03/10/2025
Au Gabon, on a souvent réduit la démocratie à l’alternance politique, comme si le simple fait de remplacer un pouvoir par un autre suffisait à transformer le pays. C’est une illusion dangereuse. La démocratie ne se limite pas au changement d’étiquette : elle est d’abord une éthique, un mode de vie fondé sur la justice, la probité et l’équité. Sans ces valeurs, la dénonciation d’un régime en place n’est qu’un discours creux, incapable de modifier en profondeur les pratiques politiques.
Les élections législatives et locales de 2025 l’ont démontré avec éclat. Présentée comme une alternative au PDG, l’Union Démocratique des Bâtisseurs s’est rapidement retrouvée engluée dans les mêmes travers : fraudes massives, contestations, manipulations. Plus grave encore, certaines grandes figures de la contestation, issues de la diaspora et longtemps perçues comme l’incarnation du changement, se sont retrouvées compromises dans ces dérives. Ce paradoxe souligne une vérité implacable : la contestation, à elle seule, ne résout pas la question démocratique.
Le problème n’est donc pas seulement celui du système politique, mais bien celui des hommes qui l’animent. Tant que l’éthique et la vertu civique ne seront pas au cœur de l’action publique, le pays ne fera que passer d’un système défaillant à un autre. Le vrai défi est moral : sans une révolution des mentalités et des comportements, aucune alternance ne sera capable de redonner à la démocratie gabonaise sa crédibilité et sa dignité.
BWÉKAYÉ!!!!