20/02/2026
Tribune: Soyons honnêtes, et disons les choses comme elles sont.
Au Tchad, dans de nombreuses villes du sud, l’économie locale, les boutiques, les dépôts de sucre, de farine, d’huile, les circuits d’approvisionnement est LARGEMENT structurée par des commerçants venus d’autres régions du pays, notamment du NORD .
Je ne fais pas un jugement mais juste un constat.
Faites un tour dans les marchés. Regardez qui possède les grandes boutiques. Regardez qui contrôle les circuits de distribution. Regardez qui prend le risque d’investir, d’acheter en gros, de transporter sur des milliers de kilomètres.
Pendant ce temps, beaucoup de natifs des zones concernées ont misé principalement sur la fonction publique pensant que la sécurité se trouvait là . Ils se croient trop intelligents pour avoir des boutique ou être appelé commerçants/boutiquier 😆
Mais l’économie, elle, ne récompense pas les intentions.
Elle récompense ceux qui occupent le terrain.
Les commerçants venus d’ailleurs ont vu ce que beaucoup n’ont pas vu :un potentiel économique immense, une demande forte, un espace encore peu structuré.
Alors ils se sont installés. Sur toute l’étendue du pays en créant des espaces de commerce.
Ils ont pris des risques.
Ils ont construit des réseaux.
Ils ont créé des circuits.
Et il y a un détail que peu osent dire : Même pendant leurs périodes de jeûne, même sous le soleil écrasant, beaucoup continuent d’ouvrir leurs boutiques, de vendre, de gérer leurs stocks sans rien attendre du gouvernement.
La preuve est visible : pendant le Ramadan, toute l’économie surtout de la tranchée du Sud du pays est en ralentit. Les produits deviennent rares. Les prix augmentent. Le marché se fragilise.
Parce que c’est eux qui dirigent les marchés , et les commerces urbains…
Cela doit nous pousser à une réflexion profonde et nous amener à comprendre qu’en économie, personne ne vous donne une place.
Vous la prenez. Personne ne protège un marché pour vous. Vous l’organisez.
Celui qui a la vision arrive en premier.
Celui qui arrive en premier construit.
Et celui qui construit devient indispensable.
Le véritable enjeu aujourd’hui est de comprendre que le développement économique commence par la capacité des populations locales à investir dans leur propre économie, à créer, à structurer, à oser.
Parce que dans ce monde, ceux qui voient les opportunités construisent l’avenir.
Et ceux qui les ignorent finissent par en dépendre. Par