06/10/2025
Je m’appelle KABA, nom que le vent emporte,
Inconnu des étoiles, oublié de l’aurore.
Peut-être m’avez-vous croisé, un soir, dans la lumière,
Où mon rire sonnait comme une prière.
Devant les autres, je souris — masque bien ajusté —
Un théâtre de joie, un cœur désappointé.
Je tends la main, j’offre l’aise, je chante les beaux jours,
Mais quand tombe la nuit, je pleure mes détours.
Je connais les anniversaires, les goûts, les chagrins,
Les rêves murmurés, les silences soudains.
Je grave chaque date, chaque prénom, chaque histoire,
Pour qu’un jour, peut-être, on se souvienne de moi.
Mais nul ne sonne à ma porte quand l’âme est en deuil,
Nul ne demande : « KABA, comment vas-tu, mon pareil ? »
Je suis l’ombre fidèle, le veilleur sans répit,
Celui qu’on appelle joyeux — sans voir qu’il a pâli.
Je donne sans compter, comme un fleuve sans fin,
Tandis que mon cœur, lui, se meurt en silence.
Je chéris les tiens comme s’ils étaient les miens,
Mais personne ne veille à mes lendemains.
Est-ce un crime que d’aimer trop ?
D’être tendre, attentif, sans rien exiger en retour ?
Je couds des sourires sur des lèvres tristes,
Mais personne ne coud le mien, déchiré par la brise.
La lune, parfois, me regarde en silence,
Témoin muet de mes larmes, de mon impuissance.
Elle ne parle pas, mais je crois qu’elle sait
Tout ce que je tais, tout ce que je n’ai dit.
Je suis KABA — peut-être un nom, peut-être un cri.
Celui qui rit pour que le monde ne pleure pas.
Mais quand vient la nuit, et que tout est trop lourd,
Je murmure au vide : « Et moi, qui me rendra l’amour ? »
Je ne demande pas des fleurs ni des fêtes,
Juste un regard sincère, une voix qui m’attend.
Un simple : « Tu comptes », un « Je suis là »,
Pour que ma nuit ne soit plus aussi claire qu’un drap.
Alors si tu lis ces vers, inconnu, passant,
Souviens-toi de KABA, un jour, en pensant :
« Peut-être, parmi nous, quelqu’un rit en pleurant. »
Et tends-lui la main — avant qu’il ne s’éteigne.
Car derrière chaque rire, il y a parfois un nom,
Un cœur qui bat seul, un appel sans écho.
Je m’appelle KABA. Et toi, te souviendras-tu ?
Quand je ne serai plus qu’un souffle perdu ?
Écrit par Kaba Lounceny