Le Phare Africain

Le Phare Africain Le Phare Africain est un Média consacré à la promotion de la Culture littéraire africaine & de sa diaspora.

Nous mettons en lumière les auteurs, les œuvres, les événements littéraires et les voix qui racontent l'Afrique au monde.

🕯️MÉMOIRE DES PLUMES | LAURENT OWONDO« Je voudrais voir aujourd’hui avec les yeux d’hier. »Il est des écrivains dont l’œ...
18/08/2026

🕯️MÉMOIRE DES PLUMES | LAURENT OWONDO

« Je voudrais voir aujourd’hui avec les yeux d’hier. »

Il est des écrivains dont l’œuvre ne se contente pas de raconter une histoire : elle ouvre une porte sur la mémoire, le mythe et l’identité. Laurent Owondo appartient à cette catégorie rare d’artistes dont la plume, la scène et le regard ont profondément marqué le paysage culturel gabonais.

Né en 1948 à Libreville, Laurent Owondo fut à la fois écrivain, dramaturge, comédien, metteur en scène et professeur de littérature. Formé en France, notamment à la Sorbonne où il obtient un doctorat de troisième cycle en littérature américaine, il revient au Gabon et enseigne à l’Université Omar Bongo à partir de 1980.

Mais réduire Owondo à une seule fonction serait trahir la richesse de son parcours. Il fut un homme de théâtre, un passeur d’images et de paroles. À la tête du Théâtre national de Libreville puis de sa troupe Le Théâtre de la Rencontre, il participe à faire du théâtre un espace de réflexion, de création et de confrontation avec les réalités africaines. Sa pièce La F***e du Gouverneur, présentée aux Francophonies de Limoges en 1990, connaît un important succès.

Puis vient Au bout du silence, son roman publié en 1985 chez Hatier. Une œuvre devenue une référence de la littérature gabonaise et africaine francophone. À travers le parcours initiatique d’Anka, Owondo explore la mémoire des anciens, la transmission, le monde des apparences et celui des forces invisibles. Le roman fait dialoguer le réel et le mythe, l’enfance et la maturité, la tradition et la modernité.

Chez Owondo, le silence n’est jamais véritablement silencieux. Il porte la voix des ancêtres, les blessures de la mémoire et les secrets que le temps n’a pas réussi à effacer.

Sa phrase — « Je voudrais voir aujourd’hui avec les yeux d’hier » — résonne ainsi comme une véritable profession de foi artistique. Regarder le présent sans renier la mémoire. Avancer sans perdre le lien avec ceux qui nous ont précédés. Comprendre l’aujourd’hui à la lumière d’un passé qui continue de parler.

Laurent Owondo s’est éteint le 10 juin 2019 à Libreville, à l’âge de 71 ans. Mais certaines œuvres refusent de disparaître. Elles continuent leur chemin, de génération en génération, comme une lampe que l’on transmet sans jamais laisser sa flamme s’éteindre.

Aujourd’hui, dans “Mémoire des plumes”, Le Phare Africain rallume cette lumière.

Parce que se souvenir de nos écrivains, c’est aussi préserver une part de notre mémoire collective.

Laurent Owondo : une plume, une scène, une mémoire. Une voix qui continue de résonner.

✒️ LE PHARE AFRICAIN
Éclairer la littérature africaine, faire rayonner ses voix.

📚 LE LIVRE À LA UNE | Quand ma vie se perd : Nana, ou l’art de trouver de l’or dans les vies ordinairesEt si les vies qu...
18/08/2026

📚 LE LIVRE À LA UNE | Quand ma vie se perd : Nana, ou l’art de trouver de l’or dans les vies ordinaires

Et si les vies que nous jugeons « ordinaires » étaient en réalité des romans qui s’ignorent ?

Avec Les Histoires de Nana : Quand ma vie se perd, publié aux Éditions FILIGA en juillet 2026, ouvre une fenêtre sur ces existences discrètes que l’on croise sans toujours prendre le temps de les regarder.

Dans cette série romanesque, l’auteure s’intéresse aux gens « ordinaires » — ceux qui pensent parfois n’avoir rien d’intéressant à raconter. Grave erreur ! Car, sous la banalité apparente d’un trajet en bus, d’une rencontre de quartier ou d’une conversation familiale, peut se cacher… tout un roman. Et parfois même un roman meilleur que certaines réunions de famille !

Avec humour, sensibilité et métaphores, Yanique Ekobevet Allogo défend une idée aussi simple que profonde : chacun porte en lui un trésor caché. Il suffit parfois d’un regard d’enfant pour le découvrir.

Docteure en sciences de l’éducation et de la formation, engagée dans la valorisation des talents et le développement local, l’auteure transpose ici son regard sur l’humain dans l’espace littéraire.

Les Histoires de Nana nous invite ainsi à ralentir, à observer et surtout à écouter. Parce que derrière chaque visage anonyme peut dormir une mémoire, une blessure, un rêve ou une histoire qui ne demande qu’à être racontée.

🌍 Une littérature africaine qui ne cherche pas seulement à raconter de grandes destinées, mais à donner une voix aux petites histoires qui font les grandes humanités.

À lire, donc. Car après tout, votre vie aussi pourrait bien cacher un trésor… même si votre portefeuille, lui, refuse obstinément de le confirmer !

LE PHARE AFRICAIN
Éclairer la littérature africaine, faire rayonner ses voix.

📚 POSTS DÉBAT | LE PHARE AFRICAIN« L’Afrique a-t-elle besoin de nouveaux écrivains ou de nouveaux lecteurs ? »L’Afrique ...
18/08/2026

📚 POSTS DÉBAT | LE PHARE AFRICAIN

« L’Afrique a-t-elle besoin de nouveaux écrivains ou de nouveaux lecteurs ? »

L’Afrique regorge de voix, de récits et de plumes capables de raconter ses réalités, ses imaginaires et ses métamorphoses. Pourtant, une question demeure : sommes-nous en manque d’écrivains ou, plus profondément, en manque de lecteurs ?

Créer une œuvre est un acte de transmission. Mais encore faut-il qu’elle rencontre des lecteurs capables de la faire vivre, de la questionner et de la transmettre à leur tour.

Alors, où se situe véritablement l’urgence : former davantage de créateurs ou réconcilier les nouvelles générations avec la lecture ?

💬 À vous de débattre.
Selon vous, de quoi l’Afrique a-t-elle le plus besoin aujourd’hui : de nouvelles plumes ou d’un nouveau public de lecteurs ?

📖 Le Phare Africain ouvre le débat.
Abonnez-vous à la page, suivez nos publications et participez à la conversation autour de la littérature africaine et de sa diaspora.

🇬🇦 66 ANS D’INDÉPENDANCE : LE PHARE AFRICAIN CÉLÈBRE LE GABON 🇬🇦En ce 17 août 2026, Prince Ondo Mengue & Le Phare Africa...
17/08/2026

🇬🇦 66 ANS D’INDÉPENDANCE : LE PHARE AFRICAIN CÉLÈBRE LE GABON 🇬🇦

En ce 17 août 2026, Prince Ondo Mengue & Le Phare Africain adressent leurs vœux les plus chaleureux à toute la nation gabonaise à l’occasion du 66ᵉ anniversaire de l’Indépendance.

Cette célébration est aussi l’occasion de rappeler que la culture et la littérature sont des piliers essentiels de notre identité nationale.

À nos écrivains, poètes, romanciers, éditeurs, libraires, lecteurs et acteurs du monde du livre : continuons à écrire, à publier, à lire et à faire rayonner la littérature gabonaise.

Nous souhaitons à la littérature gabonaise un avenir rempli de succès, de reconnaissance et de grandes conquêtes, au Gabon comme à l’international. Que nos auteurs soient davantage lus, édités, traduits et récompensés, et que leurs œuvres puissent porter la voix du Gabon bien au-delà de nos frontières.
Que les mots de nos écrivains deviennent des ponts entre notre histoire, notre présent et notre avenir.

🇬🇦 66 ans de liberté, d’unité et de fierté.

📚 Pour une littérature gabonaise plus forte, plus visible et plus rayonnante.
Bonne fête de l’Indépendance à toute la nation gabonaise !

🎙️📚 LA VOIX DE L’AUTEUR Sakina Cylia Lateb : « Grâce aux mots, on peut soigner les maux et corriger les travers de la so...
17/08/2026

🎙️📚 LA VOIX DE L’AUTEUR

Sakina Cylia Lateb : « Grâce aux mots, on peut soigner les maux et corriger les travers de la société »

Entretien réalisé par Le Phare Africain

Dans le paysage littéraire africain contemporain, certaines voix ne se contentent pas d’écrire : elles cherchent à créer des passerelles, à fédérer les énergies et à faire de la littérature un véritable instrument de transformation sociale.

Sakina Cylia Lateb appartient à cette génération d’actrices culturelles qui pensent la littérature au-delà du simple exercice de la plume. Altermondialiste, citoyenne du monde, diplômée en biologie, en journalisme et en éducation spécialisée, elle revendique une approche transdisciplinaire de son engagement.

À l’origine de l’Union des Écrivains Africains (UEA) et impliquée dans différentes initiatives de promotion littéraire, elle défend une vision panafricaine de la création, fondée sur le dialogue, le réseautage et la circulation des œuvres et des talents.

Dans cette nouvelle édition de « La Voix de l’Auteur », Le Phare Africain lui donne la parole.

Le Phare Africain : Sakina Cylia Lateb, avant de parler de vos fonctions et de vos engagements, qui est la femme et l’écrivaine derrière ce parcours ? Qu’est-ce qui vous a poussée à choisir la littérature comme moyen d’expression et de transmission ?

Sakina Cylia Lateb :
Je suis Sakina Cylia Lateb, une altermondialiste et une citoyenne du monde, profondément persuadée que les frontières physiques et mentales ne sont, en définitive, que des constructions de l’esprit.

Je reste également convaincue que chacun peut apporter sa pierre à l’édifice et contribuer, à son échelle, à faire évoluer positivement le monde, à l’image du colibri qui, malgré sa petite taille, participe à l’œuvre collective.

Mon parcours est volontairement pluriel. Je suis diplômée en biologie, en journalisme et en éducation spécialisée. J’exerce dans ces trois domaines en essayant constamment de créer des ponts entre ces différentes disciplines.

Pour moi, la littérature constitue un espace privilégié où ces univers peuvent se rencontrer. Je considère d’ailleurs que la littérature est un cinquième pouvoir, une formule que j’ai déposée et protégée.

Les mots possèdent une force extraordinaire. Ils peuvent éveiller les consciences, transmettre, interpeller et parfois même réparer. Grâce aux mots, on peut soigner les maux et corriger les travers de la société.

Le Phare Africain : Vous êtes à l’origine de l’Union des Écrivaines Africaines (UEA). Quelle était votre motivation première en créant cette organisation, et quel manque souhaitiez-vous combler dans le paysage littéraire africain ?

Sakina Cylia Lateb :
L’Afrique est un continent merveilleux et les Africains sont d’extraordinaires artistes, orateurs, écrivains et créateurs.

Pourtant, nos talents ne sont pas suffisamment mis en lumière et valorisés. Il existe sur notre continent une richesse artistique et littéraire considérable, mais celle-ci demeure encore trop souvent fragmentée.

L’Union des Écrivaines Africaines est née de cette volonté de rassembler les forces créatives africaines et de favoriser la mise en place de partenariats littéraires entre les différents pays du continent.

Notre ambition est de créer des passerelles entre les écrivains, les artistes et les acteurs culturels africains, mais également avec ceux de la diaspora.

Nous sommes la première organisation africaine à avoir mis en place des collaborations artistiques entre les différents pays africains ainsi qu’au sein de la diaspora.

Il s’agit donc de fédérer, de connecter et surtout de donner davantage de visibilité à cette immense richesse littéraire africaine.

Le Phare Africain : La littérature africaine est souvent présentée à travers des voix masculines ou des figures déjà établies. Quelle place souhaitez-vous donner aux femmes écrivaines africaines, notamment aux jeunes auteures qui cherchent encore leur espace et leur lectorat ?

Sakina Cylia Lateb :
La littérature féminine africaine est une littérature résiliente, déterminée, émancipatrice et courageuse.

Les écrivaines écrivent souvent avec leurs tripes. Elles puisent dans leurs expériences, leurs blessures, leurs combats et leurs trajectoires personnelles pour faire émerger une parole littéraire singulière.

À ce titre, la plume féminine est à la fois acerbe et profondément touchante.

Les femmes écrivaines portent des récits qui peuvent bousculer les représentations, interroger les rapports sociaux et faire évoluer les mentalités. Leurs écrits contribuent à faire bouger les lignes.

Il faut donc leur offrir des espaces d’expression, de visibilité, de rencontres et de diffusion.

Comme le disait le poète : « La femme est l’avenir de l’homme. »

Le Phare Africain : Vous êtes également impliquée dans des initiatives comme la Caravane des Auteurs. Selon vous, ces rencontres et ces réseaux peuvent-ils réellement contribuer à créer un véritable espace littéraire africain qui dépasse les frontières et les barrières linguistiques ?

Sakina Cylia Lateb :
Absolument. Le réseautage africain constitue un véritable soft power.

La littérature peut devenir un formidable outil de diplomatie culturelle. Elle permet aux peuples de se découvrir, de dialoguer et de construire des collaborations au-delà des frontières.

Le continent africain dispose d’une richesse culturelle exceptionnelle. Nos langues, nos traditions, nos imaginaires et nos histoires constituent une véritable force.

Les rencontres entre auteurs, les caravanes littéraires et les réseaux professionnels permettent justement de faire circuler cette créativité et de rapprocher les différentes aires culturelles du continent.

Le poids de l’Afrique dans le concert des nations n’est plus à démontrer.

Nous existons et nous agissons.

Le Phare Africain : Entre l’écriture, la promotion culturelle et vos responsabilités au sein de l’UEA, vous évoluez dans plusieurs univers. Comment parvenez-vous à concilier votre travail d’écrivaine avec votre engagement pour les autres auteurs et particulièrement pour les femmes de lettres ?

Sakina Cylia Lateb :
Pour agir au mieux en faveur d’autrui, il est essentiel de s’organiser méticuleusement.

Cela nécessite d’allier rigueur professionnelle, discipline et un cadre logistique adapté.

L’engagement culturel ne peut pas reposer uniquement sur la passion. Il doit également s'accompagner d'une véritable organisation et d'une vision structurée.

Notre porte est toujours ouverte lorsqu’il s’agit d’agir dans l’intérêt général et de faire preuve d’utilité publique.

Je considère que la réussite individuelle prend davantage de sens lorsqu’elle peut contribuer à l’émergence et à l’accompagnement des autres.

Le Phare Africain : Pour terminer, quel message adresseriez-vous aux jeunes écrivaines africaines qui hésitent encore à prendre la plume, à publier leurs textes ou à croire en leur talent ? Et quelle Afrique littéraire souhaitez-vous contribuer à construire dans les prochaines années ?

Sakina Cylia Lateb :
Il ne faut jamais se mettre de barrières.

Il est essentiel de croire en soi, en sa plume et en son potentiel. N’écoutez jamais ceux qui vous disent de renoncer.

Vous pouvez y arriver.

Chaque grande œuvre commence par une volonté, une idée et quelques mots posés sur une page.

L’Union des Écrivaines Africaines a obtenu le dépôt de marque et est désormais, selon notre vision et notre positionnement, l’organisation panafricaine numéro 1 en Afrique et dans la diaspora.

Mais le combat ne s’arrête pas là.

Nous poursuivons notre engagement pour l’émancipation de l’Afrique et la réussite de tous les enfants du berceau de l’humanité.

Je souhaite contribuer à bâtir une Afrique littéraire davantage unie, visible, ambitieuse et solidaire ; une Afrique où les écrivains peuvent circuler, collaborer et faire entendre leurs voix, quelles que soient leurs origines ou leurs frontières.

L’entretien en perspective

À travers ses réponses, Sakina Cylia Lateb défend une conception de la littérature qui dépasse le cadre de l’œuvre individuelle. Chez elle, la plume devient un outil de transmission, de mobilisation et de construction collective.

Son parcours illustre également une volonté de décloisonner les disciplines et de rapprocher littérature, culture, éducation, journalisme et engagement citoyen.

Dans une Afrique où les industries culturelles cherchent encore à consolider leurs réseaux et leurs marchés, la question de la circulation des auteurs, de la visibilité des femmes de lettres et de la construction d’un véritable espace littéraire panafricain demeure essentielle.

La littérature africaine n’a pas seulement besoin de nouvelles voix. Elle a aussi besoin de passerelles pour les faire résonner.

LA VOIX DE L’AUTEUR | LE PHARE AFRICAIN

Une rubrique consacrée aux écrivains, poètes, éditeurs, critiques et acteurs de la création littéraire africaine et de sa diaspora.

Le Phare Africain , Éclairer la littérature africaine, faire rayonner ses voix.

📚 DANS LES PAGES : Ma part de vérité — Winnie MandelaQuand une femme reprend la parole pour reprendre possession de son ...
16/08/2026

📚 DANS LES PAGES : Ma part de vérité — Winnie Mandela

Quand une femme reprend la parole pour reprendre possession de son histoire.

Il existe des livres qui racontent l’Histoire. Et puis il existe ceux qui cherchent à reprendre l’Histoire à ceux qui prétendent en détenir le récit officiel.

Publié en 1994 aux Éditions Continentales, Ma part de vérité est un ouvrage de 178 pages construit sous la forme d’entretiens entre Winnie Mandela et le journaliste Honoré De Sumo. Le livre paraît dans une période particulièrement sensible de la trajectoire de Winnie Mandela, après son inculpation puis son acquittement dans l’affaire du meurtre d’un jeune militant noir et dans le contexte de sa séparation avec Nelson Mandela.

✒️ Une parole contre le récit dominant

Le premier mérite de Ma part de vérité réside dans son dispositif même : Winnie Mandela parle.

Elle ne veut plus être seulement le personnage secondaire de la légende de Nelson Mandela. Elle revendique une histoire personnelle, politique et militante.

Le titre est d'ailleurs révélateur : Ma part de vérité.

Pas « la vérité », mais « ma part de vérité ».

Cette nuance est essentielle.

Winnie ne prétend pas nécessairement épuiser la complexité de l'Histoire ; elle réclame le droit de faire entendre son propre récit.

Et c'est là que le livre devient littérairement intéressant : il se situe à la frontière entre témoignage, confession politique et plaidoyer.

🎭 Une œuvre entre témoignage et défense

Mais Ma part de vérité ne doit pas être lu comme un récit historique neutre.

C'est précisément ici que commence notre regard critique.

Lorsque l'on donne la parole à une personnalité politique controversée dans un moment de crise, le témoignage possède une force particulière, mais aussi une limite : le narrateur est nécessairement engagé dans son propre récit.

Winnie Mandela cherche à expliquer, à répondre, à rétablir une image et à replacer son parcours dans le contexte de la lutte contre l'apartheid.

Le livre devient donc également une œuvre de réhabilitation narrative.

Cette dimension ne diminue pas sa valeur documentaire. Au contraire.

Elle nous oblige à lire avec deux regards : celui du lecteur qui écoute et celui du journaliste qui questionne.

🖋️ La puissance du « je »

Ce qui frappe également, c'est la dimension presque artistique de cette prise de parole.

Le « je » devient ici un espace de résistance.

Une femme que l'Histoire a longtemps regardée à travers son mari tente de reconstruire son propre personnage.

Winnie Mandela n'est plus seulement « l'épouse de Nelson Mandela ».

Elle devient un sujet historique.

Et cette question demeure profondément contemporaine :

Combien de femmes africaines ont vu leur trajectoire racontée à travers celle d'un homme ?

Le livre pose donc, volontairement ou non, une question de représentation : qui raconte les femmes africaines ? Et qui possède le pouvoir de fixer leur image dans la mémoire collective ?

⚖️ Héroïne, militante ou figure controversée ?

C'est ici que le lecteur doit résister à deux tentations.

La première serait de transformer Winnie Mandela en icône intouchable.

La seconde serait de la réduire à ses controverses et de gommer son engagement politique contre l'apartheid.

La littérature de témoignage exige davantage de nous.

Elle exige la contradiction.

Winnie Mandela peut être simultanément une figure majeure de la résistance, une femme marquée par une histoire politique extrêmement violente et une personnalité dont les choix et les méthodes peuvent être discutés et critiqués.

C'est précisément cette complexité qui rend son parcours intéressant.

🔎 Notre regard critique

À Le Phare Africain, nous considérons que la grande force du livre est aussi sa principale fragilité.

Sa force : donner une voix directe à une femme dont le récit a souvent été confisqué par les grandes narrations politiques.

Sa limite : cette parole étant profondément personnelle et défensive, elle doit être confrontée à d'autres sources, aux faits historiques et aux récits contradictoires.

Autrement dit, Ma part de vérité ne doit pas être lu comme le dernier mot sur Winnie Mandela, mais comme une pièce essentielle du dossier Winnie Mandela.

Et c'est peut-être là toute la richesse de l'œuvre.

🌍 Pourquoi lire ce livre aujourd'hui ?

Parce que les sociétés africaines ont encore besoin de récits personnels capables de compléter les grandes fresques historiques.

Parce que derrière les figures monumentales de l'Histoire se trouvent des femmes et des hommes avec leurs blessures, leurs contradictions, leurs choix et leurs zones d'ombre.

Parce qu'en littérature comme en journalisme, écouter une voix ne signifie pas nécessairement lui donner raison.

Cela signifie d'abord lui reconnaître le droit d'être entendue.

Winnie Mandela voulait livrer sa part de vérité. À nous, lecteurs, revient ensuite la responsabilité de chercher la vérité dans toute sa complexité.

LE PHARE AFRICAIN , Éclairer la littérature africaine, faire rayonner ses voix.

💬 Et vous, comment faut-il lire Winnie Mandela : comme une héroïne de la lutte anti-apartheid, une figure politique controversée, ou les deux à la fois ?

📚🇬🇦 CÉLÉBRONS LE GABON PAR LA LECTUREÀ l’occasion des 16 et 17 août, Le Phare Africain vous invite à célébrer le Gabon a...
16/08/2026

📚🇬🇦 CÉLÉBRONS LE GABON PAR LA LECTURE

À l’occasion des 16 et 17 août, Le Phare Africain vous invite à célébrer le Gabon autrement : en lisant, en transmettant et en faisant vivre notre mémoire collective.

Notre histoire ne se résume pas aux dates inscrites dans les livres d’histoire. Elle se raconte aussi à travers nos écrivains, nos intellectuels, nos figures historiques, nos récits et notre patrimoine littéraire.

📖 Pour cette fête nationale, nous vous proposons 4 ouvrages gabonais qui permettent de revisiter différentes facettes de notre histoire, de notre littérature et de notre identité :

🔹 50 figures de la littérature gabonaise de 1960 à 2010 — Éric Joël Bekalé
🔹 Le Président Léon M’ba et les débuts de la République gabonaise — Gaston Rapontchombo
🔹 Léon M’ba : Une autre histoire franco-africaine — sous la direction de Flavien Enongoué
🔹 Histoire d’un enfant trouvé — Robert Zotoumbat

Ces ouvrages nous rappellent une chose essentielle : un peuple qui lit son histoire comprend mieux son présent et prépare mieux son avenir.

🇬🇦 En ce 16 août, veille de notre fête nationale, rendons hommage à celles et ceux qui ont écrit, raconté et préservé la mémoire du Gabon.

📚 Lisons le Gabon. Racontons le Gabon. Transmettons le Gabon.

Bonne fête nationale à toutes et à tous !
Vive la culture gabonaise ! Vive la littérature gabonaise ! Vive le Gabon ! 🇬🇦

📚 CITATIONS GRAPHIQUES | LE PHARE AFRICAIN« Le sentiment d’appartenance est une conviction intime qui va de soi ; l’impo...
16/08/2026

📚 CITATIONS GRAPHIQUES | LE PHARE AFRICAIN

« Le sentiment d’appartenance est une conviction intime qui va de soi ; l’imposer à quelqu’un, c’est nier son aptitude à se définir librement. »

— Fatou Diome

✒️ PORTRAIT DE L’AUTEURE

Née en 1968 à Niodior, au Sénégal, Fatou Diome est une écrivaine franco-sénégalaise dont l’œuvre explore avec force les questions d’identité, d’exil, d’appartenance, de migration et de dialogue entre l’Afrique et l’Europe.

Révélée au grand public par son premier roman, Le Ventre de l’Atlantique, publié en 2003, elle s’est imposée sur la scène littéraire internationale. L’ouvrage, traduit dans une vingtaine de langues, interroge notamment les rêves d’émigration et les rapports complexes entre ceux qui partent et ceux qui restent.

Son écriture, à la fois lucide, engagée, sensible et incisive, défend une idée essentielle : chacun doit pouvoir construire son identité et définir librement son rapport à ses origines, à sa culture et au monde.

🌍 Une parole. Une pensée. Une identité libre.

Le Phare Africain , Éclairer la littérature africaine, faire rayonner ses voix.

📚 AGENDA LITTÉRAIRE | FESTIVAL LITTÉRAIRE DE CHEZANI : LA LITTÉRATURE COMORIENNE ENTRE EN SCÈNECe samedi 15 août 2026, l...
15/08/2026

📚 AGENDA LITTÉRAIRE | FESTIVAL LITTÉRAIRE DE CHEZANI : LA LITTÉRATURE COMORIENNE ENTRE EN SCÈNE

Ce samedi 15 août 2026, les projecteurs de la scène littéraire comorienne se braquent sur Chezani, à l’occasion de la journée officielle du Festival littéraire de Chezani.

Après une première journée placée sous le signe de la lecture, de la création et de la rencontre, le festival poursuit son rendez-vous avec une programmation consacrée aux échanges intellectuels, aux auteurs et à la célébration du livre.

✒️ Une journée dédiée aux voix et aux œuvres

De 9 h à 18 h 22, la journée officielle réunira plusieurs temps forts : cérémonie, grande table ronde, grand entretien, librairie, séances de dédicaces et remise des prix.

Au-delà de la célébration du livre, cette programmation entend faire de la littérature un espace de dialogue entre les imaginaires, les générations et les différentes expressions de la création artistique.

Dans une atmosphère où la parole de l'auteur rencontre celle du public, Chezani devient, le temps d'une journée, une véritable scène littéraire, où les œuvres se racontent, se discutent et se transmettent.

🌍 Dr Mohamed Toihir, une figure tutélaire pour cette première édition

Pour cette édition 2026, le festival a choisi comme parrain Dr Mohamed Toihir, auteur, universitaire et diplomate franco-comorien.

Docteur en littérature, il a enseigné aux Comores et aux États-Unis, avant d'exercer des responsabilités diplomatiques auprès des Nations unies.

Son parcours se situe ainsi au croisement de la création littéraire, de la transmission académique et de l'engagement diplomatique.

Publié en 1985, son roman La République des Imberbes occupe une place particulière dans l'histoire des lettres comoriennes. L'œuvre fait de Mohamed Toihir le premier romancier comorien d'expression française et lui a valu le prix des Mascareignes et des Comores.

Sa présence comme parrain donne à cette première édition une dimension symbolique : celle d'une littérature qui revendique son histoire tout en ouvrant ses pages aux nouvelles générations.

🎤 Une gouvernance au service du livre

Derrière cette manifestation se trouve une équipe engagée dans la structuration de ce nouveau rendez-vous littéraire.

Dr Ali Abdou Mdahoma, président du festival, assure la conduite générale de cette initiative.

À ses côtés, Salim Youssouf, directeur du festival, participe à la mise en œuvre de cette première édition et à son déploiement artistique et littéraire.

Le jury est présidé par Bindjad Ismael, chargé notamment de porter un regard critique sur les œuvres et de participer à la sélection liée aux distinctions qui seront remises au cours de cette journée officielle.

Cette gouvernance traduit une ambition claire : inscrire Chezani dans le paysage des rendez-vous littéraires qui contribuent à faire circuler les œuvres, les idées et les voix de l'océan Indien.

📖 Chezani, un rendez-vous à suivre

À travers ses rencontres, ses échanges et ses espaces consacrés aux auteurs, le Festival littéraire de Chezani entend faire de la littérature un lieu de conversation entre le « je » et le « nous », entre l'expérience individuelle et la mémoire collective.

Pour Le Phare Africain, ce rendez-vous constitue une belle occasion de braquer les projecteurs sur la création littéraire comorienne et, plus largement, sur la richesse des littératures africaines et de leurs diasporas.

📅 Samedi 15 août 2026
⏰ 9 h – 18 h 22
📍 Chezani, Ngazidja — Comores

Le Phare Africain, éclairer la littérature africaine, faire rayonner ses voix.

📚 POSTS DÉBAT | LE PHARE AFRICAIN🧐 Pourquoi les jeunes Africains lisent-ils moins ?La scène mérite réflexion : une bibli...
14/08/2026

📚 POSTS DÉBAT | LE PHARE AFRICAIN

🧐 Pourquoi les jeunes Africains lisent-ils moins ?

La scène mérite réflexion : une bibliothèque pleine de romans, d’essais et de recueils de poésie… et, devant elle, une génération qui semble parfois préférer le défilement infini des réseaux sociaux au parfum d’un bon livre. 📱📚

Mais attention : le procès de la jeunesse africaine n’est pas ouvert ! 😄

Est-ce réellement un désintérêt pour la lecture ?
Ou faut-il plutôt interroger l’accès aux livres, le prix des ouvrages, les bibliothèques, l’école, les habitudes familiales, les contenus proposés aux jeunes et la place du numérique dans nos vies ?

Car lire, ce n’est pas seulement tourner des pages.
C’est voyager sans billet, penser sans permission et découvrir des mondes sans quitter son fauteuil.

Et parfois, avouons-le… 📱
un téléphone peut nous faire parcourir 200 publications en une heure sans nous laisser une seule phrase à méditer ! 😂

Alors, à qui revient la responsabilité ?

👉 Aux jeunes ?
👉 À l’école et au système éducatif ?
👉 Aux parents ?
👉 Aux auteurs et aux éditeurs ?
👉 Aux pouvoirs publics ?
👉 Ou à notre société qui n’a pas encore suffisamment fait du livre un objet accessible, vivant et désirable ?

🎙️ LE PHARE AFRICAIN OUVRE LE DÉBAT.

Selon vous, pourquoi les jeunes Africains lisent-ils moins aujourd’hui ?

💬 Donnez-nous votre analyse dans les commentaires.
Et surtout, argumentez : ici, on ne se contente pas de dire “je pense que…” — on éclaire le débat ! 🔦📖

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