Aditya Nowbuth

Aditya Nowbuth Civic awareness + real talk. �
Fitness + Politics + Human Rights & Entertainment.

30/04/2026

Si notre système ne change pas, les problèmes vont s’aggraver.

👉 Article complet ici https://www.facebook.com/share/p/18dfQdCAcU/

Joanna Berenger Roshi Bhadain Mopays.com Liberation Moris Defimedia.info L'express Maurice Rama Valayden Dr. Navin Ramgoolam, Prime Minister of Mauritius Paul Raymond Berenger Nawaz Noorbux

Ledikassyon Moris inn fail. Pran 5 mins to letan, Tiek sa Lartik la. (To Perspektiv lor Ledikassyon pou sanze! Pa Bliye ...
28/04/2026

Ledikassyon Moris inn fail.
Pran 5 mins to letan, Tiek sa Lartik la. (To Perspektiv lor Ledikassyon pou sanze! Pa Bliye donn to lopinion dan Komanter !)

Notre Système Éducatif Est En Train de Fabriquer des Fantômes
Voici pourquoi il est temps de tout changer....

Laissez-moi vous poser une question simple.

Vous avez un enfant, ou vous connaissez un enfant, qui passe ses nuits à mémoriser des formules de chimie, des dates d'histoire coloniale, et des théorèmes qu'il oubliera avant même de recevoir son certificat.
Il sort de l'école.
Il sort de l'université.
Et ensuite ?

Il se retrouve dans un bureau à faire un travail qu'un logiciel aurait pu faire en 30 secondes.
Est-ce là le rêve qu'on lui a vendu pendant 15 ans ?

Notre système éducatif ne forme plus des êtres humains. Il fabrique des fantômes, des gens brillants, qui ont travaillé dur, mais qui arrivent dans le monde réel sans savoir communiquer, négocier, créer, ou même simplement se lever le matin avec un but qui leur appartient vraiment.

Je suis un jeune réformiste indépendant.
Je n'ai pas de parti derrière moi.
Je n'ai pas de ministre qui me soutient.
Ce que j'ai, c'est une conviction : Maurice mérite mieux que ça.

Le Problème : Une École Conçue pour un Monde Qui N'Existe Plus

Depuis l'indépendance, notre système éducatif repose sur un héritage colonial que nous n'avons jamais vraiment remis en question.

On a ajouté un peu d'histoire mauricienne par-ci, quelques références locales par-là, mais la structure reste la même : mémoriser, réciter, et être évalué sur votre capacité à reproduire ce que quelqu'un d'autre a pensé avant vous.

En 2026, l'intelligence artificielle peut analyser un rapport de 500 pages en moins de 3 minutes.
Elle peut rédiger un contrat, diagnostiquer une maladie, créer un business plan, et même écrire un article.
Et nous, qu'est-ce qu'on enseigne à nos enfants ?
À mémoriser ce que l'IA fait mieux qu'eux.

"Schools exist in Mauritius and cannot now be closed, but they were better closed than remain monuments of wasted money and useless energy." - Dr. Barteman, Directeur de l'Éducation, 1923.

Cent ans plus t**d, on se pose encore la même question.

Le taux de chômage des jeunes à Maurice est de 19,8% (Banque de Maurice, 2025). Presque 25% des jeunes mondialement ne sont ni en emploi, ni en formation, ni en études. Et chez nous, une bonne partie de ces jeunes ont un diplôme. Le problème n'est pas qu'ils ne travaillent pas assez. Le problème, c'est qu'on ne leur a pas appris les bonnes choses.

Le Mythe du Médecin-Avocat-Ingénieur

On nous a tous raconté la même histoire.
Travaille bien à l'école, deviens médecin ou avocat, et ta vie sera réussie.
C'est la promesse.

Et pendant des décennies, les familles mauriciennes ont tout sacrifié pour cette promesse.

Résultat ?
La moitié de nos ministres sont des juristes.
Et franchement, regardez l'état du pays.
Est-ce que c'est cette Maurice-là que vous avez rêvé ?

Est-ce que vos enfants méritent un système où leur valeur se mesure à leur capacité à réciter la constitution?

Les riches envoient leurs enfants dans des universités privées à l'étranger pour obtenir un diplôme de droit.

Les familles moyennes s'endettent pour payer des cours particuliers.

Et ceux qui n'ont ni l'argent ni les connexions ? On leur dit, avec un sourire poli, qu'ils n'ont pas le niveau.

Ce n'est pas un système d'éducation.

C'est un système de tri social.

Ce Que Je Propose :

Une École Pour l'Être Humain du 21ème Siècle

Je ne viens pas avec des critiques en l'air.
Je viens avec des idées concrètes.
Des réformes qui peuvent commencer dès demain, progressivement, sans tout renverser d'un coup.

Ce que les Mauriciens appellent Sanzman, un changement réel, pas cosmétique.

1. Réformer l'Évaluation - L'Examen ne Peut Plus Être Roi

L'examen écrit représente aujourd'hui 100% de la note finale d'un élève. C'est absurde.

Voici ce que je propose comme nouveau modèle d'évaluation pour le niveau secondaire :
→ Examens écrits : 40% maximum
→ Travaux de projets (avec plan, exécution, présentation) : 25%
→ Heures de service communautaire : 15% (modèle canadien)
→ Sports, activités physiques et bien-être : 10%
→ Activités parascolaires - débat, théâtre, art, musique, rédaction, vidéo : 10%
→ Utilisation éthique de l'IA dans les projets : 10%

Un élève qui sait jouer au football, qui gère son équipe, qui résout des conflits sur le terrain, il développe des compétences de leadership.

Un élève qui fait du théâtre apprend à communiquer, à s'exprimer, à lire les émotions.

Ces compétences valent autant qu'une équation différentielle dans la vraie vie.

2. L'AgriTech dès l'École Primaire

Quand on dit agriculture à Maurice, les gens imaginent quelqu'un avec un sarcloir sous le soleil à 6h du matin.
C'est l'image d'avant.

L'agriculture du 21ème siècle, c'est l'AgriTech, et voici ce que ça veut dire concrètement :

→ Agriculture de précision, capteurs de sol, drones, IA pour optimiser les récoltes

→ Hydroponie et agriculture verticale, cultiver sans sol, dans des espaces urbains

→ Bio-ingénierie, semences durables, contrôle naturel des nuisibles

→ Agri-entreprise, créer et gérer une startup agricole, exporter sur les marchés régionaux

→ Aquaponie, combiner l'élevage de poissons avec la culture hors-sol

Maurice est une île tropicale.
Notre sol est fertile.
Notre soleil est généreux.

Si nous formions nos enfants dès le primaire à ces technologies, dans vingt ans, nous exportons des solutions agricoles au lieu d'importer des légumes du continent.

Et pour cela, pas besoin d'attendre que le gouvernement bouge.

Des agriculteurs, des entrepreneurs, des professionnels peuvent rejoindre un programme de mentorat dans les écoles, être formés à transmettre, et amener le monde réel dans la salle de classe.

3. Sciences Politiques et Communication - Des Citoyens, Pas des Spectateurs

La politique ne doit pas être réservée aux enfants de ministres ou aux familles qui ont des connexions.

Chaque enfant mauricien a le droit de comprendre comment fonctionne son pays, comment les décisions sont prises, et surtout, comment les contester.

Ce que je propose :
→ Un cours de Sciences Politiques et Histoire Politique de Maurice dès le secondaire

→ Le débat comme outil d'évaluation, en anglais, en français, ou en kreol mauricien. Le talent ne doit pas être étouffé par la langue

→ Un cours de Communication, prise de parole en public, écoute active, négociation, storytelling

→ Un programme UPSC-style pour les collegiens qui veulent se spécialiser en gouvernance, avec des projets, des débats, de la rhétorique, de l'économie politique

→ Un Youth Advisory Board dans chaque école, des élèves qui conseillent la direction sur les politiques scolaires

Et le débat dont on parle, ce n'est pas le parlement des jeunes où on choisit les enfants des notables.

C'est un débat ouvert à tous, évalué de façon transparente, annoncé dans la newsletter hebdomadaire de l'école, que chaque élève reçoit, en format vidéo ou écrit, réalisée par les élèves eux-mêmes.

4. L'Intelligence Artificielle. Intégrer, Pas Interdire

Nos enseignants utilisent déjà l'IA pour planifier leurs cours et corriger leurs travaux.

Nos élèves l'utilisent pour faire leurs devoirs. Ignorer ça, c'est ne pas enseigner la réalité.

Ce que je veux, c'est former nos enfants à utiliser l'IA avec intelligence et éthique, pas à en dépendre aveuglément.

L'IA est un outil.

La créativité, le jugement, l'empathie, ça, c'est humain.
Et ça ne sera jamais remplacé.

→ Des experts en IA, il y en a des centaines de Mauriciens qui étudient ces domaines à l'étranger et veulent rentrer, viendraient enseigner dans les écoles

→ Les projets scolaires intégreront l'utilisation éthique de l'IA pour la recherche, la planification, et la présentation

→ L'écriture créative, le storytelling, la pensée critique, ces compétences seront valorisées précisément parce qu'elles ne
peuvent pas être déléguées à une machine

Le Maurice qui refuse l'IA restera en ret**d.
Le Maurice qui l'adopte sans discernement perdra son humanité.
Le Maurice que je veux former saura faire la différence.

5. Le Networking, Une Compétence, Pas un Privilège

À Maurice, pour trouver un bon emploi dans le secteur public, il faut souvent connaître quelqu'un.

Ce n'est pas du networking, c'est du favoritisme (Backing). Et la différence est énorme.

Le vrai networking, c'est une compétence qui s'apprend.
Comment se présenter.
Comment écouter.
Comment construire des relations professionnelles qui durent.
Comment utiliser LinkedIn, assister à des conférences, trouver un mentor.

Si on enseigne ça à nos enfants dès le secondaire, on ne les oblige plus à "unlearner" et réapprendre quand ils cherchent un emploi.

On leur donne les clés du monde réel avant même qu'ils y entrent.

→ Un crédit de mentorat obligatoire, 20 heures par an avec un professionnel dans un domaine non-traditionnel : AgriTech, Fintech, Économie Bleue, Arts, Sport

→ Des micro-hubs d'entrepreneuriat dans chaque college, où les élèves pitchent des projets avec un vrai budget minimal

→ Un matching carrière par IA, analyser les aptitudes de l'enfant dès le primaire, montrer aux parents que leur fils pourrait être un architecte de systèmes de classe mondiale plutôt qu'un avocat médiocre

6. Le Sport, les Arts et la Culture, Pas des Extras, des Fondamentaux
Le football, le basketball, le volleyball, la natation, les arts martiaux, le billard. Ce sont des disciplines qui développent la discipline mentale, le travail d'équipe, la gestion de l'échec, la persévérance.

Des compétences que les recruteurs recherchent.

Le théâtre, la musique, la peinture, la vidéographie, le montage, ce sont des métiers qui emploient des milliers de personnes dans le monde.

À Maurice, on les traite comme des loisirs.
C'est là l'occasion manquée.

Si un élève excelle au basketball mais peine en mathématiques, notre système actuel l'étiquette comme « un cas ». Mon système lui donne une voie, un futur, une dignité.

Ce Que Font les Meilleurs Systèmes du Monde
Je ne réinvente pas la roue.
Je regarde ce qui marche ailleurs et je me demande pourquoi Maurice n'en fait pas autant.

→ La Finlande a développé le cours "Elements of AI", gratuit, accessible à tous, sans barrière technique. Plus d'1,2 million de personnes formées dans le monde.

→ Singapour ne forme plus ses étudiants à la mémorisation. L'initiative SkillsFuture forme aux données, à l'automatisation, et à l'IA éthique. 76% des enseignants utilisent déjà l'IA.

→ La Corée du Sud a revu entièrement son système d'évaluation pour s'éloigner des examens purs et valoriser les compétences pratiques.

→ Le Canada intègre les heures de service communautaire comme condition d'obtention du diplôme secondaire.

→ L'Inde a lancé YUVAi, IA + développement socio-émotionnel pour les 8-12 ans.

→ L'Estonie vise la maîtrise numérique de tous les élèves de 7 à 19 ans d'ici 2030.

Maurice a lancé mytGPT Education en février 2026. C'est un début. Mais un assistant IA dans 8 écoles pilotes, ce n'est pas une réforme. C'est une photo pour les réseaux sociaux.

Ma Vision Si J'Étais au Pouvoir
Si j'étais en poste demain, voici ce que je mettrais en place progressivement :

→ Révision du curriculum dès le primaire > Agriculture, Sciences, Communication, IA, Arts intégrés

→ Formation continue des enseignants > cours en ligne asynchrones le soir et les weekends.

→ Programme de mentorat professionnel > agriculteurs, entrepreneurs, artistes formés pour enseigner dans les écoles

→ Nouveau modèle d'évaluation > examen ≤ 40%, projet, sport, communautaire, parascolaire

→ Newsletter scolaire hebdomadaire > produite par les élèves, en vidéo et en texte

→ Légalisation et industrialisation du cannabis > formation de spécialistes, exportation de fibres, création d'emplois dans le tourisme, la médecine, et l'agro-industrie

→ Youth Advisory Boards > des jeunes de moins de 30 ans qui conseillent les ministères sur la technologie et l'éducation

→ Fonds National d'Innovation > taxe sur les entreprises qui n'emploient que des profils traditionnels, pour financer les jeunes spécialistes en AgriTech, recherche sociale, arts

Ces changements ne se feront pas en un an.
Mais chaque réforme commence par une décision.
Et cette décision-là, je suis prêt à la prendre.

Un Mot pour les Jeunes Mauriciens
Si tu lis ceci et que tu te reconnais dans ces mots.
Si tu as l'impression que le système t'a mis dans une case qui n'est pas la tienne.

Je veux que tu saches une chose : tu n'as pas échoué.
Le système a échoué à te voir.

Et si tu es à l'étranger, à Montréal, à Londres, à Dubaï, en train de te demander pourquoi tu ne peux pas faire chez toi ce que tu fais là-bas, la réponse, c'est qu'il n'y a pas encore eu quelqu'un pour changer les règles.

Je veux être cette personne.
Mais je ne peux pas le faire seul.

J'ai besoin de mentors.
J'ai besoin de gens qui croient que Maurice peut être autre chose. J'ai besoin de toi.

Ensemble, c'est ça le Sanzman.

Mopays.com
Roshi Bhadain
Liberation Moris

Mauritius Labour Party / Le Parti Travailliste Ile Maurice
Dr. Navin Ramgoolam, Prime Minister of Mauritius
Joanna Berenger
Paul Raymond Berenger
Rama Valayden
Madan Dulloo

Très reconnaissant envers L'express Maurice pour la publication de cette tribune sur la réforme de l’éducation à Maurice...
27/04/2026

Très reconnaissant envers L'express Maurice pour la publication de cette tribune sur la réforme de l’éducation à Maurice.

Un sujet qui, selon moi, mérite un débat national plus profond, au-delà des discours, vers des solutions concrètes.

👉 Lien de l’article https://www.facebook.com/share/p/18eEesQNr1/

Vos retours sont les bienvenus.

Mersi pou finn pran not ek fer neseser.Read the full article here > https://www.facebook.com/share/p/17Bdjm42qv/
23/04/2026

Mersi pou finn pran not ek fer neseser.

Read the full article here > https://www.facebook.com/share/p/17Bdjm42qv/

U.S. Deputy Secretary of State Christopher Landau met with Mauritian Foreign Minister Dhananjay Ramful on April 17 in Washington, D.C., to reaffirm the United States’ commitment to peace, prosperity, and strong bilateral ties.

The Deputy Secretary and the Foreign Minister discussed strengthening U.S. trade, investment, and commercial ties with Mauritius, and the vital importance of the facility on Diego Garcia to security in the region.

https://www.state.gov/releases/office-of-the-spokesperson/2026/04/deputy-secretary-landaus-meeting-with-mauritian-foreign-minister-ramful-2/

This is for our nation 🇲🇺And for the youths…To embark on adventures.To take opportunities.To go into business.To go into...
18/04/2026

This is for our nation 🇲🇺

And for the youths…

To embark on adventures.
To take opportunities.
To go into business.

To go into ideas that scare you, but in the end, you will know your worth.

Sea is there.
Land is there.
We have resources.

But yes, it is hard.

Sa system la zamé t'inn fer pou nou.

Inn fer pou certain fami, connexion fami, colon bootlickers, ek pou 1 élitt ki krwar ki zot élitt akoz naissance, la chance fami ena payass pou kapav Al fer bon ledikassyon. (Akoz zot pa bizin fié lor travay)...

(Bon pa tou Dan mem bato la ein)

And Yes Brother and Sister !

We do not have guidance.

Oui zenn ki anvi rentre Dan business, par ekzanp lagrikiltir!
Nou pna mentors...

No real suivi to start businesses like in other countries.

Sometimes we don’t even have mental support from our own family and parents....

This is the unfortunate reality of our country.

But trust me,

I know it will be so so so perverse to utter these words to you zeness !!!

Mais, take the step if needs be.

Go into the adventure of your dreams.
Make your business.
If it fails, you will learn.

And when I say business, I mean, do something that brings value to your friend, your neighbour, your family.

Because by doing so, you are doing something for the country.

Forget the words:
“Hei, bizin vinn avocat ou swa docteur.”

These are easy paths today. Trust me.

But you my friend, you can be one of a kind.

you can be something else.
A builder.
A creator.
A pioneer of our development.
Go for the land.
Go for the sea.

And yes, show them.

Show the ministers, the dynasty, show them how it is done.

Because while the country needs builders,
some are still writing Facebook posts about “trials and tribulations”.

Till then, I wish you, my Mauritian family..
A great weekend in these difficult times.
Better days will come.

We will make sure of that.

Mersi zeness. ✊

16/04/2026

Rs 88,194,796 — c'est ce que SBM doit verser suite au jugement du Privy Council du 13 avril 2026.

Et puisque l'État est actionnaire significatif de cette banque, la question mérite d'être posée : qui paie vraiment ?

Ce n'est pas une attaque. C'est une question de gouvernance. Une question que tout citoyen responsable a le droit de poser.

Lisez l'analyse complète > https://www.facebook.com/share/p/1Lc18mAHrV/

Rs 88,194,796.Oui, ou inn bien lire.SBM bizin paye M. Chandradev Appadoo Rs 88,194,796.Et quand l’État demeure un action...
16/04/2026

Rs 88,194,796.

Oui, ou inn bien lire.

SBM bizin paye M. Chandradev Appadoo Rs 88,194,796.

Et quand l’État demeure un actionnaire significatif de la banque, kestyon ki lepep bizin pozé li simple :

kisannla pou paye sa finalman ?

La réponse, au bout du compte, c’est toujours la même.

Le peuple.
Le contribuable.
Toi. Moi. Nous tous.

Parce que lorsqu’une institution bancaire où l’État est actionnaire significative, se retrouve condamnée à payer une somme aussi colossale, ce n’est jamais “la banque” seule qui paie, au final, c’est le public, c’est l’argent du contribuable, c’est le peuple.

Derrière cette somme, il y a une facture institutionnelle.

Et derrière cette facture institutionnelle, il y a le pays.

Revenons aux faits....

M. Chandradev Appadoo a commencé à travailler à SBM en juin 1980.

Trente-sept ans de carrière.

Il monte les échelons, devient Divisional Leader Finance, siège au conseil d'administration de la banque en tant que membre ex-officio.

En 2017, il est suspendu pour faute grave, des accusations sérieuses liées à deux transactions immobilières importantes, des évaluations foncières et des rapports présentés au Board.

Le comité disciplinaire conclut à la faute.

La banque le licencie.

Jusqu'ici, la logique est claire.

Une institution qui prend des mesures disciplinaires contre un cadre fautif, c'est exactement ce qu'une bonne gouvernance exige.

Mais voilà où l'histoire se complique. Et se révèle.

Pour éviter de verser une indemnité calculée sur 37 ans de service, la banque tente de prouver qu'il existe une rupture de continuité d'emploi de 28 jours en 2012, une sorte de "gap" technique entre deux contrats à durée déterminée.

Si ce gap est établi, le compteur repart à zéro.

Résultat : on ne paie pas sur 37 ans, mais sur 4 ans.

Des dizaines de millions de roupies d'économie.

Stratégique, non ?

Sauf que les tribunaux ont regardé les preuves.

Et les preuves ne tenaient pas.

Personne n'avait informé M. Appadoo que son contrat se terminait 6 jours avant la date contractuellement convenue.

Aucun accord écrit.

Aucune négociation documentée avec l'employé.

Des emails internes, des checklists administratives remplis sans sa signature, des badges désactivés, mais aucune preuve qu'on lui avait dit, en face, que son contrat prenait fin.

Le Judicial Committee of the Privy Council à Londres, dans un arrêt rendu le 13 avril 2026, a tranché : la décision initiale du tribunal industriel était perverse, c'est-à-dire contraire au poids des preuves.

M. Appadoo était bien en emploi continu depuis 1980.

Et la banque doit payer.

Rs 88,194,796.

Mais revenons à une question encore plus fondamentale, celle que ce jugement soulève sans même la nommer explicitement :

Comment une institution bancaire de cette importance en est-elle arrivée là ?

Je ne dis pas qu'il y a eu corruption....

Et ce n'est pas l'objet de cet article.

Mais je pose des questions.

Des questions d'intérêt public.

Quand une évaluation foncière pose problème dans une banque de cette taille, on est en droit de demander :

Qui a validé ?
Qui a contrôlé ?
Qui a signé ?
Qui a supervisé ?

Est-ce une négligence ?

Un manque de contrôle interne ?

Un conflit d'intérêts ?

Une simple incompétence ?

Une manipulation interne pour faire passer une transaction ?

Ces questions ne sont pas des accusations, elles sont le minimum que tout citoyen responsable devrait se poser face à une institution qui gère, directement ou indirectement, l'argent public.

Et puis il y a cette autre question, peut-être encore plus révélatrice.

Comment une institution de cette envergure a-t-elle pu échouer sur les bases mêmes du droit du travail ?

Notification dans les délais légaux.

Respect de la procédure disciplinaire.

Documentation correcte d'une rupture de contrat.

Ce ne sont pas des subtilités juridiques réservées aux spécialistes, c'est ce qu'on apprend dans n'importe quel cours de ressources humaines.

Alors, ki kalité dimounn pe pran desizion laba ?

Sur quels critères recrute-t-on, promeut-on, nomme-t-on dans certaines institutions liées à l'État ?

Le mérite ?

L'expérience ?

La compétence démontrée ?

Ou bien la proximité ?

Le réseau ?

La loyauté politique ?

Je ne réponds pas.

Je vous laisse répondre.

Ce qui me préoccupe, en tant que citoyen, et je pense que cela devrait préoccuper chacun d'entre nous, c'est ce que cette affaire révèle en filigrane sur l'état de nos institutions.

L'ancien régime, pendant des années, a distribué le pouvoir comme on distribue des faveurs.

Des nominations faites non pas pour renforcer les institutions, mais pour récompenser des fidélités.

Des conseils d'administration peuplés de profils choisis pour leur complaisance plutôt que leur compétence.

Des mécanismes de contrôle interne affaiblis, non pas par accident, mais parce qu'un contrôle trop rigoureux gêne ceux qui ont des intérêts à protéger.

Et maintenant ?

Maintenant, les conséquences arrivent.

Pas sur ceux qui ont pris les décisions.

Pas sur ceux qui ont présidé à cette culture.

Ils sont partis, certains avec leurs retraites dorées, leurs connexions préservées, leurs privilèges intacts.

C'est l'institution qui trinque.
Et derrière l'institution, c'est nous.

Lord Acton l'avait dit il y a plus d'un siècle :

"Power tends to corrupt, and absolute power corrupts absolutely."

Ce n'est pas une belle phrase pour discours de fin d'année.

C'est une loi sociologique aussi réelle que la gravité.

Quand on donne le pouvoir à des incompétents protégés par des réseaux politiques, quand on ferme les yeux sur les failles de gouvernance parce que "c'est notre bord", quand on confond loyauté partisane et compétence institutionnelle, on ne compromet pas seulement une banque.

On compromet la confiance de tout un peuple dans ses institutions.

Rs 88,194,796.

Ce chiffre n'est pas qu'un verdict juridique.

C'est une facture.

Une facture envoyée à la nation pour des années de mauvaise gouvernance, de nominations douteuses, de contrôles absents.

Les erreurs se paient toujours.

La seule question, c'est par qui.

Et à Maurice, la réponse est presque toujours la même.

Par nous.

Nawaz Noorbux
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