29/08/2026
UNE AMBULANCE, C’EST BIEN. UNE BONNE GESTION DE LA SANTÉ, C’EST ENCORE MIEUX.
Après la mobilisation exceptionnelle autour de l’acquisition de l’ambulance, il est temps de poser une question essentielle : que faisons-nous maintenant pour que cet investissement profite durablement à la population de Cayar ?
Une ambulance n’est pas simplement un véhicule que l’on remet officiellement à une structure. C’est un outil de service public, qui nécessite du carburant, de l’entretien, un chauffeur, une organisation des gardes, une assurance, une maintenance et surtout des règles claires de gestion et de contrôle.
Mais au-delà de l’ambulance, il faut avoir le courage de regarder l’ensemble de notre système sanitaire local.
Avant de parler de construire un centre de santé, commençons par faire fonctionner correctement ce que nous avons.
Le poste de santé est le premier niveau de contact avec la population. Avant de multiplier les annonces et les projets, il faut s’assurer que les infrastructures existantes sont fonctionnelles : bâtiments, équipements, médicaments, personnel, hygiène, électricité, eau, accueil et conditions de travail.
La réfection et la mise à niveau du poste de santé doivent donc être une priorité.
Parce qu’un grand bâtiment sans équipements, sans personnel suffisant et sans moyens de fonctionnement ne constitue pas, à lui seul, une amélioration de l’offre de soins.
Le problème de gouvernance doit également être posé.
Le système des Comités de Développement Sanitaire (CDS) a justement été conçu pour renforcer la gouvernance locale et associer collectivités, professionnels de santé et communautés. Le ministère de la Santé reconnaît lui-même que les anciens dispositifs ont connu des difficultés, notamment le non-renouvellement des instances arrivées à terme, l’irrégularité des réunions et les problèmes de gestion et de sécurisation des ressources.
Il faut donc que Cayar dispose d’un CDS fonctionnel, renouvelé, représentatif et surtout redevable devant la population.
Pas pour créer de nouvelles querelles.
Mais pour répondre à des questions simples :
Qui décide ?
Qui gère ?
Avec quels moyens ?
Pour quelles priorités ?
Et surtout, qui rend compte à la population ?
Autre sujet : les fonds de dotation.
Lorsque des ressources destinées aux compétences transférées en matière de santé tardent à être mobilisées ou exécutées, ce sont directement les structures sanitaires qui en subissent les conséquences.
Le ministère de la Santé a lui-même identifié la nécessité de simplifier la mobilisation des fonds de dotation et d’améliorer leur prévisibilité, avec une exécution davantage alignée sur les priorités des structures sanitaires.
Il ne s’agit donc pas simplement de dire que « les fonds sont bloqués ».
Il faut poser les vraies questions : où se situe le blocage ? À quel niveau ? Pour quel montant ? Depuis quand ? Et quelles conséquences sur le fonctionnement du poste de santé ?
La transparence commence par ces réponses.
Cayar doit changer de méthode.
L’ambulance nous a montré une chose extraordinaire : quand la population est mobilisée autour d’un objectif clair, elle est capable de réaliser de grandes choses.
Transformons maintenant cette énergie en véritable politique sanitaire locale.
Priorité 1 : assurer la bonne gestion et la disponibilité de l’ambulance.
Priorité 2 : renouveler et rendre pleinement opérationnel le CDS.
Priorité 3 : réhabiliter et équiper correctement le poste de santé.
Priorité 4 : faire le point sur les fonds de dotation et leur utilisation.
Priorité 5 : renforcer les ressources humaines et les moyens de fonctionnement.
Et ensuite seulement : réfléchir sérieusement à l’évolution vers un centre de santé, avec une étude des besoins, un financement soutenable et un véritable plan de fonctionnement.
Construire est une chose. Faire fonctionner durablement en est une autre.
Cayar vient de prouver qu’elle sait se mobiliser.
Maintenant, mobilisons-nous pour une gouvernance sanitaire à la hauteur de cette solidarité.
❤️ Une ambulance pour sauver des vies.
Une bonne gouvernance pour mieux les protéger.
Cayar mérite les deux.