23/08/2026
🔴 CELLOU DALEIN DIALLO S’ADRESSE À LA NATION : IL REJETTE L’AUDIO ATTRIBUÉ À ALGASSIMOU DIALLO
Dans une vidéo de plus de quatre minutes publiée ce samedi 22 août 2026, Cellou Dalein Diallo s’est adressé à ses compatriotes. Le président de l’UFDG revient notamment sur l’affaire du magistrat Algassimou Diallo, rejette tout contact avec ce dernier et dénonce ce qu’il qualifie de « cabale politico-judiciaire ».
Dès l’entame de son message, Cellou Dalein Diallo revient sur les justifications avancées par Mamadi Doumbouya lors du coup d’État du 5 septembre 2021.
« Comme vous le savez, c'est entre autres pour mettre fin à l'instrumentalisation de la justice, au piétinement des droits et libertés des citoyens et au dysfonctionnement des institutions de la République que Mamadi Doumbouya avait justifié son coup d'État sanglant du cinq septembre deux mille vingt et un. »
Cinq ans après, l’opposant estime que la situation s’est, au contraire, détériorée. Il accuse le chef de la junte d’être devenu, selon ses termes, « le champion toutes catégories de la restriction des libertés publiques et de la violation des droits de l'homme ».
Il évoque également un « climat de terreur », qu’il associe notamment aux disparitions forcées, à l’assassinat de jeunes manifestants et à la mort, qu’il qualifie de suspecte, de personnalités civiles et militaires en détention.
Sur le fonctionnement des institutions, Cellou Dalein Diallo affirme :
« Il n'est un secret pour personne que la séparation du pouvoir et l'indépendance des institutions n'existent plus dans notre pays. La volonté de Mamadi Doumbouya s'impose à tous. »
Il porte également un jugement sévère sur la justice guinéenne, qu’il considère comme n’ayant « jamais été aussi caporalisée, bafouée et déshonorée que maintenant ».
L’affaire Algassimou Diallo au cœur du message
Cellou Dalein Diallo consacre ensuite une large partie de son intervention à l’affaire impliquant le magistrat Algassimou Diallo.
Il affirme prendre la parole au nom du « peuple martyr de Guinée épris de justice et de vérité », avant de dénoncer une « cabale politico-judiciaire montée de toutes pièces par un régime aux abois », visant, selon lui, le magistrat et sa propre personne.
Il dénonce également ce qu’il appelle « un montage si grossier véhiculé par un mensonge d'État et amplifié par les médias publics », qui aurait, selon lui, pour objectif de manipuler l’opinion et de porter atteinte à son honneur et à sa réputation.
Sur le fameux enregistrement audio, Cellou Dalein Diallo est catégorique :
« Je dis sans ambages ni équivoque : je n'ai jamais parlé ni au téléphone ni de vive voix à Algassimou Diallo, que je ne connais pas personnellement. »
Il rejette également les propos qui lui sont attribués dans l’enregistrement :
« En outre, je ne peux tenir les propos sectaires qu'on m'a attribués dans le fameux audio ou évoquer des projets de déstabilisation de la Guinée que je n'ai pas. »
L’opposant réaffirme ensuite sa ligne politique :
« J'ai une ligne et un projet politique clair connu de tous, fondé sur l'éthique républicaine et le pari démocratique. »
Des accusations contre les dirigeants actuels
Dans la suite de son discours, Cellou Dalein Diallo accuse ceux qu’il présente comme les responsables de la situation actuelle d’avoir « sacrifié nos acquis démocratiques », « détruit les fondements de notre nation », instrumentalisé la justice et participé à la violation des droits et libertés.
Il estime que ces mêmes acteurs chercheraient aujourd’hui à se présenter comme des défenseurs de l’unité nationale, de la démocratie et de l’État de droit.
« Heureusement qu'au-delà des postures opportunistes et des discours publics démagogiques, l'on sait à ce jour par les faits et les actes posés qui sont les bourreaux de notre jeune démocratie, les véritables ennemis de la République et les fossoyeurs de notre économie. »
Le président de l’UFDG évoque ensuite des accusations de corruption et d’enrichissement personnel. Il cite notamment des « rétrocommissions tirées de la surfacturation des contrats publics », l’octroi de licences, des exonérations qu’il qualifie d’indues et des détournements de deniers publics.
Il affirme que ces pratiques auraient permis à certains responsables de procéder à des constructions et acquisitions immobilières à Conakry, dans la sous-région ouest-africaine, en Europe et en Amérique du Nord.
« Aucune inversion des charges ne sera possible », lance-t-il à ce propos.
Un appel à la mobilisation
Dans la dernière partie de son message, Cellou Dalein Diallo appelle ses compatriotes à rester « mobilisés et vigilants ».
Il les exhorte à ne pas céder à ce qu’il appelle la « politique de diviser pour régner » et les invite à s’engager pour « le retour effectif à l'ordre constitutionnel ».
S’adressant directement aux dirigeants actuels, il les qualifie d’« usurpateurs du pouvoir politique », qu’il décrit comme « fébriles et affolés, dépourvus de légitimité et agissant en toute illégalité ».
Il conclut son adresse par une formule proverbiale :
« À force de crier au loup, on finit par le voir. »
Avant de terminer sur un appel à l’unité et à la mobilisation :
« Ensemble, unis et solidaires, nous vaincrons. À bas la dictature ! Vive la République ! Vive l'unité nationale ! »
Cette déclaration intervient dans un contexte marqué par la révocation d’Algassimou Diallo de la magistrature et par la controverse autour d’un enregistrement audio auquel Cellou Dalein Diallo affirme ne pas être lié.