14/05/2026
: Le Mouvement des Étudiants Plasticiens célèbre son premier anniversaire sous le signe de l'art et de la mémoire
, – Le hall du Pavillon A a vibré, ce mercredi 13 mai, au rythme de la création. Le Mouvement des Étudiants Plasticiens de l'Université Cheikh Anta Diop (UCAD) y a organisé une exposition d'envergure pour célébrer son premier anniversaire. Un événement artistique à vocation universitaire qui a su transformer l'espace social en une galerie à ciel ouvert.
L’hommage à Abdoulaye Bâ : l’œuvre vedette
Au cœur de l'exposition, un tableau a particulièrement capté l'attention : le portrait d'Abdoulaye Bâ, l'étudiant en médecine tragiquement décédé lors des dernières violences au sein du campus social. Jean Waly, alias « John Art », l’auteur de ce portrait, revient sur sa motivation : « J'ai choisi de peindre ce portrait pour immortaliser la mémoire de notre frère Abdoulaye. Je l'ai fait avec le cœur, en travaillant sans relâche pendant 48 heures. » Sur la toile, le défunt est représenté en salle de laboratoire, vêtu d’une blouse blanche ouverte sur un t-shirt immaculé, le tensiomètre autour du cou. Un hommage saisissant à celui que ses pairs considèrent désormais comme un « étudiant martyr ».
« L’art au service de la « révolution féminine »
Une autre artiste a également marqué les esprits : Ndeye Mariétou Ndiaye, plus connue sous le nom de « Black Miss ».
Elle a présenté deux œuvres majeures : Reine Intemporelle et Vie et Révolution. Pour la jeune exposante, ces toiles sont un plaidoyer pour la valorisation de la femme africaine. « J'ai peint deux figures noires qui appellent à la révolution. Quand il s'agit d'art, je m'engage pleinement », confie-t-elle.
En faisant de ses créations un instrument d'africanité au service de la cause féminine, l'artiste autodidacte s'érige en observatrice engagée de la société.
Lamine Cissé, secrétaire général du mouvement, est revenu sur la genèse de cette structure. « Nous nous sommes rendu compte qu'il y avait énormément de talents artistiques à l'UCAD. Malheureusement, par peur d'entrer en conflit avec leurs études, beaucoup d'étudiants n'osaient pas mettre en avant leurs créations. Notre objectif est de leur permettre d'extérioriser leur talent », explique-t-il.
Extérioriser les talents cachés
Pour le responsable, cette journée anniversaire est autant un point de départ qu’un rendez-vous de bilan. C’est aussi une manière de justifier la confiance des autorités universitaires qui leur ont délivré le récépissé officiel. À travers cette exposition, le Mouvement des Étudiants Plasticiens prouve que l'université n'est pas seulement un lieu de savoir académique, mais aussi un foyer ardent de culture et de résilience.
Thierno Ndiaye