11/08/2026
Doit-on rester silencieux face à l'insalubrité à kaolack ?
Non, on ne peut pas rester silencieux.
Kaolack étouffe sous ses propres déchets. Marchés envahis par les ordures, caniveaux bouchés, eaux stagnantes aux abords des quartiers, odeurs qui s'installent durablement dans l'air que respirent les habitants. Cette réalité n'est pas une fatalité climatique ou géographique : c'est le résultat d'un système de gestion urbaine à repenser d'urgence.
En tant que géographe et acteur du développement territorial, je ne peux pas regarder cette situation comme un simple décor du quotidien. L'insalubrité n'est jamais anodine. Elle dit quelque chose de l'aménagement du territoire, de la faiblesse des dispositifs de collecte, du manque de coordination entre acteurs, et parfois de l'absence d'une vision claire de ce que doit être une ville vivable.
Les conséquences sont connues : maladies hydriques, paludisme, infections respiratoires, dégradation du cadre de vie, recul de l'attractivité économique et touristique d'une ville qui a pourtant un potentiel réel. Kaolack, carrefour commercial historique du Saloum, mérite mieux que cette image de ville encombrée par ses propres immondices.
La géographie nous enseigne que l'espace urbain est un système. On ne règle pas l'insalubrité par des opérations ponctuelles de nettoyage médiatisées, mais par une planification cohérente : gestion durable des déchets, assainissement des bas-fonds, entretien régulier du réseau de drainage, sensibilisation des populations, et surtout volonté politique constante.
J'interpelle donc les autorités municipales, territoriales et nationales : Kaolack a besoin d'un plan d'assainissement structurant, pensé sur le moyen et long terme, avec des moyens humains et financiers à la hauteur des enjeux. Les acteurs locaux, la société civile et les techniciens du développement sont prêts à accompagner cette dynamique.
Se taire face à l'insalubrité, c'est accepter que la santé publique et la dignité des populations passent après d'autres priorités. Ce n'est pas une option pour qui travaille sur le développement des territoires.
Kaolack mérite un environnement sain. Agissons, avant que la situation ne devienne irréversible.
géographe en Aménagement décentralisation et développement territoriale / ex Enea