15/05/2026
𝗕𝗔𝗡𝗗𝗜𝗔𝗚𝗔𝗥𝗔 : 𝗘𝗡𝗧𝗥𝗘 𝗣𝗘𝗨𝗥, 𝗖𝗢𝗟𝗘̀𝗥𝗘 𝗘𝗧 𝗜𝗡𝗖𝗘𝗥𝗧𝗜𝗧𝗨𝗗𝗘,
La région de Bandiagara traverse aujourd’hui une périodes inquiétantes. Alors que les habitants espéraient un retour progressif de l’accalmie, les attaques armées ont repris dans plusieurs localités du cercle et de la région, replongeant les populations dans la peur et l’incertitude.
Ces dernières semaines, plusieurs villages ont été frappés par des violences meurtrières. Les habitants vivent désormais avec une seule question en tête : où aura lieu la prochaine attaque ? Dans les marchés, les grins, les familles et même dans les cérémonies, les discussions tournent autour de l’insécurité devenue le principal sujet de préoccupation.
À Bandiagara, la peur se lit sur les visages. Les déplacements deviennent difficiles sur certains axes routiers. Des familles limitent leurs voyages par crainte d’embuscades. Dans plusieurs villages, les activités agricoles et commerciales tournent au ralenti, aggravant davantage une situation économique déjà fragile.
À quelques semaines de la fête de la Tabaski, la colère monte aussi au sein de la population. Beaucoup de familles affirment ne plus avoir les moyens de préparer dignement cette grande fête musulmane. Le prix des denrées augmente, les activités économiques sont paralysées et plusieurs ménages peinent même à assurer les besoins quotidiens.
Dans les marchés, certains commerçants parlent d’une baisse importante des clients et des échanges. Des éleveurs hésitent à déplacer leurs animaux à cause de l’insécurité sur les routes. Pour de nombreuses familles, acheter un mouton pour la Tabaski devient presque impossible cette année.
Au-delà des difficultés économiques, c’est aussi le moral des populations qui est profondément touché. Entre les deuils, les déplacements de populations, les rumeurs d’attaques et l’incertitude du lendemain, beaucoup d’habitants expriment un sentiment d’abandon et de fatigue.
Malgré tout, plusieurs voix appellent à éviter les amalgames et les discours de haine entre communautés. Des leaders religieux, des jeunes et des acteurs de la société civile rappellent que la crise actuelle ne doit pas détruire le vivre-ensemble historique entre les populations du plateau dogon, du Séno et des autres localités de la région.
Car aujourd’hui, au-delà des armes et des attaques, c’est aussi la cohésion sociale qui est menacée. Beaucoup estiment que seule l’unité, la justice et un véritable retour de la confiance entre populations et autorités permettront de sauver la région d’une crise encore plus profonde.
Pendant ce temps, à Bandiagara, la population continue de vivre entre peur, colère et espoir… dans l’attente de jours meilleurs.