15/11/2025
DIRECTION RÉGIONALE DE LA SANTÉ DU DISTRICT DE BAMAKO
Les cadres sensibilisent sur le ver de Guinée, les morsures de chien et la rage
Dans l’espoir d’éradiquer la dracunculose (ou ver de Guinée) et de lutter efficacement contre les morsures de chien et la rage dans le district de Bamako, une journée d’échanges et d’information à l’intention des cadres locaux de la région sanitaire du district s’est tenue le jeudi 13 novembre 2025 dans la salle de conférence de la Direction régionale de la Santé, sise à N’Tomikorobougou.
Compte tenu de l’importance de la prévention en matière de santé publique, cet atelier était placé sous la haute présidence du Dr Yaya Traoré, représentant la Directrice régionale de la Santé du district de Bamako, en présence de la représentante de l’OMS, également déléguée de la Coopération espagnole, Dr Tako Ballo.
L’atelier s’articulait autour du thème central : « Sensibilisation sur le ver de Guinée, les morsures de chien et la rage ».
Dans cette dynamique, les cadres de la région sanitaire du district de Bamako, notamment ceux de la Direction régionale de la Santé, des Services vétérinaires, des Eaux et Forêts, de la Police nationale, de la Protection civile ainsi que la Cellule de lutte contre la dracunculose, se sont réunis pour échanger sur ces deux fléaux qui continuent de préoccuper les plus hautes autorités du pays. Celles-ci ont d’ailleurs pour mot d’ordre : éradiquer ces maladies d’ici 2030 sur toute l’étendue du territoire national.
Dans ce cadre, les cadres locaux de la Direction régionale de la Santé, en collaboration avec les partenaires de l’OMS et de la Coopération espagnole, ont organisé cette journée placée sous le concept « Une seule santé / One Health ». L’objectif était non seulement d’éliminer définitivement le ver de Guinée à Bamako, mais aussi de prévenir les morsures de chien et la rage.
Cette rencontre a permis aux participants d’échanger en profondeur sur les tenants et les aboutissants de ces deux maladies à déclaration obligatoire.
Bien qu’aucun cas humain de dracunculose n’ait été enregistré au Mali depuis quatre ans, la maladie persiste encore sous forme d’infections animales.
Concernant la rage, causée par la morsure de chiens, elle demeure une maladie mortelle et dangereuse pour l’être humain. Mieux vaut la prévenir que la guérir.
Selon le Dr Naman Keïta, la première action de prévention est la vaccination des chiens. Il a invité les populations à se rendre rapidement dans les services de santé les plus proches, notamment les CSRéf, en cas de morsure. Il a rappelé que le vaccin est disponible et gratuit dans les structures indiquées.
Pour sa part, le représentant de la Directrice régionale de la Santé, Dr Yaya Traoré, a souligné que la rage est une infection douloureuse et préoccupante à plus d’un titre. Il a déploré la prolifération des chiens errants dans le district, surtout dans les quartiers périphériques, rappelant que leurs morsures constituent la principale source de contamination. Une situation qui, selon lui, mérite d’être prise à bras-le-corps. Il a par ailleurs félicité l’ensemble des participants pour leur intérêt à cette journée « Une seule santé / One Health ».
Quant à la représentante de l’OMS, Mme Tapo, elle a indiqué que la rage et le ver de Guinée demeurent des maladies encore préoccupantes à travers le monde. Plus de 60 000 décès dus à la rage sont enregistrés chaque année à l’échelle mondiale, et Bamako ne fait pas exception, a-t-elle souligné. En effet, près de 300 cas de morsures ont été signalés en 2024, alors même que cette maladie est évitable.
Concernant la dracunculose, Mme Tapo a précisé qu’elle est à un doigt d’être éradiquée à Bamako, le taux d’infection étant en nette régression à tous les niveaux.
Toutefois, a-t-elle ajouté, ces deux maladies, bien que différentes par leurs modes de transmission et leurs impacts, touchent toutes deux les populations les plus vulnérables, souvent dans des zones où l’accès à l’eau potable, aux soins et à l’information reste limité.
Poursuivant son intervention, Mme Tapo a insisté sur la nécessité d’une surveillance intégrée des cas humains et animaux, ainsi que sur la gestion des populations animales et des déchets pour réduire les risques de transmission.
Rappelant l’objectif de cette journée, elle a réaffirmé l’engagement indéfectible de l’OMS à accompagner le Mali, et particulièrement le district de Bamako, dans ses efforts de lutte contre ces maladies négligées.
L’ambition est double : éliminer la rage d’ici 2030, conformément à l’initiative mondiale « Zéro décès humain dû à la rage », et éradiquer définitivement le ver de Guinée, en maintenant la vigilance et en renforçant l’accès à l’eau potable.
Pour conclure, Mme Tapo a déclaré qu’il est possible, dans la logique « One Health / Une seule santé », de bâtir un avenir où plus aucun enfant ne meurt de la rage et où la dracunculose ne sera plus qu’un souvenir historique.
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