27/09/2026
La poussière du Pays Basque, les terrains de Biarritz battus par le vent de l'Atlantique, et un jeune homme né le 28 mars 1989 qui apprend, saison après saison, que rien ne se gagne sans se battre d'abord contre soi-même.
Wenceslas Lauret n'a pas connu le chemin des prédestinés. Pas de révélation foudroyante, pas de titre de gloire dès ses premières foulées. Quand il fait ses débuts dans l'ombre de l'équipe académique de Biarritz Olympique lors de la saison 2007-08, il est encore un gamin qui observe, qui apprend, qui attend son heure avec la patience de ceux qui savent que la précipitation est une forme d'arrogance.
Cette heure arrive pourtant vite, à ceux qui méritent vraiment.
En 2007, il est sélectionné pour représenter les Bleus des moins de 20 ans lors du tout premier Championnat du Monde Junior de l'IRB, au Pays de Galles. Deux victoires, deux convictions : contre le Japon d'abord, 53-17, contre l'Italie ensuite, 32-14. Le monde du rugby de formation commence à retenir ce nom difficile à porter et si facile à oublier. Wenceslas Lauret. Un nom qui sonne comme un serment.
La patience est une forme de courage que les tribunes ne voient jamais.
Promu dans le groupe professionnel de Biarritz en 2008, il dispute sa première rencontre senior le 26 août, dans une victoire 29-22 face à Bourgoin. Sept matchs cette saison-là. Puis en juin 2009, retour en équipe de France U20 pour le Mondial Junior, où il dispute chaque match de poule malgré une défaite cruelle contre l'Afrique du Sud, 43-27. La route est longue. Elle est droite, aussi.
La saison 2009-10 lui réserve le coup le plus dur : une blessure en octobre qui lui ferme les portes de la sélection nationale pour les tests de fin d'année. Les absences forcées sont les plus amères — celles qu'on n'a pas choisies. Mais Lauret revient en mars 2010, reprend sa place, et cinq matchs de Heineken Cup plus t**d, il se retrouve titulaire au Stade de France pour la finale européenne face au Stade Toulousain. Une finale de légende, une défaite à un souffle : 21-19. Ces deux points-là pèsent le poids d'une saison entière.
Et pourtant, Marc Lièvremont le retient. Le 19 mai 2010, Wenceslas Lauret entre dans le groupe France pour la tournée en Afrique du Sud et en Argentine. Le 12 juin, à Newlands Stadium, il débute en équipe nationale. La défaite est lourde — 42-17 — mais il est là. Il a tenu.
Deux ans de silence en bleu, puis le retour en Argentine en 2012. Puis Racing Métro, une nouvelle vie parisienne qui commence le 23 août 2013 face à Toulon. Et au bout du chemin, en 2016, ce titre de champion de France avec Racing 92 — le seul, le vrai, celui qu'on garde toute sa vie dans un coin de mémoire.
Certaines carrières ne font pas de bruit. Elles avancent, elles résistent, elles finissent par laisser une trace que les statistiques ne savent pas mesurer.
Souvenez-vous de Wenceslas Lauret. Pas pour le titre seul. Pour tout ce qu'il a traversé pour y arriver.