10/08/2021
PERSPECTIVES, jusqu'au 25 Aout, à Mountados
Ecrire le mot « Perspectives », thème de cette nouvelle Biennale, au pluriel n’a rien d’anodin. Ce choix souligne à dessein le caractère polysémantique d’un terme qui fleurit dans notre langage sous des formes diverses.
À la Renaissance italienne, la perspective, déjà connue dans l’Antiquité, réapparaît dans l’art pour représenter le monde réel dans les trois dimensions. Elle correspond à une image construite et de plus en plus rationnelle, de la perception que l’homme peut avoir du monde qui l’entoure.
Mais s’en tenir à cette conception, et réduire la perspective à une fonction technique ou à la géométrie serait évidemment une erreur.
La perspective se définit avant tout par un point de vue, mais aussi par une ligne d’horizon.
Le point de vue, c’est celui adopté par le dessinateur au moment de sa création. Il est induit à chaque fois par la relation entre le sujet et son environnement, dans le cadre d’une approche empreinte de subjectivité, fondée sur une pensée, voire sur une position philosophique.
La représentation de la réalité est toujours différente de la réalité elle-même puisqu’elle met en jeu la position de l’observateur, sa psychologie du moment autant que sa perception de l’espace. Et c’est en cela que la perspective est un processus au caractère profondément subjectif qui ne peut être réduit à une simple représentation de l’espace.
C’est le sens donné aux choses autant que la scène représentée elle-même qui se trouve au centre de la perspective.
Ainsi, au delà du procédé technique, mais aussi artistique, la multiplicité des angles possibles et des ouvertures sur le monde, oblige à penser la perspective au pluriel, mais aussi à la conjuguer autant au présent qu’au futur.
Et c’est là qu’on retrouve la fameuse ligne d’horizon que fixe le regard du dessinateur. Lorsqu’elle s’énonce au pluriel, la perspective nous invite à regarder loin devant nous, dans une projection vers l’avenir et le futur.
Après la période ô combien difficile que nous venons de connaître, et les effets néfastes qu’elle peut avoir sur nos psychologies, puissent les perspectives que nous offre l’Art nous projeter dans un monde futur riche d’images et de rêves.
Mireille Liénard / Philippe Fraisse