27/07/2026
Mondialito 2026 : le COREFOJE rate son rendez-vous avec l'innovation
Éditorial
Par John-Becker Jean
Le dimanche 26 juillet 2026, le Comité de Relèvement du Football Jeune (COREFOJE) a donné le coup d'envoi de la 48e édition du Mondialito, considéré comme le plus grand championnat de vacances du pays. Une compétition qui, depuis plus de quarante ans, fait vibrer les passionnés de football. Pourtant, cette cérémonie d'ouverture a laissé un goût d'inachevé, tant par son manque d'innovation que par son absence de mise en scène.
Attiré par l'affiche de cette première journée, opposant Bijou FC à Brooklyn FC, deux équipes regorgeant de talents, je me suis rendu très tôt au Parc Vincent. Après avoir payé mon billet d'entrée de 250 gourdes, je me suis installé avec quelques amis, impatient d'assister au défilé des équipes et de découvrir les innovations que pouvait réserver cette 48e édition.
Malheureusement, comme lors de nombreuses éditions précédentes, rien de véritablement marquant n'a été proposé. Après le traditionnel défilé, les cheerleaders des différentes équipes ont simplement investi l'aire de jeu pour improviser quelques pas de danse et lancer des slogans, sans véritable chorégraphie, sans spectacle et sans émotion. Une prestation qui peinait à refléter le prestige d'une compétition aussi emblématique.
Plus préoccupant encore, alors que les supporters continuaient d'affluer dans les gradins, des ouvriers étaient encore en train de clouer et d'ajuster des poteaux dans l'estrade réservé aux membres du comité organisateur. L'impression générale était celle d'une organisation inachevée.
Aucune décoration particulière, aucun spectacle d'ouverture, aucune animation capable de captiver le public avant le coup d'envoi. Pourtant, une cérémonie inaugurale constitue souvent l'occasion de marquer les esprits, de valoriser l'image d'une compétition et de créer des souvenirs.
Il convient toutefois de saluer les initiatives organisées en amont de la compétition, notamment la célébration d'une messe et la tenue d'un gala au cours duquel plusieurs personnalités ont été honorées pour leur contribution au football. Ces gestes méritent d'être félicités. Cependant, pour une compétition qui célèbre sa 48e édition, une cérémonie d'ouverture à la hauteur de son histoire est devenue une nécessité.
Le public d'aujourd'hui est plus exigeant. Il attend de l'innovation, de la créativité, du divertissement et une expérience qui dépasse le simple match de football.
Certes, l'état du Parc Vincent ne dépend pas exclusivement du COREFOJE. En revanche, son embellissement temporaire, son attractivité et la qualité de l'expérience offerte aux spectateurs relèvent en grande partie de la responsabilité des organisateurs. C'est une question de respect envers l'histoire du tournoi, envers le football gonaïvien et envers les milliers de supporters qui répondent présents chaque année.
Il est également regrettable de constater que les dizaines de milliers de spectateurs présents au Parc Vincent soient encore contraints de faire leurs besoins à même le sol. Pourtant, l'entrepreneur Anderson Despinasse, dit Papayo, avait fait construire plusieurs blocs sanitaires. Aujourd'hui, faute d'entretien, ces installations demeurent fermées, alors même que cette compétition de renom génère des recettes importantes.
Nous sommes en 2026. Il n'est pas indispensable de disposer de millions de dollars pour offrir une cérémonie d'ouverture digne de ce nom. Avec davantage de créativité, de planification, d'ouverture aux nouvelles idées et de sens du spectacle, le COREFOJE pourrait considérablement rehausser l'image du Mondialito.
Le Mondialito mérite mieux. Son histoire mérite mieux. Et surtout, le public mérite mieux.
Crédit photo : Guens Gardy Promo ( GGP)