22/08/2026
MESSAGE DE MAMADI DOUMBOUYA : ENTRE FERMETÉ ET RECOMPOSITION DE L’ÉTAT
Par Chérif Sampiring Diallo
Publié sur sa page Facebook officielle, le message du Président Mamadi Doumbouya intervient dans un contexte marqué par plusieurs décisions importantes au sommet de l’État. Au-delà de sa dimension communicationnelle, le texte mérite d’être lu comme un acte de clarification politique et institutionnelle : le chef de l’État y réaffirme les principes qui structurent, selon lui, la phase actuelle de la Refondation.
Le premier axe est celui de l’exemplarité dans l’exercice du pouvoir. En affirmant qu’« aucun rang, aucune fonction, aucune proximité » ne saurait soustraire quiconque à la rigueur républicaine, le président inscrit la lutte contre la corruption dans une logique qui dépasse la seule sanction des comportements individuels. Il pose ainsi la question fondamentale de la responsabilité des acteurs publics et de la crédibilité de l’État.
La portée de cette affirmation est renforcée par l’idée selon laquelle l’exigence d’exemplarité doit commencer par ceux qui servent aux côtés du chef de l’État. La Refondation est dès lors présentée comme une discipline qui doit d’abord s’appliquer au pouvoir lui-même. Autrement dit, la légitimité de la transformation institutionnelle dépend aussi de la capacité de ses promoteurs à s’y soumettre.
Le deuxième axe concerne la cohésion nationale. Le « vivre-ensemble » est érigé en priorité politique. Dans une République caractérisée par une diversité territoriale et sociologique importante, cette insistance traduit une conception de l’unité nationale comme condition de stabilité, de gouvernabilité et de développement.
Le troisième axe est territorial. La création de deux nouvelles régions administratives, Siguiri et Beyla, ainsi que de onze nouvelles préfectures, traduit une volonté de rapprocher davantage l’administration des populations. Fondée notamment sur les évolutions démographiques mises en évidence par le RGPH-4, cette réforme participe d’une logique de réorganisation et de déconcentration de l’État.
Toutefois, le véritable enjeu se situe moins dans le redécoupage administratif que dans sa capacité à produire des effets concrets. Une nouvelle région ne devient une réalité institutionnelle que si elle dispose d’autorités opérationnelles, de services publics fonctionnels, de ressources financières et de capacités administratives suffisantes.
C’est ici que se trouve probablement le principal défi de la séquence actuelle : faire passer la Refondation du registre des principes à celui de la performance institutionnelle. La question n’est plus seulement de savoir ce que l’État entend réformer, mais s’il est en mesure de traduire ses décisions en résultats tangibles pour les citoyens.
À travers ce message, le President Mamadi Doumbouya dessine ainsi les contours d’un État qui cherche simultanément à renforcer son autorité, préserver son unité et accroître sa présence territoriale.
La crédibilité de cette orientation se jouera désormais dans sa mise en œuvre. Car, en matière de gouvernance, la distance entre la parole de l’État et son effectivité constitue souvent le véritable indicateur de la solidité d’une réforme.
Présidence de la République de Guinée
Primature de la République de Guinée
Le Premier Ministre Amadou Oury BAH
Ministère des Sports de Guinée
Cellou Baldé