03/06/2026
𝗣𝗮𝗿𝗹𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 : 𝗾𝘂𝗶𝗻𝘇𝗲 𝗲́𝗹𝘂𝘀 𝗴𝗼𝘂𝘃𝗲𝗿𝗻𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁𝗮𝘂𝘅 𝗮𝗯𝘀𝗲𝗻𝘁𝘀, 𝗱𝗼𝗻𝘁 𝗰𝗶𝗻𝗾 𝗺𝗶𝗻𝗶𝘀𝘁𝗿𝗲𝘀, 𝗯𝗲𝗮𝘂𝗰𝗼𝘂𝗽 𝗲𝗻 𝗺𝗶𝘀𝘀𝗶𝗼𝗻 𝗮̀ 𝗹’𝗲́𝘁𝗿𝗮𝗻𝗴𝗲𝗿
𝙋𝙖𝙧 𝙅𝙖𝙨𝙫𝙞𝙣 𝙎𝙤𝙠 𝘼𝙥𝙥𝙖𝙙𝙪
La séance parlementaire de ce mardi 2 juin a été dominée par plusieurs dossiers majeurs. D’abord la 𝘗𝘳𝘪𝘷𝘢𝘵𝘦 𝘕𝘰𝘵𝘪𝘤𝘦 𝘘𝘶𝘦𝘴𝘵𝘪𝘰𝘯 (PNQ) du leader de l’opposition, Joe Lesjongard, adressée au Premier ministre, Navin Ramgoolam, sur le fléau de la drogue synthétique. Puis sont venues la 𝘗𝘳𝘪𝘮𝘦 𝘔𝘪𝘯𝘪𝘴𝘵𝘦𝘳’𝘴 𝘘𝘶𝘦𝘴𝘵𝘪𝘰𝘯 𝘛𝘪𝘮𝘦 (PMQT) et les questions destinées aux différents ministres.
Mais l’un des moments les plus attendus de la journée restait le débat et l’adoption du 𝘊𝘰𝘯𝘴𝘵𝘪𝘵𝘶𝘵𝘪𝘰𝘯 𝘙𝘦𝘷𝘪𝘦𝘸 𝘊𝘰𝘮𝘮𝘪𝘴𝘴𝘪𝘰𝘯 𝘉𝘪𝘭𝘭, un texte présenté comme une réforme d’envergure. Ce projet de loi vise à instituer une Commission de révision constitutionnelle appelée à examiner et recommander des changements à la Constitution mauricienne. Un exercice que le Premier ministre lui-même a qualifié d’important pour l’avenir institutionnel du pays.
Pourtant, alors que ce texte majeur était débattu au Parlement, un autre élément a retenu l’attention dans l’hémicycle : le nombre inhabituellement élevé de sièges vides du côté gouvernemental.
𝗗𝗲𝘀 𝗯𝗮𝗻𝗰𝘀 𝗶𝗻𝗼𝗰𝗰𝘂𝗽𝗲́𝘀 𝗽𝗮𝗿𝗺𝗶𝘀 𝗹𝗮 𝗺𝗮𝗷𝗼𝗿𝗶𝘁𝗲́
Dès le début de la PNQ, alors que Navin Ramgoolam entamait sa réponse, les nombreux sièges inoccupés parmi les élus de la majorité ne sont pas passés inaperçues. Plus de quinze parlementaires étaient absents mardi, parmi lesquels cinq ministres.
La situation a d’ailleurs été indirectement relevée par la Speaker de l’Assemblée nationale. À l’issue de la PNQ, juste avant le début de la PMQT, Shirin aumeerudd-Cziffra a lancé : « 𝘐 𝘢𝘮 𝘸𝘢𝘪𝘵𝘪𝘯𝘨 𝘵𝘰 𝘬𝘯𝘰𝘸 𝘸𝘩𝘰 𝘦𝘭𝘴𝘦 𝘸𝘪𝘭𝘭 𝘣𝘦 𝘳𝘦𝘱𝘭𝘺𝘪𝘯𝘨 𝘵𝘰 𝘰𝘵𝘩𝘦𝘳 𝘲𝘶𝘦𝘴𝘵𝘪𝘰𝘯𝘴 𝘧𝘰𝘳 𝘔𝘪𝘯𝘪𝘴𝘵𝘦𝘳𝘴 𝘸𝘩𝘰 𝘢𝘳𝘦 𝘢𝘣𝘴𝘦𝘯𝘵 », car cinq ministres absents du Parlement c’est très rare.
Une remarque qui a provoqué quelques sourires dans l’hémicycle, mais qui traduit également une réalité peu commune : plusieurs ministres appelés à répondre aux questions parlementaires n’étaient tout simplement pas présents.
𝗟𝗲 𝗰𝗼𝗻𝘁𝗿𝗼̂𝗹𝗲 𝗱𝗲𝘀 𝗺𝗶𝘀𝘀𝗶𝗼𝗻𝘀 𝗮̀ 𝗹’𝗲́𝘁𝗿𝗮𝗻𝗴𝗲𝗿 𝗲𝗻 𝗾𝘂𝗲𝘀𝘁𝗶𝗼𝗻
Selon les explications officielles, la majorité des absents se trouvaient en mission à l’étranger. Une justification qui soulève néanmoins certaines interrogations.
En effet, il y a quelques mois à peine, le Premier ministre avait affirmé au Parlement qu’il exerçait un contrôle strict sur les déplacements officiels des membres de son gouvernement. Or, la séance de mardi donne l’impression inverse : plusieurs ministres, des 𝘫𝘶𝘯𝘪𝘰𝘳 𝘮𝘪𝘯𝘪𝘴𝘵𝘦𝘳𝘴 et même certains députés étaient simultanément hors du pays alors qu’un projet de loi présenté comme historique était inscrit à l’agenda parlementaire. Mais, surtout, les discours des dirigeants de l’Alliance du Changement étaient très attendus.
Parmi les absents figuraient notamment le ministre du Travail, Reza Uteem, en mission à Genève, ainsi que le ministre de l’Énergie, Patrick Assirvaden, en déplacement en Indonésie. Le ministre de l’Éducation se trouvait à Rodrigues pour des consultations liées au secteur éducatif, tandis que le ministre des Transports, Osman Mahomed, était en pèlerinage à La Mecque.
Richard Duval constitue un cas particulier. Présent au pays, le ministre du Tourisme ne s’est toutefois pas rendu ni au bureau ni au Parlement mardi, vraisemblablement pour des raisons de santé.
Quant au député Kevin Lukeeram, son absence s’explique par le décès récent de sa mère, dont les funérailles sont prévues ce mercredi.
𝗠𝗲̂𝗺𝗲 𝗹𝗲𝘀 𝗷𝘂𝗻𝗶𝗼𝗿 𝗺𝗶𝗻𝗶𝘀𝘁𝗲𝗿𝘀 𝗲𝗻 𝗱𝗲́𝗽𝗹𝗮𝗰𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁
Les absences ne se limitaient pas aux ministres. Le 𝘫𝘶𝘯𝘪𝘰𝘳 𝘮𝘪𝘯𝘪𝘴𝘵𝘦𝘳 au Tourisme, Sydney Pierre, se trouve au Mozambique. Fawzi Allymun, des Collectivités locales, est lui aussi en mission à l’étranger.
Le leader des Nouveaux Démocrates, Khushal Lobine, était également absent de l’Assemblée, étant souffrant. Cette accumulation d’absences a alimenté les commentaires dans les couloirs du Parlement.
𝗨𝗻𝗲 𝘀𝗶𝘁𝘂𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗶𝗻𝗵𝗮𝗯𝗶𝘁𝘂𝗲𝗹𝗹𝗲
Certains observateurs et anciens parlementaires interrogés n’hésitent pas à parler d’une situation rarement vue à l’Assemblée nationale. Selon eux, il est exceptionnel que cinq ministres soient absents simultanément lors d’une séance du mardi, traditionnellement considérée comme la plus importante de la semaine parlementaire.
Plus encore, plusieurs anciens élus rappellent qu’à leur époque, les déplacements à l’étranger étaient fortement limités lorsqu’un projet de loi majeur devait être débattu ou adopté. Même lorsqu’aucune majorité qualifiée n’était requise, la consigne était claire : la présence des membres du gouvernement au Parlement devait être privilégiée.
D’où une question qui revient avec insistance : comment expliquer qu’au moment même où le gouvernement défendait une réforme constitutionnelle présentée comme fondamentale, une partie significative de son équipe ministérielle se trouvait hors du pays ?
Une contradiction qui n’est pas passée inaperçue et qui risque d’alimenter davantage les débats sur la gestion des missions officielles au sein du gouvernement.
https://www.scoop.mu/actualite/parlement-en-mission-a-letranger-quinze-elus-gouvernementaux-dont-cinq-ministres-absents/