11/09/2026
🛑 HASMED HASSANI : UNE HISTOIRE QUI DÉPASSE LE FOOTBALL
De Trouhourouni aux terrains de Madagascar, le parcours d’un footballeur qui a marqué une génération
Il y a des joueurs dont on se souvient pour leurs buts, leurs trophées ou leurs sélections. Et puis il y a ceux dont le souvenir s’inscrit autrement, dans la mémoire d’une génération, dans les conversations et dans les regards d’enfants qui, hier, rêvaient déjà de football.
Hasmed Hassani appartient à cette deuxième catégorie.
Son histoire commence en 1987, avec les Mikazo de Trouhourouni. Très vite, Mohamed Saleh Jamba et Abdoul Anziz Mdigo repèrent en Hasmed et en son ami Alhamid deux défenseurs centraux solides. En 1988, les deux jeunes joueurs rejoignent le Genius Club de Hahaya.
Hasmed est un joueur polyvalent. Droitier naturel, il évolue également comme latéral gauche, dans le même couloir que Mhousseine. Sa maîtrise des deux pieds lui permet de s’adapter à différents postes et de devenir un défenseur précieux.
Le souvenir d’un enfant
« Quand nous étions jeunes, on se dépêchait d’aller assister à la distribution des équipements du Genius Club de Hahaya chez ses parents. »
Ce souvenir est celui de M’roivili Djoumoi Kemal, témoin de cette époque.
Le Genius Club de Hahaya des années 1980 représentait bien plus qu’une équipe. Son président était Hassani Mbadjoumbé, père de Hasmed Hassani.
Cette génération comptait également des joueurs marquants comme Wa Komoro, l’oncle de Hasmed et latéral droit rigoureux, Abdoul Anziz Mdigo, Saleh Jamba, Papa Ahamada Hamidou, Abdoullah Ibrahim Housseine, Mohamed Youssouf Kongoro, Djimy Ahamada Mzitrani, Mbaé Ali, Abdul Karim Mouhssine, Ahmed Ali Youssouf, et, si ma mémoire ne me trompe pas, Hassani Med Cheikh.
À la tête de cette équipe, le brassard était porté par Mohamed Ali Youssouf, dit Galice. Et devant, il y avait le fameux attaquant redoutable de cette époque, Mbaé M’Madi, considéré comme le « R9 » de sa génération.
Pour le jeune Kemal, ces moments étaient fascinants. La distribution des équipements était presque un événement. On regardait ces joueurs avec les yeux émerveillés de l’enfance, sans savoir encore que l’on assistait à une page de l’histoire sportive de Hahaya.
Et avec le recul, un souhait personnel demeure dans ma mémoire :
J’aimerais qu’un jour Trouhourouni puisse porter le nom de Hassani Mbadjoumbé, en hommage à celui qui fut une figure importante de cette génération et du football de Hahaya.
Ce souhait est le mien. Il est né de mes souvenirs d’enfance, de mon admiration pour cette génération et de la place qu’elle occupe dans nos mémoires.
De Hahaya à Moroni
Hasmed poursuit parallèlement son parcours dans les tournois de Moroni et de ses régions. Il rejoint notamment le Dawedjou de Moroni, avec lequel il remporte en 1990 une finale au stade AJAO face à l’Étoile Filante d’Irungoudjani.
Dans la foulée, il est recruté par Youssouf Asmakou au Papillon Bleu, où il joue pendant deux saisons, de 1990 à 1992.
Athletic : quand le joueur devient bâtisseur
En décembre 1991, avec son ami Alhamid, Hasmed fonde l’Athletic Club de Hahaya.
Le club devient rapidement bien plus qu’une équipe : une famille, une identité et une école de vie. Plusieurs titres et trophées viennent récompenser cette aventure, dont celui de EMA.
Athletic avait sa manière de jouer.
Mais surtout, Athletic avait sa manière de vivre le football.
Madagascar et les Comores
En 1994, Hasmed part à Madagascar pour ses études et évolue parallèlement à Sirama de Namakia, en première division à Majunga.
En 1998, il devient capitaine des Comores lors des tournois universitaires de Tamatave. Son équipe dispute trois finales : deux remportées et une perdue.
Du jeune défenseur des Mikazo au capitaine des Comores dans les tournois universitaires à Madagascar, le parcours est remarquable.
Mais au-delà des clubs, des finales et des trophées, Hasmed Hassani représente surtout une partie de la mémoire footballistique de Hahaya et de Trouhourouni.
Et pour ceux qui, enfants, se dépêchaient d’aller voir les maillots du Genius Club, il reste le souvenir d’une génération qui faisait rêver.
Il ne s’agissait pas seulement de regarder des joueurs.
Nous regardions naître une génération.
Et parmi eux, il y avait un nom :
HASMED HASSANI
✍🏿 M’roivili Djoumoi Kemal