13/02/2026
Quand le sol se dérobe et que le ciel se fait distant
Tu croiras entendre la sentence du néant, le glas solennel d’un destin déclinant
Quand la terre se retire comme une marée trahie
Et que l'univers, muet, suspend sa mélodie
Tu croiras frôler l’abîme
Sentir sous tes pas se fissurer l’estime
Mais ce que tu nommes ruine est chantier invisible
Ce que tu crois fatal n’est que l’œuvre indicible.
Quand tout semble rompu, quand tout paraît s’effacer
Dieu, dans le secret, commence à te façonner.
Il ne détruit pas l’être, Il dissout l’illusion
La gangue étroite de ton ancienne vision.
Il arrache les voiles cousus par la peur
Pour que l’âme respire en sa pleine hauteur.
Car ce qui meurt n’est jamais l’essence
Mais l’ombre orgueilleuse de tes apparences.
Ce qui s’effondre n’est pas ta lumière
Mais la cabane fragile bâtie sur la poussière.
Le feu ne profane pas l’or qu’il éprouve
Il le purifie, le révèle, l’absout et l’approuve.
L’ascension n’est point sentier de roses dociles
Ni marche triomphale aux applaudissements faciles.
Elle réclame l’élagage, la saignée du superflu
Le courage de perdre ce que l’on croyait dû.
Le brasier ne consume que l’écorce mensongère
Il dépouille l’or nu de ses scories de poussière.
On ne grimpe aux sommets lesté d’orgueil
Ni couronné sans passer par le deuil.
L’ascension n’est jamais un chemin parfumé
Elle exige le tri, la perte, la vérité.
Quand tout s’éteint, écoute bien le silence
C’est le souffle sacré d’une renaissance.
Ce que tu appelais fin, dans ton regard humain
N’était qu’un redémarrage divin
Souviens-toi, la nuit ne vient pas pour punir
Mais pour enseigner aux étoiles comment luire.