27/04/2026
Dans l’épreuve, restons debout
Kidal, Kati, Bamako, Sévaré, Gao, Mopti… En quelques heures, la terreur a frappé nos villes, nos camps, nos familles. Des attaques multiformes, sur plusieurs fronts, pour briser notre moral et diviser notre Nation.
Aujourd’hui, le Mali saigne. Et nous saignons avec lui.
Aux familles qui ont perdu un père, une mère, un enfant, un frère d’armes : aucune parole ne peut combler le vide. Mais sachez-le : votre douleur est la douleur de tout un peuple. Vos morts ne sont pas des chiffres. Ce sont nos morts. Leurs noms sont gravés dans la chair du Mali.
Aux blessés qui luttent sur un lit d’hôpital : votre courage force notre respect. Le pays tout entier prie pour votre rétablissement. Vous êtes la preuve vivante que le Mali refuse de plier.
Aux Forces Armées et de Sécurité qui tiennent le front malgré l’adversité : vous êtes notre rempart. Dans la nuit que nous traversons, vous êtes la lumière qui refuse de s’éteindre. Le peuple vous voit. Le peuple vous soutient. Le peuple vous doit.
Chers concitoyens,
L’ennemi a choisi la terreur pour nous faire douter. Il a frappé dans plusieurs localités, pour nous faire croire que nous sommes seuls. Les vérités seront établies pour l'histoire, sur comment cela a pu se produire. Mais Il s’est trompé.
Dans chaque région touchée, des Maliens ont ouvert leurs portes aux voisins en fuite.
Car dans chaque hôpital, des agents de santé soignent, sans demander une ethnie.
Car dans chaque village, des prières s’élèvent dans toutes les langues, vers le même Dieu, pour le même Mali.
La force du Mali, ce ne sont pas ses armes. C’est son peuple.
C’est ce vieux de Mopti qui partage son mil avec un déplacé de Gao.
C’est cette femme de Kati qui soigne le fils d’un soldat tombé à Gao.
C’est ce jeune de Bamako qui refuse la haine et choisit la solidarité, la paix et le progrès.
Ne cédons pas à la panique. La panique est le premier objectif des terroristes.
Ne cédons pas à la division. La division est leur victoire.
Restons unis. Restons debout. Restons Maliens.
Séchez vos larmes, mais gardez la mémoire.
Pleurez vos morts, mais honorez-les en continuant de vivre, de travailler, d’espérer, de bâtir.
C’est cela, la plus grande défaite que nous infligerons à ceux qui veulent notre chute.
Que Dieu apaise les cœurs meurtris.
Que Dieu guérisse les corps blessés.
Que Dieu fortifie les âmes qui doutent.
Que Dieu protège le Mali, un et indivisible.
Nous sommes en deuil, mais nous ne sommes pas vaincus.
Nous sommes frappés, mais nous resterons debout.
Vive le Peuple Malien.
Vive le Mali.
Dr Youssouf Diawara