04/06/2026
đđąđ đ đšđĄđđ€đšđÌ
Je tiens, au moment oĂč la confiance du Chef de lâĂtat mâest renouvelĂ©e pour la troisiĂšme fois, Ă exprimer ma profonde gratitude Ă Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar Faye, PrĂ©sident de la RĂ©publique du SĂ©nĂ©gal, pour lâhonneur quâil me fait en me reconduisant dans mes fonctions ministĂ©rielles au sein du nouveau Gouvernement.
Avant lâarrivĂ©e de notre famille politique aux responsabilitĂ©s nationales, je nâavais pas eu lâoccasion de collaborer avec le PrĂ©sident Bassirou Diomaye Faye. Mais depuis que jâai le privilĂšge de servir sous son autoritĂ© et sous celle de lâancien Premier ministre Ousmane Sonko, jâai particuliĂšrement apprĂ©ciĂ© son soutien constant Ă la rĂ©alisation des chantiers du MinistĂšre de lâUrbanisme, des CollectivitĂ©s territoriales et de lâAmĂ©nagement des Territoires. Il se trouve que ces chantiers demeurent ma seule et unique prĂ©occupation.
Je tiens Ă le dire devant nos concitoyens : je jure au nom dâAllah que jamais le PrĂ©sident de la RĂ©publique ne mâa parlĂ© de projet politique.
Je souhaite Ă©galement rĂ©itĂ©rer mes propos fraternels Ă lâendroit du PrĂ©sident de lâAssemblĂ©e nationale, Monsieur Ousmane Sonko. Au-delĂ des circonstances politiques du moment, il demeure pour moi un grand frĂšre, un compagnon de lutte et une personnalitĂ© pour laquelle je conserve de lâestime, du respect et de la considĂ©ration.
Nous avons partagĂ© des combats, des convictions et une mĂȘme volontĂ© de contribuer Ă la transformation de notre pays. Rien de ce qui se passe aujourdâhui ne saurait effacer cette histoire commune ni les liens forgĂ©s dans la sincĂ©ritĂ©, lâintelligence et le respect mutuel.
Dans une Ćuvre intellectuelle sur la dĂ©centralisation, oĂč chacun a Ă©crit sa part, nous avons scellĂ© un lien du savoir. Le savoir, le xam-xam, lĂ oĂč reposera toujours ma loyautĂ©.
Dans sa déclaration du 02 juin 2026, le Président du parti PASTEF, Ousmane Sonko, a indiqué que certains ministres reconduits dans le Gouvernement avaient choisi de ne pas se conformer aux orientations du parti.
Je veux rĂ©pondre Ă cette affirmation avec franchise et responsabilitĂ© : oui, jâai agi en toute libertĂ© et Ă titre personnel.
Jâai pris librement cette dĂ©cision, en mon Ăąme et conscience, sans aucune arriĂšre-pensĂ©e. Je ne lâai pas prise par dĂ©fiance, ni pour conserver une fonction, encore moins pour succomber Ă une quelconque tentation du pouvoir, car il nây a pas de pouvoir Ă ĂȘtre un serviteur de la RĂ©publique.
Au contraire, je savais que jâallais perdre une famille politique, des compagnons de combat et faire face aux critiques, aux calomnies et aux insultes, contre lesquelles je me suis dĂ©sormais forgĂ© une solide rĂ©sistance Ă force dâendurance.
Je lâai prise parce quâĂ un moment donnĂ©, chaque responsable public est confrontĂ© Ă un choix qui engage sa conscience, ses valeurs et ses principes.
Entre une logique partisane et ce que je considĂ©rais ĂȘtre mon devoir envers la Nation, Ă savoir honorer notre part des promesses faites au peuple sĂ©nĂ©galais lors de la campagne de 2024, jâai choisi de poursuivre la mission qui mâavait Ă©tĂ© confiĂ©e au service du SĂ©nĂ©gal.
Je demeure convaincu que nos destins individuels, nos diffĂ©rends et nos contradictions personnelles pĂšsent peu face aux exigences de lâintĂ©rĂȘt supĂ©rieur de la Nation.
Le SĂ©nĂ©gal est plus grand que chacun dâentre nous.
Jâai agi par loyautĂ© : la loyautĂ© envers ma conscience, mon sens du devoir, ma libertĂ© et ma dignitĂ©.
Câest cette conviction qui a guidĂ© ma dĂ©cision. Je nâai pas choisi la facilitĂ© ; jâai choisi le devoir, parfois ingrat. Je nâai pas choisi le confort de la popularitĂ© ; jâai choisi la continuitĂ© du service public dans la sobriĂ©tĂ© et la responsabilitĂ©.
Depuis plus de deux ans Ă la tĂȘte du ministĂšre de lâUrbanisme, des CollectivitĂ©s territoriales et de lâAmĂ©nagement des Territoires, avec lâensemble de mes collaborateurs, nous avons engagĂ© des rĂ©formes profondes dont les rĂ©sultats sont aujourdâhui visibles Ă travers tout le pays :
âą Le lancement des programmes de logement sur les sites pilotes de Mbour 4 et de la Nouvelle Ville de ThiĂšs, ainsi que la maturation du Programme national de renouveau urbain et dâhabitat souverain, fondĂ© sur une mobilisation fonciĂšre dans les 46 dĂ©partements du SĂ©nĂ©gal
âą Lâapplication des conclusions des Concertations nationales portant sur les pĂŽles-territoires et la rĂ©forme territoriale relative Ă lâActe IV de la dĂ©centralisation ;
âą La consolidation des acquis du Nouveau Mbeubeuss, premier acte dâune reconquĂȘte environnementale ambitieuse avec lâimplication future des collectivitĂ©s territoriales
âą La modernisation de lâĂ©tat civil, marquant une avancĂ©e majeure pour la citoyennetĂ© et lâaccĂšs aux droits, avec plusieurs financements structurants en cours de nĂ©gociation
âą La montĂ©e en puissance de « Mburu Daara Yi » comme levier dâinclusion, dâautonomie et de transformation pour un dĂ©veloppement local inclusif dans onze nouveaux daaras dĂšs 2026
âą LâĂ©laboration de la Cartographie rĂ©glementaire des usages, des projections et des risques (CRUPR-PT) pour un dĂ©veloppement urbain mieux planifiĂ© et mieux maĂźtrisĂ©
⹠La finalisation et la livraison de 167 logements permettant le relogement définitif de plus de 4 500 personnes sur les 436 logements prévus dans le cadre du programme SEERP au niveau de la Langue de Barbarie
âą Le parachĂšvement du processus de mise en Ćuvre de la fonction publique locale et la rĂ©gularisation de la situation administrative des agents des collectivitĂ©s territoriales
âą Lâacquisition et le lancement dâune plateforme nationale dâaccĂšs au logement intĂ©grant des mĂ©canismes innovants de financement de lâhabitat
âą La montĂ©e en puissance du Programme national dâamĂ©nagement et de modernisation des villes religieuses du SĂ©nĂ©gal
âą La conception et le lancement prochain du GĂ©oportail national de lâurbanisme et du droit des sols, outil majeur de transparence, de planification et de sĂ©curisation fonciĂšre
⹠La réorganisation et la relance du secteur de la construction ainsi que les mesures de régulation du coût du loyer au Sénégal.
Ce travail collectif est loin dâĂȘtre achevĂ©. Beaucoup reste Ă faire et je ne saurais trouver le sommeil avec le sentiment dâun devoir inachevĂ©.
Les bases ont Ă©tĂ© posĂ©es. Les rĂ©formes sont engagĂ©es. Les outils sont en place. Les projets sont prĂȘts Ă ĂȘtre lancĂ©s.
Câest prĂ©cisĂ©ment parce que ces chantiers sont en cours que ma conscience ne me permettait pas dâabandonner cette mission au milieu du guĂ© pour une situation dont jâignore quasiment tout, totalement tout, entiĂšrement et absolument tout.
Cette dĂ©cision entraĂźne naturellement des consĂ©quences politiques que jâassume avec sĂ©rĂ©nitĂ©. La cohĂ©rence exige parfois des choix difficiles et, comme le disait le PrĂ©sident Abdou Diouf, « difficile est le chemin ».
La libertĂ© de conscience nâa de sens que lorsquâon accepte dâen assumer les consĂ©quences.
Câest pourquoi, afin que nul ne puisse douter de la cohĂ©rence de ma dĂ©marche, jâai dĂ©cidĂ© de dĂ©missionner, Ă compter de ce jour, de PASTEFâLes Patriotes.
Je prends cette dĂ©cision sans rancĆur, sans amertume, sans esprit de rupture et, au contraire, dans un esprit de collaboration sincĂšre pour lâintĂ©rĂȘt supĂ©rieur de la Nation. Car un patriote peut bien dĂ©missionner dâun parti, mais jamais de la Patrie.
Je garde de mon engagement au sein de ce parti le souvenir de combats menĂ©s avec conviction, dâĂ©preuves traversĂ©es ensemble et dâespĂ©rances partagĂ©es pour notre pays.
Je remercie le PrĂ©sident du parti. Je nâai Ă son endroit que de la gratitude, tout comme envers lâensemble des militants pour le chemin parcouru ensemble.
Ă tout militant de PASTEF que jâai pu offenser, je demande pardon et jâaccorde le mien Ă tous ceux qui ont pu me blesser.
Les trajectoires peuvent diverger, mais les chantiers de la construction nationale rĂ©uniront toujours les patriotes de cĆur, et le respect doit toujours demeurer.
Enfin, je souhaite mâadresser directement au peuple sĂ©nĂ©galais.
Je suis un pur produit de lâĂ©cole publique sĂ©nĂ©galaise et de la diaspora.
Le SĂ©nĂ©gal mâa tout donnĂ©.
Il mâa formĂ©, Ă©duquĂ© et offert les opportunitĂ©s qui ont façonnĂ© mon parcours.
Tout ce que je suis aujourdâhui, je le dois en grande partie Ă cette RĂ©publique.
Jâestime donc avoir envers elle une dette morale que je mâefforcerai dâhonorer toute ma vie par le travail, le dĂ©vouement et le service.
Aussi longtemps que mes compétences seront utiles à mon pays et que les plus hautes autorités de la République jugeront opportun de faire appel à mes services, je répondrai présent, avec loyauté, humilité et sens du devoir, sans aucun calcul politique.
Que je sois ministre ou simple citoyen, dans les responsabilitĂ©s ou en dehors dâelles, je demeurerai au service du SĂ©nĂ©gal avec la mĂȘme conviction et le mĂȘme engagement.
Non pas par ambition personnelle, mais parce que servir son pays avec courage et dignité est, à mes yeux, la plus noble des loyautés.
En mon Créateur, je place ma foi.
Au ProphĂšte (PSL), tout mon amour.
Ă nos guides religieux, ma confiance entiĂšre.
Et ma loyauté, à ma seule conscience.
Di nawlo bépp mindef.
Moussa Bala Fofana
Ministre de lâUrbanisme, des CollectivitĂ©s territoriales et de lâAmĂ©nagement des Territoires