13/05/2026
Diguel : un enseignant accuse un vendeur de terrains de menace à l’arme à feu
Une nouvelle tension liée à un conflit foncier secoue le quartier Diguel, à N’Djamena. Un enseignant de 60 ans, Saleh Djidda Hassan, affirme avoir été menacé avec une arme à feu par un présumé vendeur de terrains lors d’un différend autour d’un chantier de construction.
Selon les déclarations recueillies par les services de police judiciaire, le litige oppose depuis 2009 un groupe de 163 propriétaires terriens à l’association ADES. Les premiers revendiquent un terrain de 13 hectares couvert par plusieurs arrêtés ruraux, tandis que l’association disposerait de trois hectares dans la même zone. Le dossier serait actuellement en attente d’exécution devant le procureur.
Le plaignant explique qu’un accord verbal avait été conclu au Commissariat de sécurité publique n°14 afin qu’aucune des parties ne procède à des ventes ou à des constructions jusqu’à la décision définitive de justice. Toutefois, il accuse certains membres de l’association de ne pas avoir respecté cet engagement.
Les faits les plus récents se seraient produits lorsque Noh Youssouf aurait entrepris des travaux de construction sur le terrain contesté. Informés de l’arrivée de sable, de briques et de manœuvres sur le site, Saleh Djidda Hassan et plusieurs personnes se seraient rendus sur place pour demander l’arrêt temporaire des travaux.
Toujours selon le témoignage du plaignant, les ouvriers auraient interrompu les travaux en attendant l’arrivée de leur employeur. Peu après, deux véhicules transportant des briques seraient arrivés sur les lieux, provoquant une montée de tension.
Saleh Djidda Hassan affirme alors que Noh Youssouf serait arrivé sur le site avant de sortir une arme de poing à la suite d’un échange verbal. Le suspect aurait menacé les personnes présentes et braqué son arme en direction d’un chauffeur à qui il aurait interdit de déplacer son véhicule.
Face à la situation, les gendarmes du poste de Chadartalata auraient été alertés et seraient intervenus pour maîtriser la situation. Le mis en cause ainsi que son arme auraient ensuite été conduits au poste pour audition.
Le plaignant soutient également que le suspect aurait déjà été impliqué dans des incidents similaires par le passé, notamment en 2018 et en 2024. Il rejette par ailleurs les accusations selon lesquelles son groupe aurait été muni d’armes blanches, affirmant qu’aucun couteau n’aurait été retrouvé lors des fouilles effectuées par les gendarmes.
Après son audition puis sa libération, le suspect aurait repris les travaux de construction sur le terrain litigieux, selon les déclarations du plaignant.
L’enquête se poursuit afin d’établir les responsabilités dans cette affaire mêlant litige foncier et menace présumée à l’arme à feu.