03/12/2025
🛑Guinée-Bissau| l’ex-président Umaro Sissoco Embaló s’envole pour Rabat, trois jours après le putsch.
Il n’aura passé que quelques jours dans l’œil du cyclone. Umaro Sissoco Embaló, président déchu de Guinée-Bissau depuis le coup d’État militaire du 26 novembre, a quitté ce matin le Congo-Brazzaville pour le Maroc, cette fois-ci, semble-t-il, pour de bon.
Selon des sources concordantes à Brazzaville et à Rabat, l’ancien chef de l’État a décollé de l’aéroport international Maya-Maya à 9 heures précises à bord d’un Falcon 7X affrété spécialement, en direction de la capitale marocaine. Il était accompagné d’une douzaine de proches : membres de sa famille, anciens conseillers et quelques fidèles de son parti, le Madem-G15.
L’ex-président avait atterri à Brazzaville dans la nuit du vendredi 29 au samedi 30 novembre, moins de 48 heures après avoir fui Bissau pour Dakar. Son bref passage au Sénégal avait tourné court : irrité par les déclarations cinglantes du Premier ministre Ousmane Sonko, qui avait qualifié le putsch de « mascarade » et dénoncé des « combines souterraines » avec l’armée, Embaló avait préféré filer vers le Congo, où Denis Sassou Nguesso lui avait ouvert les portes de la résidence présidentielle de Mpila.
Mais Brazzaville n’était qu’une étape. Ce mercredi matin, après une ultime nuit dans la capitale congolaise, le convoi blindé qui l’escortait a filé droit vers l’aéroport. Aucun discours, aucune déclaration. Juste un départ discret, presque furtif.
« Il sait qu’il y sera en sécurité, loin des pressions de la CEDEAO et de l’Union africaine », selon un diplomate ouest-africain en poste à Rabat. « Le Maroc a l’habitude d’accueillir des dirigeants déchus avec discrétion et efficacité. »
Umaro Sissoco Embaló a balayé d’un revers de main les accusations selon lesquelles il aurait lui-même orchestré le coup d’État avec le général Horta N’Tam, aujourd’hui président de transition.
« Tout ça, ce sont des fake news ! » a-t-il lancé, la voix rauque.