs économiques.
UNE MEILLEURE ARTICULATION AVEC LA POLITIQUE NATIONALE DE LUTTE CONTRE LA VIE CHÈRE
La coexistence de plusieurs mécanismes publics visant à lutter contre la vie chère appelle également des clarifications.
Les consommateurs doivent pouvoir comprendre clairement le rôle de chaque dispositif, leur complémentarité ainsi que les outils effectivement utilisés pour réguler les prix sur le marché national.
Une meilleure coordination entre les différentes politiques publiques renforcerait leur efficacité et améliorerait leur lisibilité.
POUR UNE ÉVALUATION INDÉPENDANTE
Au regard des enjeux économiques et sociaux liés au pouvoir d'achat, SOS Consommateurs estime qu'une évaluation indépendante, transparente et objective de la CEAG serait opportune.
Cette évaluation pourrait notamment porter sur :
• l'impact réel de la CEAG sur les prix pratiqués sur le marché national ;
• les conditions d'approvisionnement et de sélection des fournisseurs ;
• les avantages éventuellement accordés aux opérateurs économiques partenaires ;
• les effets du dispositif sur la concurrence et sur les petits commerçants ;
• la qualité, la conformité et la traçabilité des produits commercialisés ;
• la cohérence du dispositif avec la politique nationale de lutte contre la vie chère.
LES RECOMMANDATIONS
Afin de renforcer l'efficacité de la politique de lutte contre la vie chère, SOS Consommateurs recommande notamment :
• la réalisation d'un audit indépendant de la CEAG ;
• le recentrage de la CEAG sur ses missions initiales de centrale d'achat et de régulation des importations ;
• le renforcement de la transparence dans la gouvernance, les partenariats et les procédures d'approvisionnement ;
• la garantie d'une concurrence loyale entre tous les opérateurs économiques ;
• le développement de solutions structurelles et durables en faveur du pouvoir d'achat des ménages.
CONCLUSION
La lutte contre la vie chère constitue un défi majeur qui nécessite des politiques publiques cohérentes, transparentes et durables.
Au-delà des opérations commerciales ponctuelles, les consommateurs attendent des réformes capables d'améliorer durablement les conditions d'approvisionnement, de renforcer la concurrence et de garantir une baisse réelle et pérenne des prix.
SOS Consommateurs réaffirme sa disponibilité à contribuer, dans un esprit constructif, à toute démarche visant à améliorer le fonctionnement des marchés, à promouvoir la transparence économique et à défendre efficacement les droits des consommateurs gabonais ⚫🇬🇦