20/12/2025
🔵 CES PDG QUI N'ONT RIEN COMPRIS À LA GESTION DE L'OFFICE DU NIGER
L’Office du Niger, fleuron de l’agriculture irriguée au Sud du Sahara, a vu passer 11 PDG Présidents-Directeurs Généraux depuis sa réorganisation en 1994.
Si depuis ce nouvel Office du Niger, certains PDG ont marqué positivement l’histoire de cette structure stratégique, d’autres s’y sont tristement distingués.
Quatre anciens PDG se retrouvent ou se sont retrouvés aujourd’hui au banc des accusés, au propre comme au figuré.
Ils ont en commun une incompréhension manifeste de la mission de service public de l’Office et une gestion qualifiée de prédatrice par de nombreux observateurs mais surtout des structures étatiques de contrôle qui les ont épinglé à titre personnel !
1. Kassoum Denon : la confusion des genres
Nommé en janvier 2010, il quitte la tête de l’Office en juillet 2011. Son passage, aussi court que retentissant, est entaché de scandales de marchés surfacturés, notamment au bénéfice de son entourage proche.
Le cas emblématique : l’attribution directe de marchés à son beau-fils. Le mélange des genres, l’absence de transparence et le népotisme auront été les marques d’une gestion négligente, documentée par l'autorité de régulation des marchés transmis au niveau du Pôle économique et financier.
2. Mamadou M’Baré Coulibaly : une saignée fiscale
Entre 2016 et 2020, l’Office change de visage... mais pas de trajectoire.
Sous Mamadou Mbare Coulibaly, l’institution s’engouffre dans une stratégie de contournement fiscal pour en dilapider les subventions y afférents ; ainsi que de recours à des prestataires douteux. Les recettes de l’Office s’amenuisent tandis que les dépenses explosent. Son passage est aujourd’hui au cœur des limiers du pôle économique.
3. Abdoul Karim Konaté dit Empé : le roi de la com
Arrivé en grande pompe en 2020, Abdoul Karim Konaté laisse derrière lui un goût amer.
Si sa communication faisait florès (248 millions injectés en un an dans plus de 90 contrats médiatiques), la gestion réelle était loin d’être aussi reluisante avec des recrutements à la pelle et le carburant distribué à tout vent qu'on lui demande de justifier.
Selon le Vérificateur Général, plus d’un milliard de francs CFA seraient à justifier. L’homme qui voulait redorer l’image de l’Office l’a plutôt plongé dans une opacité renforcée.
4. Badara Aliou Traoré : le passage en force
Dernier sur la liste, mais pas le moindre. Nommé en mars 2024, il est démis de ses fonctions en novembre 2025. En à peine 20 mois, il s’est lui aussi signalé par des décisions contestées : recrutements massifs, dépenses sans lien direct avec les missions de l’Office, et surtout une tentative de manipulations financières en toute illégalité, alors que son décret de nomination était déjà abrogé. Le tout alors que le Ministre de l’Agriculture venait de lui notifier formellement la cessation de ses fonctions.
Leçon non retenue de chez les 7 autres PDG
Ces quatre PDG ont en commun un profond décalage entre leurs actes et l’éthique de gestion que requiert une structure aussi stratégique que l’Office du Niger.
Là où d'autres ont compris qu’une gestion sobre, technocratique et centrée sur les missions rurales était la clé, eux ont vu une "vache laitière".
Ils n’ont rien appris de ceux qui les ont précédés (Fernand Traoré, Nancoma Keita, Issoufou Keita, Seydou Idrissa Traoré, Amadou Boye Coulibaly, Ilias Dogoloum Goro et Boubacar Sow), rien compris des signaux d’alerte laissés par la justice, la presse ou les partenaires techniques.
Aujourd’hui, la leçon est claire : il ne suffit pas d’occuper un fauteuil prestigieux pour incarner une vision. Et l’Office du Niger (la dernière mamelle restante de Ségou et du Mali) ne saurait être le terrain de jeu de dirigeants peu scrupuleux, venus en vacances pour se la fêter, dans un MALIKOURA exigé par le Président de la Transition, le Général d'Armée Assimi Goita, car ce sont des milliers de personnes qui ont posé l'édifice depuis 93 ans aujourd'hui !
Moustaph Maiga (Le Cactus Malien)