06/05/2026
Keur Massar Nord : “Quand il y a du bruit, c’est eux… quand il y a des réalisations, c’est moi” — Entretien avec Youssou Adouwa
À Keur Massar Nord, un nom s’impose de plus en plus dans les discussions : celui de Youssou Adouwa. PDG du groupe You Immo, cet entrepreneur au parcours atypique s’est construit loin des circuits politiques classiques. Issu d’un milieu très modeste, il a su réussir dans l’immobilier avant de s’illustrer par une série d’actions sociales concrètes au profit des populations.
Sans mandat électif, il a déjà marqué son territoire par des réalisations visibles : appui aux délégués de quartier, accompagnement des femmes, soutien aux jeunes, interventions sociales ciblées… Autant d’initiatives qui alimentent aujourd’hui les appels de ses proches à le voir briguer la mairie en 2027.
Dans cet entretien accordé à Xalima et Keur Massar News, il expose une vision fondée sur une idée simple : agir avant de promettre.
1. Vous avez connu des débuts difficiles avant de réussir dans l’entrepreneuriat. En quoi ce vécu influence-t-il aujourd’hui votre vision pour Keur Massar Nord ?
« Je préfère rester humble, parce que beaucoup de familles vivent encore ce que j’ai vécu. Je viens d’une famille très pauvre. J’ai connu les difficultés, les fins de mois compliquées, le manque d’opportunités.
Ce parcours m’a appris à comprendre les gens. Aujourd’hui, quand je parle des problèmes de Keur Massar Nord, je ne les découvre pas, je les ai vécus.
C’est pour cela que ma vision n’est pas théorique. Elle est ancrée dans le réel. Je sais que derrière chaque problème d’électricité, il y a une famille qui souffre. Derrière chaque route impraticable, il y a un travailleur qui perd des opportunités.
Je ne suis pas venu dans le social pour faire de la politique. J’ai commencé à agir bien avant qu’on parle de candidature. Parce que je crois que celui qui a réussi doit rester proche des siens.
Je ne promets pas de miracles. Mais je crois qu’avec du sérieux, du travail et des actions concrètes, on peut améliorer la vie des populations, progressivement et dignement. »
2. On vous décrit comme un homme très social, proche des populations. Comment comptez-vous transformer cette proximité en politiques publiques concrètes si vous êtes élu maire en 2027 ?
« Cette proximité, pour moi, ce n’est pas une stratégie, c’est une manière d’être. Elle s’est construite naturellement, dans les quartiers, au contact des populations, dans les moments difficiles comme dans les moments de solidarité.
Je ne vais pas dire que je suis différent par des mots, mais les populations peuvent constater par elles-mêmes. Avant même d’envisager une quelconque responsabilité politique, j’ai posé des actes concrets, souvent dans l’urgence, là où il y avait un besoin réel.
Quand le cimetière de Keur Massar Villages était laissé à l’abandon, j’ai participé à sa rénovation parce que c’est une question de dignité pour les familles. Quand les délégués de quartier avaient besoin d’être mieux outillés, j’ai organisé leur formation pour renforcer leur rôle dans la gestion de la cité. Quand certains n’avaient pas accès aux soins, j’ai contribué à la mise en place de mutuelles.
Je pense aussi aux Badianou Gokh, qui avaient attendu plus d’un an pour une simple prise en charge de leur mutuelle. Ce n’était pas une question de moyens, mais de volonté. J’ai pris mes responsabilités et j’ai réglé le problème.
Mon engagement auprès des femmes, des jeunes, des étudiants, des ASC, des personnes vulnérables, y compris l’Association des handicapés, n’est pas récent. C’est un travail constant. Et devant eux, j’ai pris un engagement clair : si je suis élu maire, mon salaire sera reversé à leur mouvement. Parce que pour moi, servir doit être un sacrifice, pas une opportunité.
Donc demain, si je suis élu, je ne vais pas découvrir les besoins des populations. Je vais simplement transformer cette proximité en une gouvernance organisée, participative et surtout efficace. Une mairie qui ne tarde pas, une mairie qui agit, une mairie qui répond. »
3. Keur Massar Nord fait face à plusieurs défis, notamment en matière d’emploi des jeunes et d’infrastructures. Quelles sont vos priorités immédiates pour cette commune ?
« Les difficultés de Keur Massar Nord ne sont plus à décrire, elles sont visibles et vécues au quotidien. Il y a des quartiers où circuler devient un problème, où l’assainissement est insuffisant, où l’éclairage public fait défaut, et où les populations doivent se débrouiller pour accéder à des services essentiels.
Pour moi, la priorité est de revenir aux fondamentaux. On ne peut pas parler de développement si les bases ne sont pas assurées. C’est pourquoi le secteur du BTP sera central dans notre action. Construire et réhabiliter les routes, améliorer l’assainissement, développer les infrastructures de base, ce sont des urgences.
Mais au-delà de l’amélioration du cadre de vie, il y a un enjeu important : l’emploi. Le BTP peut être un moteur pour créer des opportunités pour les jeunes de Keur Massar. Il faut que les chantiers profitent d’abord aux populations locales.
Ensuite, il est nécessaire de structurer l’économie. Les marchés doivent être modernisés, équipés, organisés. Cela permettra aux commerçants de travailler dans de meilleures conditions et de développer leurs activités.
La question de la sécurité est également importante, et elle passe notamment par un meilleur éclairage des quartiers.
Enfin, je crois beaucoup à la valorisation des compétences locales. Nous avons des jeunes formés, capables, mais qui ne trouvent pas leur place. Il faut les intégrer dans les projets, les responsabiliser et leur donner des perspectives.
Ma démarche est simple : partir des réalités, répondre aux urgences et construire progressivement un développement durable pour la commune. »
4. Passer du monde entrepreneurial à la gestion municipale n’est pas toujours évident. Quelles garanties pouvez-vous donner aux habitants sur votre capacité à gérer les affaires publiques avec transparence et efficacité ?
« Je comprends les attentes des populations, parce qu’elles ont souvent été déçues. Aujourd’hui, les gens ne veulent plus seulement entendre des discours, ils veulent des garanties.
Moi, ma première garantie, c’est mon parcours. Dans l’entrepreneuriat, surtout dans l’immobilier, on apprend à gérer, à planifier, à coordonner des équipes, à respecter des engagements. On ne peut pas réussir sans rigueur ni transparence.
Mais au-delà de l’expérience, il y a un élément important : je n’ai pas attendu d’avoir un poste pour agir. J’ai investi dans cette commune sans moyens publics. J’ai aidé des populations sans obligation. Cela montre que mon engagement est sincère.
Je n’ai pas besoin de la mairie pour m’enrichir. J’ai déjà construit ma vie. Donc je serai libre dans mes décisions, libre de travailler uniquement dans l’intérêt des populations.
La gestion que je propose est simple : transparence dans l’utilisation des ressources, efficacité dans l’exécution des projets et obligation de résultats.
Et comme je le dis souvent : “Quand il y a du bruit, ce sont eux. Quand il y a des réalisations, c’est moi.” Je ne suis pas dans la parole, je suis dans l’action. Et les populations jugeront sur ce qui sera fait, pas sur ce qui est promis. »
Avec un discours ancré dans le réel et une légitimité construite sur le terrain, Youssou Adouwa incarne une rupture : celle d’un leadership qui ne naît pas des urnes, mais des actions.
À Keur Massar Nord, beaucoup ne parlent plus d’un simple candidat potentiel, mais d’un homme déjà en train de gouverner… sans le pouvoir.
Keur Massar News