10/02/2026
"Mes chers compatriotes, chers camarades,
Je prends la parole aujourd'hui le cœur lourd et l'âme meurtrie. L'irréparable s'est produit. Ce qui ne devait être qu'une réclamation légitime pour des conditions de vie dignes s'est transformé en drame national. Un des nôtres est tombé. Un étudiant, un fils du Sénégal, qui n'avait pour seule arme que son désir d'apprendre, a perdu la vie. À sa famille, à ses proches, j'adresse mes condoléances les plus émues. Aux nombreux blessés qui luttent encore dans les hôpitaux, j'exprime toute ma solidarité."
Le constat : Le sang de trop
"Le sang a coulé sur le sol du savoir. Ce n'est plus une question de bourses ou de tickets de restaurant. C'est une question de vie ou de mort. Comment en sommes-nous arrivés là ? Comment la gestion d'une crise sociale a-t-elle pu glisser vers une telle tragédie ? Le Sénégal ne peut pas regarder sa jeunesse comme une menace à mater, mais comme un trésor à protéger."
"En tant que citoyen engagé, je refuse que ce décès devienne une simple statistique.
Nous exigeons une enquête indépendante et transparente pour que toute la lumière soit faite sur ces événements.
La responsabilité politique doit être engagée. On ne peut pas diriger un pays en ignorant les cris de détresse de ceux qui sont censés construire son futur."
"Face à ce drame, j'appelle au calme, mais à un calme qui exige des comptes :
L'arrêt immédiat de la répression : Le dialogue doit remplacer la force.
La prise en charge totale des blessés : L'État doit assumer ses responsabilités sanitaires sans délai.
Le gouvernement, les autorités universitaires et les amicales doivent s'asseoir immédiatement. Pas pour discuter de réformes lointaines, mais pour régler la crise humaine et sociale ici et maintenant."
"On ne doit plus mourir au Sénégal pour avoir réclamé une bourse. On ne doit plus sacrifier l'avenir sur l'autel de l'incompréhension administrative. Honorons la mémoire de notre camarade disparu en exigeant, ensemble, une université où la seule lutte qui vaille est celle de l'excellence et du développement.
Paix à son âme. Que justice soit faite."
ABDOU SALAM MBAYE