24/02/2021
23 février 2005 : Décès de l’ancien président Said Mohamed DJOHAR
Né à Majunga le 22 août 1918, Said Mohamed Djohar est nommé instituteur en 1946 à Sima Anjouan, avant d’être élu au Conseil général.
Durant l’autonomie interne, il participe à plusieurs gouvernements présidés par Cheikh.
En 1972, il a occupé durant une courte durée le poste de président de la chambre des députés, avant de s’installer à Madagascar comme représentant des Comores. A l’assassinat d’Ahmed Abdallah en 1989, Djohar devient président par interim avant d’être élu chef de l’Etat comorien le 11 mars 1990.
La présidence de Djohar a fait l’objet de plusieurs déstabilisations.
Le 14 juillet 1991, Djohar se rend à la "Garden Party" à l’ambassade de France à Moroni, à l’occasion de la fête nationale française, un déplacement qui lui a valu la réprobation de l’opinion publique. Le 3 août de la meme année, le président de la Cour Suprême prononce la destitution du président Djohar pour «incapacité».
En 1992, des soldats de l’armée ont fomenté une tentative de coup d’état et une rébellion est née, dirigée par des elements de l’Ex Garde Présidentielle dont SAID Mohamed LAVA.
Au niveau politique, Said Mohamed Djohar favorisera la signature du pacte issu de la Conférence de Reconciliation Nationale entre 21 partis et organisations politiques des Comores. En novembre 1991, il entame des discussions en France avec l’Union de l’oppsition et rentre aux comores accompagné de Mohamed Taki, après un exil volontaire de celui-ci.
En juin 1993, Djohar dissout le parlement et ordonne de nouvelles elections qui porteront Said Abdallah Mchangama à la présidence de l’Assemblée Fédérale.
"Papa Djo" a contribué au désenclavement de plusieurs régions du pays par la construction de plusieurs routes. Il s’est approché du guide libyen le Colonel Khaddafi, a permis l’ouverture du pays au monde arabe et l’etablissement des relations avec l’Etat d’israel.
Sa présidence a été également marquée par des scandales politico-financiers dont l’affaire "Inter Trade" et l’affaire "Ashley".
Pour la première fois de l’histoire, il nomme une femme au poste de ministre en la personne de Mme Sittou Raghadat Mohamed.
Dans la nuit du 27 au 28 septembre 1995, Djohar est renversé par un coup d’État dirigé par Bob Denard et ses mercenaires. Il sera conduit à La Réunion dans le cadre de "l’Opération Azalée", lancée par la France.
Il sera de retour en 1996 aux Comores et participe à la première passation de services avec son successeur Mohamed Taki Abdoulkarim.
Le jeudi 23 février 2005, Djohar décède à son domicile de Mitsamiouli à l’âge de 86 ans, trois jours après le début du procès de Bob Denard.