14/08/2026
La personne la plus riche de Singapour n’est pas singapourienne. Il a investi 19 000 $ dans Facebook en 2004 et en possédait 34 %.
Zuckerberg a dilué sa participation jusqu’à 5 % pendant son absence.
Aujourd’hui, sa fortune atteint 43 milliards de dollars.
Voici l’histoire d’Eduardo Saverin.
Il naît en 1982 à São Paulo, au Brésil, dans une famille déjà très aisée.
Son père est entrepreneur et son grand-père a fondé une importante entreprise de vêtements pour enfants.
Mais dans le Brésil des années 1980 et 1990, être riche peut aussi faire de toi une cible.
Les enlèvements contre rançon inquiètent les grandes fortunes et la famille Saverin finit par quitter le pays pour s’installer à Miami en 1993.
Eduardo poursuit ensuite ses études aux États-Unis jusqu’à intégrer Harvard, où il se spécialise en économie et se passionne pour la finance.
C’est là que sa vie bascule.
En 2003, il rencontre un autre étudiant : Mark Zuckerberg.
Quelques mois plus t**d, Zuckerberg travaille sur un projet permettant aux étudiants de Harvard de se connecter entre eux.
L’idée deviendra Facebook.
Mais pour payer les premiers serveurs et faire fonctionner le site, il faut de l’argent.
Saverin apporte une partie du capital.
En 2004, il investit 19 000 dollars de ses propres économies et obtient en échange 34 % de Facebook.
À seulement 22 ans, il possède donc plus d’un tiers d’une entreprise qui ne vaut encore presque rien.
Il devient directeur financier, ouvre le premier compte bancaire de la société et s’occupe d’une partie de ses débuts commerciaux.
Mais très vite, la relation entre les deux amis se détériore.
Zuckerberg part développer Facebook en Californie, tandis que Saverin passe notamment du temps à New York et à Singapour pour travailler sur le développement commercial.
Et pendant cette période, la structure de l’entreprise change.
De nouvelles actions sont créées et la part de Saverin est fortement diluée.
L’homme qui possédait 34 % de Facebook se retrouve avec environ 5 %.
Pour lui, ce n’est pas une simple opération financière.
Il estime avoir été volontairement écarté.
Saverin attaque alors Zuckerberg et Facebook en justice.
Le conflit se termine finalement par un accord confidentiel dont les détails financiers ne seront jamais entièrement révélés.
Une chose est toutefois actée : Saverin conserve une participation dans Facebook et reste officiellement reconnu comme l’un de ses cofondateurs.
L’affaire deviendra si célèbre qu’elle inspirera l’un des conflits centraux du film The Social Network en 2010.
Mais l’histoire prend ensuite un virage encore plus inattendu.
Saverin s’installe à Singapour, à plus de 15 000 kilomètres de la Silicon Valley.
Puis, en septembre 2011, il prend une décision qui déclenche une énorme polémique aux États-Unis : il renonce à sa citoyenneté américaine.
L’information devient publique quelques mois plus t**d, juste avant l’introduction en Bourse de Facebook en mai 2012.
Le timing provoque immédiatement des accusations : Singapour ne prélève pas d’impôt général sur les plus-values, et certains soupçonnent Saverin d’avoir voulu réduire sa facture fiscale.
Lui affirme que sa décision vient surtout du fait qu’il compte désormais vivre durablement à Singapour.
La polémique devient malgré tout politique.
Deux sénateurs américains proposent même l’Ex-PATRIOT Act, un texte destiné à sanctionner certains riches Américains abandonnant leur citoyenneté pour des raisons fiscales.
Le projet n’est finalement jamais adopté.
Saverin, lui, poursuit sa nouvelle vie à Singapour et commence à investir dans des startups.
En 2015, il cofonde B Capital, qui deviendra une société d’investissement gérant plusieurs milliards de dollars.
Mais son investissement le plus extraordinaire reste celui réalisé lorsqu’il avait une vingtaine d’années.
Car Facebook est devenu Meta, l’une des entreprises les plus valorisées de la planète.
Et même après avoir perdu l'immense majorité de ses 34 % initiaux, la petite fraction qu’il a conservée a suffi à transformer sa fortune.
En septembre 2025, Forbes l’a placé en tête des plus grandes fortunes de Singapour avec environ 43 milliards de dollars.
Soit près de trois fois la fortune de la famille classée deuxième cette année-là.
L’histoire est presque paradoxale.
Saverin a perdu l’essentiel de sa participation dans Facebook au moment où l’entreprise ne faisait que commencer.
Mais ce qu’il a réussi à conserver est devenu tellement précieux que cela l’a finalement propulsé au sommet des plus grandes fortunes d’Asie.
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