02/01/2026
Le 1er janvier : une date fondatrice de l’âme haïtienne
Le 1er janvier n’est pas une date ordinaire dans le calendrier national haïtien. Il constitue l’un des repères les plus puissants de notre histoire collective, un symbole de dignité, de courage et de souveraineté. En ce jour de l’an 1804, Haïti est entrée dans l’histoire universelle comme la première République noire libre et indépendante, issue d’une révolution d’esclaves victorieuse contre l’un des plus grands empires de l’époque.
Pour chaque Haïtienne et chaque Haïtien, le 1er janvier doit être perçu comme un moment de profonde réflexion nationale, mais aussi comme une célébration consciente de notre identité. Il ne s’agit pas seulement de marquer le passage à une nouvelle année, mais de se souvenir que notre nation est née d’un combat pour la liberté, l’égalité et la reconnaissance de la dignité humaine.
Célébrer le 1er janvier, c’est honorer la mémoire des héros et héroïnes de l’Indépendance, de Jean-Jacques Dessalines à Toussaint Louverture, de Catherine Flon à Sanité Bélair. C’est reconnaître que les acquis de 1804 ne sont jamais définitivement garantis et que l’indépendance doit être entretenue, protégée et renouvelée par des actes responsables, tant au niveau individuel que collectif.
Nos traditions, notamment le partage de la soupe joumou, ne sont pas de simples habitudes culturelles. Elles constituent des actes de mémoire et de résistance symbolique. Préserver ces traditions, les transmettre aux jeunes générations et les valoriser dans les familles, les communautés et les institutions, c’est affirmer notre attachement à l’héritage historique qui nous unit.
Le 1er janvier doit également nous interpeller sur notre responsabilité civique et politique. Être un peuple indépendant implique le respect des valeurs démocratiques, la promotion du dialogue, la recherche de la justice sociale et l’engagement en faveur du bien commun. L’indépendance n’est pas seulement un héritage du passé, elle est une exigence du présent et un devoir envers l’avenir.
En ce sens, le 1er janvier doit être vécu comme un appel à l’unité nationale, au dépassement des divisions et à la construction d’un projet de société fondé sur la paix, la solidarité et le respect mutuel. Haïti reste debout parce que son peuple porte en lui la mémoire de la liberté conquise au prix du sang et du sacrifice.
Se souvenir du 1er janvier, le célébrer avec dignité et en préserver le sens profond, c’est rappeler au monde et à nous-mêmes que le peuple haïtien est un peuple libre, souverain et résolument attaché à son indépendance.