03/06/2026
[ #𝐒𝐎𝐂𝐈𝐄𝐓𝐄] 𝐋𝐞 𝐩𝐡é𝐧𝐨𝐦è𝐧𝐞 𝐝𝐮 “𝐤𝐰𝐚𝐧𝐝𝐳𝐚” 𝐠𝐚𝐠𝐧𝐞 𝐝𝐮 𝐭𝐞𝐫𝐫𝐚𝐢𝐧 𝐦𝐚𝐥𝐠𝐫é 𝐥’𝐢𝐧𝐭𝐞𝐫𝐝𝐢𝐜𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐞𝐬 𝐩𝐫𝐨𝐝𝐮𝐢𝐭𝐬 é𝐜𝐥𝐚𝐢𝐫𝐜𝐢𝐬𝐬𝐚𝐧𝐭𝐬
Malgré une interdiction claire et renforcée, les crèmes éclaircissantes continuent de circuler librement au Gabon. Sur les marchés de Libreville, dans certaines boutiques de quartier et surtout sur les réseaux sociaux, ces produits restent accessibles comme si la loi n’existait pas.
Pourtant, depuis le 1er juin 2024, un arrêté du ministère de la Santé interdit strictement les produits cosmétiques contenant du mercure et d’autres substances dangereuses. Une décision prise dans le cadre de la Convention de Minamata sur le mercure, ratifiée par le Gabon, qui vise à protéger la population contre les effets toxiques de ce métal lourd.
Sur le papier, tout est clair. Dans la réalité, le constat est tout autre.
Sur le terrain, les produits sont toujours là. Faciles à trouver, parfois même mis en avant sur des étals, ils continuent de séduire une clientèle fidèle. Les réseaux sociaux jouent également un rôle central dans cette circulation discrète mais massive, avec des ventes qui échappent largement aux contrôles classiques.
Du côté des vendeurs, le discours est souvent le même : la demande existe, donc l’offre suit. Certains reconnaissent vendre ces produits malgré l’interdiction, d’autres assurent ne pas connaître précisément leur composition, au milieu d’emballages attractifs promettant des résultats rapides et visibles.
Mais derrière ces promesses se cache une réalité beaucoup plus lourde. Les professionnels de santé alertent depuis longtemps sur les dangers du mercure contenu dans certaines crèmes : lésions de la peau, atteintes rénales, troubles neurologiques, risques accrus pour les femmes enceintes. Des effets graves, parfois irréversibles.
Le paradoxe est donc total : un produit interdit, mais toujours consommé. Une loi en vigueur, mais encore contournée. Et un marché qui continue de prospérer dans les zones grises entre informel et numérique.
Les autorités disposent pourtant d’un arsenal juridique sévère, avec des peines pouvant aller jusqu’à cinq ans de prison et des amendes importantes pour les contrevenants. Mais sur le terrain, l’application reste un défi majeur.
Au-delà de la répression, les experts appellent à une autre bataille : celle des mentalités. Tant que le teint clair restera associé à un idéal de beauté pour une partie de la population, les crèmes éclaircissantes continueront de trouver preneur, malgré les interdictions et les risques documentés.
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