25/11/2025
Pénurie de carburant : Le DG des Douanes, l’Inspecteur Général Amadou Konaté lève le voile sur les zones d’ombre
L'homme prend la parole rarement. Mais quand il s'exprime, le peuple sent la fin des difficultés. Ainsi, lors de la visite du Ministre du Commerce et de l’Industrie, M. Moussa Alassane Diallo au Bureau des Produits pétroliers des Douanes, ce 24 Novembre, le Directeur Général des Douanes, l'inspecteur Général Amadou Konaté, en face des journalistes, a mis en lumière le processus d'acheminement du carburant au Mali et le résultat engrangé, de nos jours. À en croire le Général Konaté, la crise sera très bientôt derrière nous, compte tenu des efforts fournis par ses services. Il a donné plusieurs explications également sur les recettes douanières et autres.
Le patron des soldats de l’économie malienne a voulu répondre aux terroristes et à leurs sponsors étatiques à travers un entretien exclusif qu’il a accordé à la presse nationale. D’après lui, l’idée de s’attaquer aux actes d’approvisionnement a été inspirée par les parrains des groupes armés terroristes. Lesquels ont voulu déstabiliser le Mali. A ses dires, les mois de septembre et d’octobre ont été très durs pour les opérateurs économiques et les douanes maliennes. Saluant la résilience du peuple malien ainsi que les instructions pertinentes données par les plus hautes autorités du pays, il a mis l’accent sur l’implication coordonnée de l’ensemble des directeurs centraux de tous les services ; l’accompagnement, le patriotisme et le partenariat des opérateurs économiques. « Ce mois de novembre, on note un léger mieux. Ce mois de novembre a été un mois exceptionnel pour nous en termes de volume de produits pétroliers importés, du nombre d’escortes avec un minimum de pertes et les recettes douanières », a indiqué le DG, insistant sur le partenariat et l’engagement patriotique des opérateurs économiques. D’où cette précision : « Malgré leurs avantages au niveau du code des douanes pour mettre certaines importations dans les entrepôts, ils ont décidé avec le Bureau des produits pétroliers, depuis le début de la crise, de mettre toutes les citernes en droiture, c’est-à-dire, oublier les avantages pour aller avec l’Etat malien ». Poursuivant son propos, l’inspecteur général a maintenu que l’engagement des opérateurs d’amener tout en droiture a eu un impact d’un milliard sur les résultats du Bureau des produits pétroliers. Cela, pendant ce mois de novembre. Et de rappeler que les difficultés de l’escorte ont empêché la liquidation de près de 42,2 millions de litres au mois d’octobre. Un volume qui, dit-il, a été liquidé en novembre avec un impact de 19 milliards.
Quand la bravoure des acteurs se solde par des résultats tangibles
Vice-Président de l’OMA-AOC qu’il reste, le responsable fera également part du bilan de 10 convois qui ont pu être assurés avec moins d’incidents. Ainsi, dit-il, près de 117 millions de litres ont été importés pendant ce mois. Ce qui établit un potentiel de carburant disponible pour les populations et les industries, voire un niveau élevé des recettes douanières. « Avec le ministre de l’Industrie et du Commerce, dit-il, nous avons vérifié l’état de mise en œuvre du dernier protocole signé. Il faut saluer encore le Bureau du Pétrole. Depuis la signature du protocole, sur 114 citernes, 110 sont sorties avant le délai. Le code des douanes est dur, mais il est en même temps souple ». Et d’ajouter que ce code, dans certaines de ses dispositions, permet aux opérateurs économiques de faire des déclarations par anticipation ce, si les documents sont probants. Si la douane gère le risque, il n’y a aucun problème. Avant les 24 heures prévues dans le protocole, ils(opérateurs) ont la possibilité de déclarer, a-t-il annoncé.
Appel du DG à casser les files d’attentes au niveau des stations-service
En clair, l’homme au parcours exceptionnel a appelé à casser les interminables files d’attentes au niveau des stations-service, incompréhensibles au regard des volumes importés et de l’accélération des procédures au niveau du Bureau des Produits pétroliers. Dans ses explications, il ressort que le potentiel du volume qui est présentement obtenu dépasse la moyenne du volume de la consommation du pays en temps normal. C’est partant de cette logique que le DG a appelé à lutter contre la surenchérie, les fraudes et les tentatives de détournement après dédouanement et less stockages clandestins. La riposte du gouvernement a été vigoureuse et coordonnée dans un mouvement d’ensemble des Douanes et des autres services pour, précise-t-il, apporter des réponses appropriées à la crise. Via cet entretien de près de 30 minutes, il dira que des réunions de crise ont eu lieu au niveau de la Primature. S’y ajoutent la présence effective des membres du gouvernement sur le terrain, les campagnes de communication et de sensibilisation... « Au-delà, il faut saluer toutes les mesures prises au niveau du cordon douanier conformément aux instructions des plus hautes autorités ».
Des mesures salutaires visant à endiguer la crise
Dans son intervention, le DG s’est appesanti sur l’ouverture du bureau du pétrole 24h/24h ; la prise de différentes notes de services pour implémenter les lieux de dépotage et d’approvisionnement de toutes les localités du pays ; la prise en charge des citernes escortées... « Le directeur général des douanes que je suis, pousse le Bureau des produits pétroliers à ses limites », va-t-il fait savoir. Et de se réjouir de l’acquisition de 42,2 millions de litres qui avaient été bloqués pendant le mois d’octobre, mais finalement liquidés en novembre. « En novembre, on a enregistré dix convois contre huit en octobre, et deux en septembre. Ce qui nous a donné un volume global de plus de 117 millions de litres contre une moyenne en temps normal de 80 à 82 millions de litres », a-t-il conclu.
Abdramane Samaké
Mandé Info