12/08/2026
Amir Moungache: " entre génie électrique, gouvernance universitaire et assurance qualité"
Dans un enseignement supérieur africain confronté aux enjeux de qualité des formations, de gouvernance et d’adaptation aux évolutions technologiques, le parcours d’Amir Moungache s’est construit à l’intersection de plusieurs domaines : l’enseignement et la recherche en génie électrique, la gestion universitaire, l’assurance qualité et la normalisation technique.
Maître de Conférences du CAMES en génie électrique et enseignant-chercheur à l’Université de N’Djaména, il exerce parallèlement des responsabilités académiques et intervient dans différents dispositifs nationaux et régionaux d’évaluation, de qualité et de normalisation.
Amir Moungache commence sa scolarité à N’Djaména, à l’école Hilélé Leclerc, au début des années 1980. Il poursuit ses études à Massaguet, du CM1 jusqu’à la classe de 5ᵉ, avant de revenir dans la capitale, où il fréquente le CEG 2 puis le Lycée Technique Industriel. Il y obtient en 1997 un baccalauréat série E.
L’année suivante, il intègre la Faculté des Sciences Exactes et Appliquées de l’Université de N’Djaména, en tronc commun Mathématiques-Physique-Chimie. Sa formation s’oriente ensuite vers l’électromécanique et le génie électrique. Après un diplôme d’ingénieur en électromécanique obtenu à l’Université de N’Djaména, il poursuit ses études à l’École Nationale Supérieure Polytechnique de Yaoundé, au Cameroun, où il obtient un diplôme d’ingénieur de conception en génie électrique, puis un Diplôme d’Études Approfondies en génie électrique et télécommunications.
Son parcours universitaire se poursuit en France, à l’Université Jean Monnet de Saint-Étienne, où il obtient en 2011 un doctorat à l’issue de travaux consacrés à l’ellipsométrie hyperfréquence appliquée à la caractérisation de matériaux.
Enseignant-chercheur depuis plus de vingt ans, Amir Moungache intervient dans plusieurs domaines du génie électrique, notamment l’électrotechnique, l’électronique, le traitement du signal, les systèmes embarqués et numériques ainsi que les énergies renouvelables.
Ses recherches portent sur la caractérisation des matériaux par ellipsométrie hyperfréquence et spectroscopique, les technologies photovoltaïques, les systèmes électriques et embarqués et, plus récemment, l’utilisation de méthodes d’optimisation et d’intelligence artificielle dans certaines applications énergétiques et technologiques. Cette activité s’accompagne de publications scientifiques, de collaborations universitaires et de l’encadrement de doctorants et de jeunes chercheurs.
Au fil de sa carrière, des responsabilités administratives sont venues s’ajouter à ses fonctions d’enseignant-chercheur. Depuis 2017, il est Directeur de la Scolarité et des Examens de l’Université de N’Djaména, où il intervient notamment dans la gestion des parcours étudiants, des évaluations et de l’accès aux diplômes.
Désigné Point Focal du Conseil Africain et Malgache pour l’Enseignement Supérieur (CAMES) au Tchad, il assure une fonction d’interface entre cette institution et les structures tchadiennes d’enseignement supérieur et de recherche. Il exerce par ailleurs les fonctions de Secrétaire scientifique de la Commission scientifique chargée de la présélection des dossiers d’évaluation des enseignants-chercheurs et chercheurs tchadiens auprès du CAMES et du Conseil Supérieur des Universités d’Égypte (CSUE).
Ces responsabilités ont renforcé son implication dans les problématiques d’évaluation et d’assurance qualité de l’enseignement supérieur.
Formé aux démarches d’assurance qualité interne et externe, Amir Moungache intervient dans l’évaluation des programmes de formation et l’accompagnement des établissements. Comme expert évaluateur externe du Programme de Reconnaissance et d’Équivalence des Diplômes du CAMES (PRED-CAMES), il a participé à plusieurs évaluations de formations universitaires, à distance comme sur site.
Au Tchad, son implication a notamment porté sur les démarches d’autoévaluation des programmes de formation, l’élaboration et la validation d’outils méthodologiques ainsi que la mise en place et le renforcement des Cellules Internes d’Assurance Qualité.
Son expérience s’étend également au-delà du cadre national. Au Burkina Faso, il est intervenu dans une étude conduite pour l’Institut International d’Ingénierie de l’Eau et de l’Environnement (2iE), portant notamment sur l’analyse des besoins en compétences et leur articulation avec l’offre de formation.
Parmi d’autres activités dans ce domaine, il participe en juin 2026, en qualité d’expert national, à une mission officielle de benchmarking auprès de l’Agence nationale d’Assurance Qualité de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation du Sénégal (ANAQ-Sup). L’expérience sénégalaise constitue alors l’un des éléments examinés dans la réflexion sur le développement du dispositif national d’assurance qualité au Tchad.
Un autre volet de son parcours, directement lié à sa formation d’ingénieur, concerne la normalisation technique. Depuis 2023, Amir Moungache est conseiller au Comité Électrotechnique National de l’Agence Tchadienne de Normalisation (ATNOR). Il participe ainsi aux travaux liés à la normalisation électrotechnique et à leur articulation avec ceux de la Commission Électrotechnique Internationale (CEI/IEC).
À l’échelle continentale, il est également engagé dans les activités de l’African Organisation for Standardisation (ARSO), notamment dans les domaines de l’harmonisation des normes et de l’évaluation de la conformité. Il a suivi dans ce cadre des formations consacrées à l’élaboration des normes et à l’évaluation de la conformité, notamment à travers l’ARSO Conformity Assessment Program (ACAP).
Cette implication dans la normalisation prolonge son expertise scientifique en reliant les problématiques de génie électrique à celles de qualité, de sécurité et de conformité des produits et équipements.
Son parcours comporte enfin une dimension liée à la gouvernance et à la planification stratégique des technologies de l’information et de la communication. Dans le cadre du Programme d’Appui à la Gouvernance des Infrastructures Régionales et Nationales en Afrique Centrale, il a exercé comme Point Focal universitaire sur le volet consacré à la prospective et à la planification stratégique des TIC. Une expérience qui rejoint son intérêt pour la transformation numérique des institutions universitaires.
Le génie électrique demeure ainsi le socle du parcours d’Amir Moungache. Autour de cette spécialité se sont progressivement développées des activités de recherche, de gestion académique, d’évaluation, d’assurance qualité, de normalisation et de planification.
L’ensemble dessine moins une accumulation de fonctions qu’un parcours construit par élargissements successifs, de l’ingénierie vers la recherche, puis vers les problématiques institutionnelles et de qualité.
Calme, discret et courtois, Amir Moungache privilégie dans l’exercice de ses responsabilités une présence davantage fondée sur le travail technique et institutionnel que sur l’exposition publique. Une trajectoire qui s’inscrit dans les transformations académiques, numériques et organisationnelles que connaît aujourd’hui l’enseignement supérieur tchadien.